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« Les homosexuels ne sont ni des malades, ni des pervers »

14 mai 2006, 00:00

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Vous organisez une gay pride le 20 mai à Rose-Hill. Est-ce que c?est, comme cela se dit ailleurs, le rendez-vous de la fierté homosexuelle ?

Je dois préciser que depuis le début, le collectif parle de la marche Arc-en-ciel et que c?est la presse qui l?a, par la suite, baptisée gay pride. Quand on parle de gay pride, on a en tête des grands chars, des gens déguisés, une foule de 500 000 personnes? Nous aimerions bien, mais faut pas rêver. Ensuite, ce n?est pas le même contexte. Nous ne voulons pas que, juste à cause d?un tel nom, cela puisse faire peur à certains Mauriciens. Puis, nous n?avons pas les moyens d?organiser ce genre de manifestation. Ceci dit, les gens sont libres de s?organiser comme ils le veulent. Pour ce qui est de fierté, elle ne réside pas dans le fait d?être homosexuel. Elle se situe plutôt dans le fait de pouvoir être un citoyen à part entière, d?être sur le même pied d?égalité, d?avoir les mêmes droits que tout le monde.

Quel est le mot d?ordre de cette marche ? Quel est votre objectif ?

Cette marche se veut symbolique. Elle marque la première année d?existence du collectif. C?est une suite logique par rapport au combat. N?oublions pas qu?il y a dix ans, d?autres ont essayé de mettre sur pied une telle association mais sans pouvoir se faire enregistrer.

Cette marche répond aussi à un besoin de visibilité, une visibilité à laquelle ont droit tous les citoyens. C?est, par ailleurs, un moyen de poser le débat dans la sphère publique, de dire aux gens que le combat ne concerne pas que la communauté « LGBT ». Notre souhait est que l?on cesse de pointer les gens du doigt à cause de leur orientation sexuelle. Quand nous avons affaire à deux adultes consentants, qu?on ait la délicatesse de ne pas aller regarder ce qui se passe dans leur chambre.

Le collectif existe depuis un an. Quel est votre bilan ?

Que le collectif existe et tienne toujours la route, est déjà une première victoire.

Il donne un coup de boost aux gens qui veulent sortir de l?ombre. On constate d?ailleurs qu?ils viennent de plus en plus nombreux à nos soirées. Le fait que l?Attorney General ait revu l?Equal Opportunity Bill et qu?il ait intégré dans cette loi les discriminations liées à l?orientation sexuelle, c?est un grand pas.

Qui plus est, nous avons maintenant un local à Belle-Rose qui sera opérationnel à la fin du mois. Nous allons assurer une permanence. On espère pouvoir offrir un service d?écoute et de psychologie. Nous avons aussi un numéro de téléphone permanent, le 251.16.45. Mais nous avons besoin de bénévoles pour tout cela. Alors, à bon entendeur?

Quels sont vos autres combats au sein du collectif ?

Il y encore beaucoup de travail. La loi ne suffit pas pour changer les mentalités, on le voit dans tous les combats. Il faut se battre contre les clichés qui associent l?homosexualité à la pédophilie. Les homosexuels ne sont ni des malades, ni des pervers. Récemment, le collectif a dû intervenir parce que des parents voulaient faire interner leur fille lesbienne au Brown Séquard. Ils ont eu une réaction si extrême que les deux filles concernées ont obtenu un protection order. Il faut aussi faire face aux arguments fascistes de certains. On devra évoquer à terme la question d?illégalité de la sodomie qui concerne aussi les hétéros d?ailleurs et la question d?union civile aussi.

À quoi vous attendez-vous avec cette marche du 20 mai ?

Qu?il y ait des gens de tous horizons, pas uniquement des homosexuels. Notre combat est un combat citoyen, nous voulons d?une société humaine plus ouverte où tout le monde appartient à une seule communauté, celle des citoyens.

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