Publicité

Placer la barre haut

14 mai 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Courageux. C?est le mot qui convient pour qualifier la récente décision de la Fédération mauricienne de natation (FMN) d?établir des minima pour les Championnats nationaux d?hiver qui ont eu lieu le week-end dernier et pour les Jeux des îles de l?océan Indien (JIOI) de 2007 à Madagascar.

Lorsqu?il y a du changement dans un domaine particulier, on trouvera toujours une forme de résistance. Il y aura toujours quelques nostalgiques ou des personnes animées d?intentions égoïstes qui tenteront de s?opposer aux nouvelles formules.

Dans le cas présent, il convient de souligner que la décision d?imposer des minima est une bonne chose. Un point positif pour la natation mauricienne qui patauge pendant trop longtemps déjà dans un niveau exécrable.

Il ne fallait pas attendre la prestation de la Mauriciano-Réunionnaise Christine Ah Kang sous les couleurs du CAMO pour se rendre à l?évidence que le niveau de la natation mauricienne laisse à désirer. On ne peut aujourd?hui s?offusquer que la benjamine de la Sélection Réunion (14 ans) fasse la leçon à nos meilleures brasseuses. C?est faire preuve d?hypocrisie que de prétendre qu?on ne savait pas quelle était la situation réelle.

Ce qui manque à la natation mauricienne, outre les infrastructures, c?est une politique de détection, une structure de formation en masse?

Imposer des minima permet aux nageurs de se battre, de travailler dur pour mériter sa place en sélection. La FMN a déclaré qu?elle n?aura aucun état-d?âme si elle devrait demain n?envoyer que cinq nageurs aux prochains JIOI.

La fermeté est un élément capital dans l?administration d?une fédération. Et là encore, on ne peut que donner raison à la FMN de placer la barre haut. Il ne suffit pas d?avoir le deuxième ou le troisième meilleur temps à Maurice dans une spécialité pour aspirer à une participation internationale et par la suite se contenter de faire de la figuration. Aussi longtemps que l?on cultivera cette pensée que « c?est le niveau auquel nous évoluons et les autres sont plus forts, il n?y a rien à faire », nous nous auto-condamnons à stagner.

Il va sans dire que ce n?est pas du jour au lendemain non plus que nos nageurs se hisseront au niveau continental.

L?exercice de minima pour les JIOI avec des temps qui ne nous garantissent qu?une troisième place sur les podiums a été révélateur. Si les Jeux avaient lieu aujourd?hui, nous aurions sans doute remporté rien que deux médailles de bronze. En effet, seuls Gaël Adam (100m dos et 100m libre) et Kelly How Tam Fat (100m brasse) ont réalisé ces fameux minima.

(NdlR : nous ne prenons pas ici en considération les temps de Mélissa Vincent qui se trouve en Afrique du Sud).

Ce serait malhonnête de la part de nos techniciens d?imputer au seul fait que la piscine Serge Alfred n?était pas chauffée pour justifier le manque de performances de la part de nos nageurs. À ceux-là, il faudra leur rappeler que la benjamine Estelle Li Chuen Cheong a amélioré deux records en deux occasions : 50m papillon pour les 13-14-15 ans (32.05 puis 31.76) et 100m papillon pour les 13-14 ans (1:11.51 puis 1:10.89). On ne pense pas qu?elle ait une meilleure faculté d?adaptation au froid que les autres, même s?il est vrai qu?on la surnomme? La Fusée !

La Fédération mauricienne de natation a sans doute emprunté la bonne voie, mais il lui faudra penser à demain. Il faudra impérativement orchestrer une réforme des structures de la natation à Maurice.

Il faut en finir avec les éternelles excuses que notre système d?éducation est un rempart au progrès de la natation. Il faut faire avec. Un point, c?est tout.

Il faut finir avec les éternelles excuses que notre système d?éducation est un rempart au progrès de la natation. Il faut faire avec. Un point, c?est tout.

Ce qui manque à la natation mauricienne, outre les infrastructures, c?est une politique de détection, une structure de formation en masse, comme l?avait fait François Blacquart pour le football, des sélections permanentes dans différentes catégories d?âge et un plan d?action sur le long terme.

Si demain on arrive à avoir 10-15 nageurs de même niveau, issus de différentes régions et de différentes classes sociales, cela ne posera pas de problème lorsque 7, voire 10, décideront un beau jour d?arrêter à 16-18 ans, parce qu?ils accorderont priorité aux études.

La mise en place d?un tel projet pour un système qui assurera à la natation mauricienne le progrès sur le long terme nécessitera un lourd investissement . C?est là que l?État, le fameux facilitateur, entre en jeu.

S?il existe vraiment des gens responsables dans nos différentes instances de décision, on s?attend à ce qu?ils remuent ciel et terre pour trouver les solutions afin de faire ce qui est nécessaire. Il est peut-être trop tard pour 2007, mais il est encore temps pour les échéances qui vont au-delà de cette date.

Publicité