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Un plan pour l?épierrage de plus de 6 000 hectares

12 mai 2006, 00:00

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Planteur de Sébastopol, Fatagar Quazi Ahmad, est prêt à cultiver la canne à moindre coût. Ses champs étant plats, la mécanisation des opérations s?avère plus facile.

Dans un contexte rendu difficile par une baisse du prix du sucre, l?enjeu est de réduire les frais de culture à des proportions rationnelles. Une des solutions est l?épierrage qui fait partie d?un package incluant la mécanisation et l?irrigation. Le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) propose une approche nouvelle pour les terres des petits planteurs.

Le plan que le directeur du MSIRI, Jean-Claude Autrey, a présenté à l?Etat, exige des investissements de Rs 353 m pour un premier épierrage sur 6 227 hectares. La concrétisation de ce projet aboutira à la ?production d?une masse critique? de canne sur les terres de petits planteurs à travers l?île. Rappelons qu?une enveloppe de Rs 500 m est disponible dans le budget 2005-2006 pour venir en aide à cette communauté.

L?épierrage comporte des bénéfices multiples à chaque étape des opérations dans les champs. Ces avantages sont ressentis au niveau de la récolte. Dans un champ traditionnel, la scène est pénible. Le sol rocailleux empêche la croissance naturelle de la canne. Des poches d?aridité se développent çà et là, réduisant jusqu?à 25 % la récolte à l?arpent.

Les serpes se heurtent à la rocaille entassée à la base de la canne mûre. Sous le soleil hivernal, l?ouvrier se retrouve d?abord à entasser les pierres. La récolte est retardée et le planteur fulmine car ses cannes ne seront pas acheminées dans un délai raisonnable à l?usine.

A l?inverse, des terres évidées de ces pierres réduisent ostensiblement les coûts, comme le souligne Fatagar Quazi Ahmad. De juillet 2004 à février 2005, il a investi Rs 2,4 millions dans l?épierrage de 20 arpents sous cannes. ?Tout sera désormais mécanisé, de la fertilisation jusqu?à la récolte.? Qui plus est, les poids lourds pourront se déplacer plus facilement d?une extrémité de ses terres à l?autre.

Dans sa présentation au ministère de l?Agro-industrie, Jean-Claude Autrey relève d?emblée l?écart grandissant entre les usiniers-planteurs et les petits planteurs. Alors que les premiers en sont à 48 % de la superficie, les autres stagnent à 3 %. De plus, des 21 434 hectares appartenant à la communauté des petits planteurs, l?épierrage n?est jugé facile que pour 5 716 hectares et 8 273 hectares considérés ?très difficiles?.

?Le projet, dirigé par le secteur privé, devra être exécuté sur une base sectorielle nord, sud-est et ouest?, recommande Jean-Claude Autrey. Les zones prioritaires devront être délimitées en tenant compte des facteurs tels que l?irrigation. Les partenaires engagés dans le processus sont appelés à répertorier toutes les ressources disponibles : tracteurs, chargeuse et concasseurs. D?ailleurs, ces derniers auront, au cours de l?exécution du projet, un volume de 4,3 millions de tonnes de pierres à broyer.

Le directeur du MSIRI avance qu?un package intégral est offert au petit planteur. Il inclut aussi la fertilisation, la préparation des terres, la plantation, l?épandage des herbicides, la récolte et le chargement avant l?acheminement de la canne vers l?usine. En contrepartie, le planteur devra apporter un gage par écrit qu?il maintiendra la culture de la canne pendant un cycle d?une moyenne de sept ans, abondant dans la direction dégagée par le gouvernement et les organismes liés.

?Le ministère élabore actuellement un package qui explique au planteur, qui cultive moins de dix hectares, la préparation de sa terre, la variété recommandée, les allocations en cas de pertes de même que d?autres facilités, souligne le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. La finalité sera de ramener l?impact de la baisse de 36 % à 18 ou 20 %. La Sugar Planters? Mechanical Pool Corporation achètera davantage d?équipements.?

Bien que cet exercice n?exige pas le regroupement des planteurs, c?est sans nul doute un pas dans cette direction. Car la finalité, c?est que les petits planteurs aux terres rentables s?associent pour réduire davantage les coûts. Ils pourront recourir, en commun, tant pour la culture que pour la récolte, à des prestataires de services spécialisés à des frais inférieurs. Comme le souligne Arvin Boolell, il faudra tenir compte du fait que cette communauté ne voudrait ?jamais perdre son rôle en tant que propriétaire?.

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