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Highbury, on ferme !

9 mai 2006, 00:00

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Arsenal a donc tourné le dos à son passé. Dimanche, le club historique du Nord de Londres a disputé son dernier match à Highbury, théâtre de ses exploits depuis 1913. Les adieux, comme prévu, ont été émouvants, l’émotion extrême.

Pour Arsenal, une autre ère commence. Highbury est mort. Il avait fait son temps. Vive l’Emirates Stadium. Une architecture résolument futuriste . Une enceinte digne d’être le fief du potentiel champion d’Europe, dotée de 60 000 sièges.

Mais on n’enterre pas come ça Highbury, berceau d’Arsenal, patrimoine du football anglais, comme l’est Anfield Road, Old Trafford, ou White Hart Lane. En 93 ans, 2 010 matches y ont été joués, treize titres de champion d’Angleterre célébrés.

Aussi, c’est le coeur lourd et des souvenirs plein la tête que les supporters d’Arsenal y ont pris place une dernière fois, dimanche, pour la réception de Wigan Athletic, l’ultime invité.

Cherry Henreee !</B>

Deux heures avant le coup d’envoi, ils étaient des milliers à longer les rues qui jouxtent Highbury pour y prendre des photos. Instants solennels, immortels. “J’y étais ce jour-là”, pourront-ils un jour dire à leurs petits-enfants, ceux qui naîtront dans l’arrière-cour de l’Emirates Stadium.

Dimanche 7 mai 2006. Le soleil se couche une dernière fois dans le ciel gris et triste d’Highbury. Dans les gradins, deux couleurs, pas une de plus. Le rouge et le blanc, celles du club. Deux couleurs, mais plusieurs générations de joueurs. Tous émus, mais tous fiers de cette identité gunner, à l’image de Ian Wright ou de Lee Dixon, maillons forts des années George Graham.

Il fallait que ce dernier match ait un sens, qu’il marque les esprits, qu’il collabore à l’histoire. Le contexte s’y prêtait puisque l’enjeu était important. Au bout des 90 minutes les plus longues de l’histoire d’Highbury, il y avait trois points à prendre, une quatrième place à conquérir et un billet pour la prochaine Ligue des champions à assurer.

Au même moment, Tottenham, l’ennemi juré, et qui avait l’avantage de partir en pôle provisoire, abandonnait ses dernières illusions européennes à quelques kilomètres de là, à Upton Park, l’autre grand sanctuaire du football londonien. Injuste quand on sait que les Spurs se sont donné les moyens, cette saison, de redevenir compétitifs.

Arsenal, évidemment, et malgré quelques frayeurs, ne s’est pas fait prier pour se hisser dans le bon wagon. Et Wigan, battu 4-2 après avoir fait la course en tête, a pu mesurer la route qu’il lui reste à faire avant de ressembler à Arsenal.

Pont inévitable entre hier et demain, entre Highbury et Emirates, Thierry Henry, le plus populaire de tous les joueurs à avoir porté le maillot des Gunners, a eu l’immense privilège de marquer les trois derniers buts de l’histoire du vieux stade londonien. Tout un symbole.

Tout le stade s’est levé pour saluer son idole. Cherry Henreee ! Cherry Henreee ! Cherry Henreee !… Le Français, ému, s’est agenouillé, puis a embrassé le gazon mythique d’Highbury. Au nom de tous les siens.

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