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Musique

12 mai 2006, 20:00

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Artistik Légion Rap sur Roots

« Du son à t?arracher les artères », voilà ce que chante et donne le groupe Artistik Légion, des Comores. L?image est un peu forte pour ce jeune groupe qui nous présente son premier album Y?a pas d?issue.

Pourtant ces jeunes artistes comoriens ont de la ressource et une grande originalité qui devrait leur ouvrir quelques portes.

L?express samedi a rencontré deux membres du groupe, Primo et Lil?Eight. Tout frais bacheliers, ils sont étudiants et artistes, cherchant le bon feeling et la bonne histoire à raconter.

Le groupe a été formé il y a deux ans. Primo revenait d?Ethiopie ou il a vécu quelques années et retrouvait son cousin. Ils partagent la même passion pour l?écriture et la musique. Ils n?ont pas les mêmes goûts mais ceux-ci s?accordent bien.

C?est le point de départ de leur aventure musicale commune qui se nourrit de plusieurs styles et rythmes. Principalement le rap et le reggae. Précisément, hip hop et dance hall.

Ils se sont orientés vers le hip hop et la culture street en écoutant le grand frère de Primo, Cheikh MC. «J?ai eu envie d?écrire en l?écoutant ».

C?est donc leur rap tout nouveau tout beau qu?ils osent poser sur un rythme reggae.

Outre leur originalité, leur force réside dans le groupe qu?ils forment. Un véritable Crew, comprenant auteurs chanteurs, danseurs.

Artistik Légion existe depuis deux ans. Au début, la musique était un loisir plutôt fun. Mais petit à petit, un de leur premiers singles a bien marché sur les ondes aux Comores, et le groupe de jeunes étudiants a commencé à être très demandé. Concerts, featuring ?

Suite logique de carrière un premier album ou les jeunots doivent prendre leurs marques et faire leurs preuves.

Ce premier album s?intitule Y?a pas d?issue, de Artistikal Legion, édité et distribué à Maurice par Dodo Music Shop.

Dès une première écoute de cet album, on remarque tout de suite leur style particulier. Bon point marqué.

On reconnaît leur marque de fabrique, un reggae léger pour un rap bien frappé. A la fois simple et efficace. Ils chantent en français et comorien, jusqu?ici tout va bien.

De leurs intros super énergiques qui surprennent à l?écoute, on reste accroché. Mais les intros trainent souvent en longueur et les beats, bien que proposant un son nouveau, empiètent de plus en plus sur les voix. C?est dommage. On préfère l?alliance savante entre textes forts et musique plus douce.

Toutefois, pour un premier album, que de bonnes intentions et déjà une identité musicale.

C?est cette identité qu?ils aimeraient faire connaître à Maurice. Le groupe est actuellement en tournage d?un clip vidéo, tourné dans plusieurs endroits de l?île.

Clips soleil : à voir absolument !

Geda Music et Gérard Louis, sa tête pensante, ont eu la bonne idée de rassembler ses meilleurs ambassadeurs sur un DVD. Ses meilleurs clips Soleil Vol. 1, propose dix clips, de Sandra Mayotte à Natty Jah, en passant par Gérard Louis lui-même, Dalon, Linzy Bacbotte, Negro pu Lavi, Grup Kreol, Mario Potiron, et Renel Trapu. C?est du divertissement mauricien, pour mettre du soleil dans vos oreilles et vos salons. En vente chez les disquaires à Rs 225.

Il y en a pour tous les goûts. Mais on préfère par dessus tout quand les artistes se mettent en scène. Ainsi on rira et on appréciera Linzy Bacbotte dans Sakenn so Valer, où elle met en avant des personnalités multiples. Sandra Mayotte, entourée d?excellents danseurs, fait résonner sa musique et parvient à « met son dan nou lékor. » Ces dix clips rassemblés sur ce DVD démontrent tout le professionnalisme de nos artistes, mais également de ceux qui réalisent ces clips. Mise en scène inspirée, beaucoup de soleil, des paysages familiers, d?autres que l?on découvre avec bonheur. L?idée de rassembler son et images, fait un bien fou à la musique locale et à notre séga d?ambiance. Vivement le volume II !

Jean-Marc Volcy au rythme des îles

C?est le septième album de Jean-Marc Volcy. Un album sur lequel il distille toujours son fameux « goût Kréol » , mais avec cette fois, une dose de conscience sociale. Edité et distribué par Geda Music, Sove lavi, va encore faire danser dans les chaumières.

Il ne fait pas bon sur la pochette du dernier album de Jean-Marc Volcy. Un squelette s?y pose et s?y fixe avec obstination, au milieu d?un désert aride. C?est ce qui peut rester d?une vie trop sérieuse, trop vite consommée par des paradis artificiels. Comme à son habitude, le compositeur et l?interprète de Baké Yaya, cherche à partager des émotions autant que des sentiments.

Il cherche à capturer des moments fugaces, des moments intenses, des moments de joie et de vie. Le chanteur, auteur-compositeur, fait vite tourner la tête de celui qui écoute. Au fil des albums, Jean-Marc Volcy peaufine son style. Il devient plus festif, même si sur ce dernier opus, il veut que celui qui l?écoute, « arret abiz lor la vie ».

Cette « chanson moralité », se veut simplement plus proche de certaines réalités. Mais dans l?ensemble, l?artiste reste humble. Le séga d?ambiance est un séga dépouillé de toutes ces considérations sociales qui alourdissent très souvent de nombreux refrains. Le succès de Jean-Marc Volcy, c?est justement de pouvoir faire du frais avec le vécu seychellois. Après Bon, Bon et Bon, Bon, Bon, le Dalon reste fidèle à sa verve de conteur créole. La « couler pei » se décline dans différents tons, plus vivaces sur certains morceaux, plus acidulés sur d?autres. Parfois virulentes, jamais pâles, les couleurs de ce nouvel album irradie de toutes les couleurs de l?arc-en-ciel.

Impossible donc de sortir ce nouveau disque, sans faire escale chez nous. « Nou koz mem langaz dan moris ek dan seysel. Nou éna enn l?amitié dépi touzour, » explique l?artiste. Chantre de la musique de l?océan Indien, mélangeur aguerri du maloya et du séga, Jean-Marc Volcy sort un album habillé aux couleurs des terres de l?océan Indien. Les mots sont rois. Ils disent des vérités vraies, des vérités « pei ». Le disque dit. Il occupe une place à part. Dès les premiers accords, l?empreinte Volcy se démarque. La rythmique est soutenue. La voix claire du chanteur, son accent chantant, saupoudre le tout avec une infinie tendresse.

Et depuis ce concert en 2001, où la voix de Wendy Duval est venue lui prêter main forte, Jean-Marc Volcy continue sa collaboration artistique avec cette artiste mauricienne. Après lui avoir composer Plere dan la pli qui figure sur le précédent opus, Jean-Marc Volcy lui fait cette fois cadeau de deux morceaux. « Wendy éna enn talen ki alle ar mo la mizik, » explique le chanteur. Avec elle, la culture créole continue à déployer ses ailes. Et Jean-Marc Volcy, l?envoutant défenseur du chant de nos terres, continue à chanter avec humour et légèreté, pour faire l?un des plus beaux métiers du monde.

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