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Ces systèmes étrangers qui marchent

14 mai 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Maurice nage à contre-courrant. Avec Singapour, Maurice est l?une des seules économies ouvertes où les négociations et compensations salariales ont lieu à travers des tripartites. Et dont le gouvernement assure l?arbitrage et la conclusion. Ailleurs, le règne des négociations collectives s?est installé depuis des décennies. Honnies par nos syndicalistes, les négociations collectives sont entrées dans les m?urs syndicales de toutes les économies les plus performantes au monde. Mais que sont les négociations collectives au juste ?

Celles-ci sont une discussion entre les employeurs et les syndicats représentatifs des salariés. Dont l?objectif est d?adapter les lois du travail existantes aux conditions de travail des salariés.

Afin d?aboutir, selon les cas, à des avantages salariaux (13e ou 14e mois garanti ou révision salariale annuelle) ou à des conventions collectives octroyant de nouveaux avantages ou des conditions de travail modulées pour certains employés. Allant ainsi du congé de maternité ou de paternité prolongé aux conditions où le nombre d?heures prescrites par la loi peuvent être dépassées afin de répondre à certains impératifs de production.

La négociation collective est le plus souvent inscrite dans les lois du pays qui prescrivent des discussions annuelles. Ou, dans certains cas, à la demande des chefs ou représentants des entreprises ou des syndicats.

Mais les modèles de négociations collectives diffèrent fortement selon qu?on se trouve en Europe, aux États-Unis ou au Japon. L?intervention de l?État également.

Les systèmes sont plus ou moins centralisés selon les pays. Ainsi une partie des membres de l?Union européenne a mis en place un système qui privilégie des négociations sectorielles ou intersectorielles entre les syndicats et les entreprises. Tandis que l?autre privilégie des négociations sectorielles ou directement avec l?entreprise. Le gouvernement n?agit que comme arbitre siégeant, en priorité, lors de négociations qui remettent en cause des lois du travail jugées d?importance fondamentale pour les travailleurs.

Aux États-Unis et au Japon, c?est le dialogue direct entreprises-syndicats qui est privilégié. L?État se contentant de fixer les salaires horaires ou en fonction des régions.

Chaque pays adopte également, selon son choix une « couverture » ou des négociations de références.

Qui une fois adoptées, au niveau d?une ou d?un groupe d?entreprises, peuvent être généralisées à un secteur d?activités ou d?une industrie. Souvent quand ce sont des conditions favorables aux syndicats.

Manque de moyens humains

Le système des négociations collectives repose sur un taux de syndication élevé des employés garantissant ainsi un meilleur poids aux représentants lors des rencontres avec le patronat.

Elle repose aussi sur une plus grande capacité d?analyse et de traitement d?information par des économistes, statisticiens et sociologues employés par les syndicats. Afin de quantifier les impacts salariaux et sociaux que les différentes propositions pourraient engendrer.

Or, à Maurice, les syndicats ont le double handicap de manquer de moyens humains et de représentativité. Mais ce ne sont pas les difficultés qu?ils invoquent en balayant la possibilité d?une mise en place de négociations collectives.

C?est plutôt la « tendance des patrons à ne pas respecter la parole donnée » qu?ils dénoncent volontiers.

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