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Mystère sur les raisons qui ont poussé Ranjana à tuer son père
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Mystère sur les raisons qui ont poussé Ranjana à tuer son père
Une partie de dominos sous un manguier un dimanche après-midi. Moment de détente que partagent beaucoup de familles. Mais les cris stridents de détresse de Tejwansingh Boyrambali ont interrompu une partie acharnée à la rue Dindoyal, à Coquinbourg, Rivière-du-Rempart. ?Sap moi, sap moi, li pe bat moi.?
Des membres de la famille et des amis ignoraient ce qui se tramait à deux pas d?eux, au domicile de ce père de famille, un chauffeur de 57 ans. Et qui allait conduire à sa mort, hier. Ranjana, sa fille, s?acharnait sur lui à l?aide d?une planche après avoir pris soin de verrouiller scrupuleusement les portes de la maison. Elle essayait de mettre à exécution ce qu?elle aurait entrepris de faire, comme le présageait la phrase qu?elle aurait lancée à sa tante venue leur rendre visite ce dimanche 14 : ?Zordi mo pou touy li.?
Père et fille vivaient en binôme sous le même toit depuis un an. ?Ranjana a 28 ans, elle est mariée à un policier et a deux enfants. Elle a quitté le domicile conjugal et partage la maison de son papa. Peut-être sa fragilité psychologique peut expliquer ce geste, mais nul ne peut vraiment le savoir?, raconte Preety, une cousine présente sur les lieux ce jour-là.
Ébouillanté
Après avoir forcé la porte, une vision d?horreur s?impose aux yeux d?un neveu. Tejwansingh est ensanglanté de la tête aux pieds. ?C?étaient des cris de quelqu?un qui souffrait atrocement. J?ai compris pourquoi après. Il avait la tête fendue. Sa fille l?avait aussi ébouillanté. La police a pris le bâton et le poêlon qui ont servi à ces horribles actes?, explique Rishi, un neveu. Un drap maculé de sang jeté sur un buisson témoigne encore de l?ampleur des blessures.
La Criminal Investigation Division qui s?est rendue sur les lieux aux environs de 17 heures, dimanche, a arrêté Ranjana. Son père a été admis à l?unité des grands brûlés à l?hôpital Victoria, Candos. Tejwansingh Boyrambali n?a pas survécu à ses blessures. Il est décédé à 6 h 45 hier. Ses funérailles ont lieu ce matin avec la levée du corps du domicile de son frère à Belle-Vue- Maurel Village.
Sa mort laisse Darnar Narsimloo, un ami de longue date, complètement abasourdi. Les yeux embués, il exprime son indignation et surtout son incompréhension. ?Nous travaillons tous les deux à la propriété sucrière Mon-Loisir. Lui est chauffeur. Moi je suis son aide-chauffeur. Cela fait 20 ans qu?on travaille ensemble. Je ne peux pas parler de lui au passé. C?est quelqu?un de bien. Il avait pris un mois de congé de maladie parce qu?il avait un problème de foie. Je savais qu?il avait un petit ennui familial mais par pudeur on n?en parlait pas.?
Ecrasé sous le poids de la douleur, Deokinand, 70 ans, grand frère de la victime, habitant non loin de Tejwansingh, a les yeux rivés sur le banc que les deux frères partageaient les après-midi. ?Nous avons tous les deux des problèmes de santé. Alors tous les jours, nous faisons quelques pas ensemble et nous discutons. Je le vois encore tout-petit, à l?époque où je l?emmenais sur le guidon de mon vélo.?
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