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Le courage de réformer

17 mai 2006, 00:00

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Après avoir annoncé la fin des tripartites, le ministre des Finances veut maintenant éliminer les rigidités du marché du travail. C?est un passage incontournable pour la relance de l?économie, en particulier en termes d?emploi et d?investissement. Si les débats n?étaient pas si outrancièrement politisés chez nous, toute la classe politique aurait soutenu cette décision. Tous ont rêvé de pouvoir réaliser cette réforme mais ont manqué de courage.

Rama Sithanen a donc annoncé l?enclenchement d?une réforme en profondeur visant à assouplir les dispositions de la législation de l?emploi. S?il parvient à lever les verrous qui pèsent sur l?emploi et qui freinent les embauches, le gouvernement aura réussi une mesure importante de redressement économique. Cette réforme ne peut que recueillir l?adhésion de tous les Mauriciens à l?exception des habituels défenseurs du statu quo.

Les règlements actuels régissant les licenciements nuisent à la croissance économique et à la création d?emplois. Face à une législation ayant un préjugé favorable envers les syndicats, les entrepreneurs jouent la prudence et refusent de prendre des risques. S?ils n?ont pas la garantie de pouvoir, à leur gré, embaucher ou licencier selon la situation de leurs entreprises, ils hésiteront à recruter quand les affaires vont bien. Dans bien des pays, l?expérience a démontré que des lois du travail plus flexibles contribuent à conjurer le chômage.

Outre ses conséquences sur l?emploi, la réforme projetée devrait aider à améliorer le climat des affaires dans le pays. Ce nouvel environnement constituera un argument de taille pour le BOI dans sa quête d?investissement étranger. Dans un monde où les capitaux sont mobiles, il n?est pas possible d?attirer les investisseurs si les règlements régissant l?emploi sont contraignants. Ils sont rares ceux qui investiront dans une entreprise même s?ils savent d?avance qu?ils ne pourront pas licencier pour des raisons liées aux fluctuations économiques ou à la baisse de productivité.

L?annonce faite par Rama Sithanen hier a surpris. Quand en mars dernier, le Premier ministre annonçait la couleur dans un entretien avec le journal britannique ?Financial Times?, l?on demeurait sceptique sur son intention réelle d?avancer sur le dossier des lois du travail. Ce journal rapportait que Navin Ramgoolam lui a affirmé qu?il est ?prepared to legislate to give employers more flexibility to hire and fire as Mauritius? business lobby is urging?. On peut maintenant dire qu?il est effectivement passé du discours à l?acte.

En tout cas, une réforme de cette envergure, tout comme la mise en place du ?National Wage Council?, ne peut se faire que durant la première année suivant l?installation d?un gouvernement. Le PTr jouit encore de la confiance de la majorité de l?électorat qui l?a porté au pouvoir et il peut encore faire avaler des pilules. Certes, les syndicalistes vont fulminer ? c?est leur rôle ? mais le rapport des forces ne joue pas en leur faveur en ce moment. Anticipant le changement, Reaz Chuttoo avait annoncé qu?il allait lancer le 1er avril dernier un front syndical contre la flexibilité dans les lois du travail. Visiblement, il n?est pas allé très loin.

Toutefois le gouvernement ne peut espérer que l?humeur électorale restera longtemps inchangée. Surtout s?il exige sacrifice et discipline de la population tout en refusant de s?imposer une rigueur financière. En passant, après la nomination de Dinesh Ramjuttun et de Gilbert Philippe, a-t-on battu le record national des conseillers politiques payés par l?Etat ?

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