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Chagos : l?espoir restauré
«Que comptent-ils faire maintenant ?» C?est la question qui se pose après la «victoire historique» des Chagossiens. Nombre d?entre eux veulent retourner dans l?archipel dès que possible. Mais un travail de restauration devra être entrepris sur les îles avant de les rendre habitables. C?est ce qu?ils réclament. Cette ambition est-elle réalisable ?
«Mo pare pou ale dimin. Me bizin repar bann zil, konstrir ban lakaz, opital ek lekol. Isi mo dan lamizer, laba si mo bor lamer mo kapav al rod mo cari, mo bred, mo kapav trap ourit ek omar. Isi ki mo kapav trape ? Narien», explique la mère d?Olivier Bancoult, le président du Groupe réfugiés Chagos (GRC) Rita Issou.
La Haute Cour de Londres a donné gain de cause au GRC dans sa contestation des décrets royaux, qui interdisaient aux Chagossiens de retourner dans leurs îles. Mais les démarches pour des compensations et pour la restauration des îles doivent continuer. Les deux objectifs doivent toutefois être considérés séparément. La question de la réhabilitation sera traitée à travers des actions politiques, alors que celle des compensations devra probablement être résolue légalement. A moins que le gouvernement britannique n?exprime la volonté, comme le Premier ministre, Navin Ramgoolam, l?a fait, de «s?asseoir à une table» dans l?espoir de trouver une solution. Etant donné que les Britanniques pourraient faire appel du jugement, cette option semble peu viable.
Olivier Bancoult animera une série de rencontres à la Chambre des communes la semaine prochaine. L?objectif est de rallier un maximum de parlementaires à l?idée de la restaucompter sur le soutien du député travailliste Jeremy Corbyn.
Les Britanniques ont plus d?un tour dans leur sac. Ils citent souvent une étude de faisabilité de consultants à la solde du gouvernement. Ils avaient conclu que le repeuplement de l?archipel serait «précaire» et «onéreux». Ils avaient affirmé qu?un retour permanent serait indésirable en raison du manque d?eau potable et de l?impact de l?activité humaine sur l?environnement.
Ils ont omis de mentionner que cette région est l?une des plus pluvieuses au monde et que la présence d?une base militaire sur Diego Garcia n?est pas non plus propice à l?épanouissement de l?écosystème. L?avocat du GRC, Richard Gifford, évoque cette fumisterie dans la lettre déposée jeudi au 10, Downing Street par le député travailliste Jeremy Corbyn.
Les consultants ont quand même eu la présence d?esprit d?«identifier les nombreuses activités économiques que les Ilois pourraient adopter, notamment l?exploitation des lieux de pêche les plus riches de l?océan Indien, la restauration d?une économie agricole et la mise en place de l?écotourisme». Au-delà des frais initiaux, tels que la construction de maisons, d?hôpitaux et d?écoles, un retour permanent est donc envisageable.
Droit de poursuivre
Le GRC ne compte pas pour autant abandonner ses revendications de compensations financières. En cour d?appel fédérale aux Etats-Unis son équipe légale tentera de prouver que les Chagossiens méritent, en tant qu?étrangers, d?avoir le droit de poursuivre le gouvernement américain pour des dommages et intérêts. L?intervention du gouvernement américain en faveur des décrets royaux lors du procès à Londres contribuera peut-être à établir cela. La Cour européenne des droits de l?homme sera aussi appelée à décider si le gouvernement britannique est financièrement redevable envers le GRC.
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