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Georgy Thomas, une mécanique bien huilée

7 mai 2006, 00:00

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Les huiles usagées résultant des activités de la CEB, du transport et de l?industrie sucrière sont devenues les ennemies jurées de Georgy Thomas. Issu d?une famille d?entrepreneurs, ce dernier est à l?affût de la moindre affaire dans laquelle il pourrait se jeter et faire prospérer. Et il a vu dans l?épuration de ces huiles un créneau qui restait à être exploité.

Élevé dans la culture du travail et de l?effort continu, Georgy Thoams baigne dans les affaires depuis l?enfance ? sa famille possédait déjà un élevage de porcs. De plus, son parcours scolaire et professionnel impressionne par sa richesse, et surtout parce qu?il traduit une énergie incroyable. Il ne semble jamais s?arrêter, et veut toujours aller de l?avant.

Cette culture du travail se traduit par sa soif du savoir. Il enchaîne les diplômes avec des débuts à l?université de Maurice où il obtient un diplôme en mécanique et électricité. Puis, il se rend en France après avoir obtenu une bourse pour devenir enseignant, métier qu?il a pratiqué durant huit ans. D?autres boulots suivront ; mais le naturel revient au galop. En 1990, il crée sa propre entreprise. Il achète de camions pour s?occuper du ramassage d?ordures dans les hôtels, alors qu?il en possède déjà d?autres pour les eaux usées.

C?est à ce moment que sa vie prend un nouveau tournant. Il est contacté par la compagnie Attics qui souhaite l?embaucher. Tout en étant aux côtés de cette entreprise, il travaille d?arrache-pied et se donne à fond dans ce qu?il fait. « Je me rendais au boulot dès six heures du matin pour ne rentrer chez moi que très tard dans la soirée. Cela affectait aussi ma vie de famille. » Les choses tournent au vinaigre quand un jour, par surprise, il est renvoyé sans explications. « J?ai été remercié de manière impolie », raconte-t-il avec une certaine amertume. Épisode marquant de sa vie et pour sa carrière qui, au final, n?a pas eu que du mauvais. « Cet incident m?a beaucoup motivé à aiguiser mes aptitudes et mes activités. »

Pas homme à se laisser abattre

Alors qu?il travaillait toujours chez Attics, deux directeurs d?hôtel, Louis Pimon et Yves Lagesse, lui demandent de résoudre leurs problèmes d?huiles usagées provenant des cuisines et des bateaux. Cela devient pour lui une activité qu?il pratique en parallèle volontairement. Ce travail de recherche ne vient que confirmer son idée de traiter les huiles usagées ; idée qu?il avait eue en 1989 quand il travaillait dans le domaine du pompage des graisses des stations d?épuration.

Georgy Thomas n?est pas homme à se laisser abattre, surtout pas avec cette énergie qui le caractérise. Il reprend, par la suite, sa propre affaire de ramassage d?ordures et des eaux usées. Les huiles usées deviennent un autre créneau dans lequel il s?investit ; en faire une entreprise lui semble être une idée alléchante.

Il s?entoure alors d?une équipe de six jeunes ingénieurs et comptables, tous motivés par cette idée, et les recherches continuent de plus belle. Ingénieurs chimistes, ingénieurs civils, consultants? Tous mettent la main à la pâte pendant que les experts-comptables se penchent sur les chiffres et surtout les nombreux zéros indispensables pour la mise en place d?un projet d?une telle envergure. Terrain, infrastructures, machines, tout cela implique un coût avoisinant Rs 20 millions. L?entrepreneur est à l?affût, il met en exergue ses connaissances, son savoir-faire et s?investit totalement.

Les efforts ont finalement porté leurs fruits car en 2001, il dépose son Environ-ment Impact Assessment. Deux ans plus tard, il obtient son permis. Tout est fin prêt en 2005. L?usine, située à Pointe-aux-Sables, commencera à tourner dans deux semaines. Les débuts seront assez modestes avec une capacité de traitement de neuf heures par semaine, mais d?autres projets sont prévus dans un proche avenir.

Le présent est quand même bien rempli car il est en plus propriétaire d?une boulangerie et d?un élevage de porcs.

Et Georgy Thomas trouve également le temps pour compléter un MBA. Malgré ses nombreuses activités, il se dit entrepreneur et surtout pas businessman.

« Le businessman est intéressé par la réussite alors qu?un entrepreneur trouve son plaisir dans la réalisation même du projet. » Il reste en tout cas un entrepreneur... très pris !

S. A.

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