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Assassinée et enterrée dans sa propre cour

7 mai 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Nirmala n?allait plus voir sa mère Champavathee depuis déjà un an, car cette dernière, qui avait perdu la tête, la repoussait à chaque fois. Dimanche matin, c?est le choc : Nirmala apprend que le cadavre de Champavathee a été retrouvé, enterré à côté de sa maison.

Un vent léger souffle sur la maison des Narain à la rue Prunes, Surinam. Dans ce petit village du Sud, chacun y va de son commentaire sur la découverte du cadavre de Champavathee, âgée de 79 ans. Son corps a été retrouvé lundi, cinq mois après sa disparition.

Et l?auteur de ce crime n?est autre que Lallman, son fils âgé de 39 ans.

Ce dernier avait mortellement agressé sa mère avant de se débarrasser de son corps.

« Ti kapav enn krim parfe sa hein. Ki sanla ti pou kone ? », lance un homme à son épouse en passant devant la maison des Narain. « Mo kroir zot pena fami ki vinn gett zot », rétorque cette dernière.

Ce mardi après-midi, quelques habitants de la localité se sont réunis dans la cour des Narain, histoire de faire passer le temps. Quelques minutes après, une femme sort de la maison en compagnie de quelques proches. « Hein gete. Tifi madam la sa », lance un homme qui se trouve au nombre des curieux. « Ouais do. Fer lontan pa trouv li dan landroi. Alerman li finn vinn pran enn bann zafer », fait remarquer un autre.

À travers une vitre brisée de la cuisine, on peut constater le désordre qui règne dans la maison. Des casseroles noircies sur une vieille table en bois semblent ne pas avoir été lavées depuis plusieurs jours et une gazinière en piteux état laisse apparaître une épaisse couche de matière grasse. La poussière sur le sol en béton donne l?impression que la maison a été laissée à son triste sort.

<B>« Mo touzour pa kroir seki finn arive »

Nirmala est visiblement affectée. Elle tient dans la main un sac en plastique dans lequel elle a mis le seul objet de valeur ayant appartenu à sa mère, un lecteur DVD recouvert de poussière.

Elle fait un tour à l?arrière de la maison pour s?assurer que les fenêtres sont bien fermées. Elle donne l?impression qu?elle ne reviendra pas de sitôt. Le front baigné de sueur, elle s?apprête à quitter les lieux pour aller chercher ses enfants à l?école.

« Mo touzour pa kroir se ki finn arive », lâche-t-elle. La jeune femme, visiblement affectée par la tragique disparition de sa mère, nous confie que cela faisait un an qu?elle n?avait pas remis les pieds dans la maison où elle a grandi. Cela, parce que sa mère la repoussait à chaque fois qu?elle venait lui rendre visite.

« Li ti pe dir moi : » Alé. To pe vinn kokin isi. » Se lakoz sa ki mo finn aret al laba. Malgre sa, mo ti pe pran so nouvel par mo frer. Me depi desam, mo pas finn ressi koz avek mo mama lor portab mo frer. Sak foi, li dir moi ki mo mama pe dormi ou soi li finn al laboutik », confie Nirmala.

« Mo bo frer ti pe pass kot nou dans tou le semenn. Letan nou dimann nouvel mo belmer li dir nou ki li bien. Se bann fami ki ress dans landroi ki finn gett CID konsernan disparision bolfam la », ajoute l?époux de Nirmala.

Tout le monde le sait, Champavathee vivait avec son fils dans cette maison laissée en héritage par Imrith, son époux. Ce dernier est décédé il y a une dizaine d?années à l?âge de 72 ans, emporté par une longue maladie. Nirmala s?est mariée depuis environ 15 ans et habite actuellement à Poste-de-Flacq.

« Aparaman ser ek frer pa tro koze. Samem li pa tro vinn isi », affirme Kevin, un voisin. Ce dernier se souvient encore de cette vieille dame portant toujours des vêtements sales et qui marchait dans sa cour depuis qu?elle avait perdu la tête.

C?est elle qui faisait constamment du bruit chaque jour en essayant de refermer une porte en tôle dont la serrure était en mauvais état. « Depi desam mo finn nepli tann tapaz laport e mo pas finn trouv madam la ditou », poursuit Kevin. Il ne se doutait pas à ce moment-là que Champavathee était déjà morte. « Zame mo finn tan zot lager ou diskite dan lakaz. Dayer, sakenn gett so zafer dan landroi », affirme-t-il.

Concernant Lallman, il est connu comme étant un homme tranquille qui passait la plupart du temps avec des amis pour trinquer sous la varangue de la boutique du coin. « Zame li ti parett ena problem ou kiksoz ti pe fatig li. Mo pa ti pou kroir li ti pou touy so mama », raconte Rajen, un ami du suspect. « Li ti gaign travay kot CWA depi un an. Kan mo ti pe dimann li kot so mama ete li ti pe dir moi ki li pe ress kot enn fami ». La vérité était beaucoup plus macabre?

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