Publicité

La peur du chikungunya dégonfle les chiffres du tourisme

16 mai 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les moustiques font fuir les touristes. Les hôtels subissent des revers marquants attribuables au chikungunya. Les premiers chiffres publiés viennent mettre au jour l?ampleur des dégâts : New Mauritius Hotels (NMH) prévoit que l?impact de l?épidémie sur ses chiffres pour l?année en cours sera de Rs 200 millions. D?autres opérateurs prédisent eux aussi des bilans peu flatteurs, tandis que le gouvernement estime le manque à gagner pour l?ensemble de l?industrie à Rs 1,2 milliard.

NMH, dont Beachcomber est l?enseigne commerciale, indique dans ses résultats publiés hier, qu?il a déjà perdu Rs 75 millions durant les mois de mars et d?avril en raison des annulations provoquées par la peur du chikungunya. Le groupe, qui occupe 20 % du marché, est présent dans les différents segments du marché avec huit établissements. Mais il est surtout très exposé à la clientèle française, soit le marché le plus vulnérable à ?l?effet chikungunya?.

Le marché français, notre principal vivier de touristes, s?est littéralement effondré à la suite d?une extrême médiatisation de la maladie en France. Avec les dégâts provoqués par le moustique à l?île de la Réunion, les Français se sont montrés très intéressés par le virus dans notre région.

Les hôteliers mauriciens ont fait les frais de ces appréhensions : les arrivées en provenance de la France en avril ont reculé de plus de 42 % par rapport à la période correspondante en 2005.

Véranda Resorts, un autre groupe mauricien, affiche, lui aussi, la mauvaise humeur. Ses sept établissements à travers le pays ont enregistré une baisse générale de 20 % du taux de remplissage durant les mois de février et de mars comparativement à la même période l?année dernière. ?Nous connaissons une période de morosité. Les effets du chikungunya sur les activités ont été très importants?, affirme Jean Michel Pitot, le directeur général du groupe.

Les petits hôtels qui travaillent beaucoup sur les marchés français et réunionnais ont été les plus touchés. L?hôtel Calodyne-sur-Mer à Grand-Gaube est de ceux-là. La direction a répertorié près de 200 annulations pour les mois de mars et d?avril. ?Le problème du chikungunya vient démontrer la vulnérabilité de notre industrie. Les petits hôtels y sont encore plus exposés. Il faut que tous les acteurs de l?industrie, dont les banques, accordent une attention spéciale aux petits opérateurs en ces moments difficiles?, dit Alain Pinagapany, directeur de l?hôtel.

Des hôteliers ayant une source diversifiée de clients ont mieux résisté aux turbulences. Alain Pinagapany lui-même en sait quelque chose car Villas Caroline, l?autre établissement qu?il dirige, n?a pas beaucoup souffert dans la mesure où il vise les clients allemands principalement.

Les marchés allemands, anglais, italiens et sud-africains tiennent le coup. Certains réalisent même des taux de progression spectaculaires à l?instar de l?Italie qui affiche une croissance de 83 % par rapport à avril 2005.?Le chikungunya a influencé les divers marchés de manière différente. La clientèle française est très sensible à ce phénomène. Cela fait que les hôtels qui travaillent beaucoup avec la France ont souffert davantage. Chez nous, l?impact a été minimal car nous sommes surtout présents en Allemagne?, déclare Gert Puchtler, le general manager de l?hôtel Maritim à Balaclava. ?Les Allemands sont sensibles à cette question, mais nos efforts de communication ont été bénéfiques.?

Mais la priorité du moment est de rétablir l?image de la destination en France. Certains observateurs prédisent une reprise vers le mois de juin. D?autres parlent plutôt d?août en raison de la Coupe du monde, les Européens préférant rester chez eux pour cet événement.

La Mauritius Tourism Promotion Authority vient de lancer une vaste opération de marketing en France afin de relancer la destination Maurice sur ce marché. Le ministre du Tourisme déclarait du reste à l?express la semaine dernière que ces initiatives devraient rapporter leurs fruits vers le mois de juillet.

Par ailleurs, Air France, un des principaux transporteurs entre l?Europe et la région s?attend à une reprise de l?activité touristique à la Réunion vers le mois de juin. ?Les gens vont oublier le chikungunya? prévoit Jean-Guy Lengliné, le directeur général d?Air France dans un commentaire fait à Eco Austral sur la situation du tourisme à l?île s?ur.

Publicité