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Christophe Vallée ou l?aube d?une renaissance
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Christophe Vallée ou l?aube d?une renaissance
À présent que se taisent les voix médiatiques, saluant, à juste titre, la sortie officielle du roman éminemment philosophique de Christophe Vallée, le moment est venu de leur ajouter une autre voix, humblement la mienne, pour exhorter ceux qui ne l?ont pas encore acheté et lu de le faire séance tenante. Que nul ne se prive, un jour de plus, du plaisir savoureux de se plonger dans les vies imaginaires, inventées à notre intention, par le professeur de philosophie (malheureusement en partance pour la Hongrie) du lycée Labourdonnais.
Le crépuscule de l?aube ou de la volupté du pouvoir, roman s?ajoutant à deux essais philosophiques (Surface et profondeur et L?apparence et la réalité), se lit avec une facilité déconcertante, tout en demeurant une lecture enrichissante sur le plan spirituel et personnel pour ne pas dire personnaliste.
À chaque ligne, à chaque tournure de phrase, on retrouve la personnalité charmante (au sens que lui donne Paul Valéry) de Christophe Vallée, Mauricien de c?ur avant que ne commence sa carrière professorale au lycée français.
Nous le découvrons et pour notre plus grand bonheur tel que nous le trouvons, avec un plaisir renouvelé, chaque fois que l?aubaine nous est accordée de le rencontrer au cours d?une cérémonie officielle, d?une présentation d?une ?uvre culturelle, dont il demeure le grand maître, même s?il détient ce pouvoir aux seuls charmes se dégageant de sa personnalité si enjouée, de sa bonne humeur si communicative.
Son écriture est à son image : fluide, facile à suivre, captivante, envoûtante, sans jamais tomber dans la flagornerie ni la médiocrité, demeurant toujours enrichissante car pouvant stimuler, chez les lecteurs, d?utiles remises en question et introspections. Son message incite toujours à une élévation de l?âme, sinon de la conscience de soi, pour respecter davantage le vocabulaire philosophique.
L?essentiel demeure qu?on s?ouvre à l?appel à la perfection et à la bonté humaine qu?émet sa forte personnalité, assise sur une somme de connaissances générales. Ses discours et ses écrits sont le reflet de sa personne. Il s?en ira donc dans cette république hongroise où il espère retrouver la qualité des relations humaines découvertes et nouées ici, à l?île Maurice. Ses propos s?envoleront, faute d?avoir été dûment enregistrés et diffusés.
Demeurent heureusement ses trois ?uvres littéraires et philosophiques que nous devons recueillir comme un talisman nous permettant de retrouver intacte sa personnalité inspiratrice et motivante.
Nous souhaitons que ses trois chefs-d??uvre littéraires, imprimés et publiés en terre mauricienne, recevront une suite régulière car il serait dommage qu?une telle facilité d?écriture et d?émettre sur papier des idées fondamentales se perde dans des tâches fonctionnelles alors que le propre de Christophe Vallée est de demeurer un phare philosophique, un maître de vie réussie, pour les hommes et les femmes ayant le privilège de le côtoyer, même si c?est pendant une partie de sa vie, riche intellectuellement et pleine de réalisations.
Un labyrinthe en forme de jungle
Christophe Vallée émerveille son lecteur en raison de sa facilité d?inventer des vies imaginaires avec ce qu?il faut de racines personnelles pour qu?elles soient authentiques sans être lui tout à fait. Il dépeint ce qu?il aurait pu devenir s?il ne savait si bien garder le cap afin de demeurer ce qu?il a envie d?être, sans devenir ce que les autres veulent qu?il devienne.
Le crépuscule de l?aube est un roman philosophique car il apprend à son lecteur à décortiquer les mécanismes et les ressorts qui actionnent les différents rouages d?une vie humaine, d?une personnalité humaine. C?est pour cette raison que la première partie du récit paraît plus intéressante que le labyrinthe en forme de jungle et de politicaillerie de la seconde partie.
L?enfance, l?adolescence, la jeunesse du narrateur, son entrée progressive dans le monde des adultes, ces affreux comédiens en retour d?âge, sont aussi les nôtres. Cette première partie est la description de chacune de nos vies, de nos enfances, adolescences, jeunesses, de nos rêves et illusions envolées, de nos ambitions rétrécies au fur et à mesure que nous comprenons qu?il ne sert à rien de conquérir n?importe quel univers si le prix à payer est la perte du respect que nous avons pour nous-même.
Certes nous n?avons pas tous été, dans notre enfance même imaginée, les voisins des châtelains de Montgeoffroy, sur la départementale 74, au nord de Mazé, Maine-et-Loire, ou celui de Julien Gracq dans ce Saint-Florent-le-Vieil, faisant face à la commune de Varades, mais chaque pays, chaque enfance possède ses propres charmes et voluptés, et c?est tout le mérite de Christophe Vallée de nous le rappeler avec autant d?humour.
L?important, nous enseigne-t-il, est de ne jamais cesser de réfléchir sur nous-mêmes, de nous interroger pour savoir qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Que voulons-nous au fond de nous-mêmes ? Quel sens donnons-nous à notre vie ? Sommes-nous heureux ? L?essentiel est de savoir rester nous-même sans jamais nous laisser ballotter par notre entourage, en devenant ce que nous voulons être et non pas ce que les autres veulent que nous devenions.
Christophe Vallée nous apprend, avec son humour habituel, plein de bon sens et de sagesse humaine, à résister à la tentation de paraître, à la tentation de posséder au détriment de la nécessité absolue d?être ce que nous sommes ou de ce que nous voulons devenir. Résister à son entourage quand ce dernier cherche à nous pervertir. Résister surtout à la tentation du pouvoir quand il supplante ce désir de servir par l?obsession de la domination et du piétinement des autres.
Le pouvoir politique devient une triste comédie humaine quand il n?est plus animé par le désir de se rendre utile aux personnes nous entourant. Il suffit pourtant de répondre présent quand autrui recourt à nos humbles services. Nul besoin d?aller au-devant de qui que ce soit ni de s?abaisser à aucune propagande tapageuse. Il suffit d?être disponible sans se faire exploiter par de petits malins.
Conservons notre envie de vivre
Le crépuscule de l?aube ou plus exactement la renaissance à une vie toujours plus vraie et donc plus belle, nous aide à mettre de l?ordre dans notre vie, dans nos pensées les plus personnelles, à fuir la superficialité, le vernis : ce qui importe c?est l?intime conviction de savoir que nous ne sommes pas le grand perdant quand le pouvoir, sous toutes ses formes et pas seulement politique, craint de faire appel à nos services surtout s?il se méfie de notre détermination à ne pas renoncer à ce que nous sommes pour consentir à devenir ce que les autres veulent que nous devenions.
Cela peut paraître dur de nous sentir ainsi brûlés quand nous nous sentons de taille à nous rendre utile à tel ou tel poste. Mais la vie est courte, comme le conclut si bien Christophe Vallée. Conservons intacte, avec lui, notre envie de vivre, et de vivre bien en ayant l?humilité de demeurer ce que nous sommes dans notre moi profond et intérieur et que nul ne doit dérober.
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