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Tripartites : des négociations ardues sur la compensation en vue

4 mai 2006, 00:00

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Un dialogue hasardeux. Le grand argentier, Rama Sithanen, arbitrera ce matin pour la première fois les consultations tripartites depuis son retour aux affaires en juillet 2005. Les représentants du gouvernement, des centrales syndicales et ceux des organisations du secteur privé se donnent rendez-vous à l?Hôtel du gouvernement pour discuter compensation salariale.

Les centrales syndicales du pays regroupées au sein de la Trade Union Common Platform ont soumis une proposition commune: elles réclament une hausse de Rs718 pour tous les salariés du pays. Cet ajustement proposé inclut, selon elles, un montant de Rs440 pour restituer l?effritement du pouvoir d?achat durant l?année fiscale écoulée et une somme de Rs278 pour rattraper les pertes encourues lors des années précédentes.

Les employés qui voient leur pouvoir d?achat s?effriter au fil des années ; les opérateurs qui vivent des moments difficiles avec l?intensification de la concurrence internationale et avec les coûts de production en hausse constante? Certes, le contexte des discussions est difficile du point de vue de tous les partenaires sociaux. Et le gouvernement, qui joue à la fois le rôle d?arbitre et de participant aux pourparlers, a un gros déficit fiscal sur les bras.

Le mode de calcul de la compensation est une nouvelle fois source de tensions entre le patronat et les représentants des employés. L?organisation patronale, la Mauritius Employers? Federation (MEF) insiste sur une formule qui tienne compte des critères de productivité, d?efficience et d?autres indicateurs de performance des entreprises.

Les syndicats s?opposent de leur côté à toute remise en question de la méthode actuelle arguant que la compensation n?est qu?un moyen d?essayer de rattraper la perte du pouvoir d?achat de leurs adhérents. Il n?y a pas de place pour d?autres considérations dans l?équation, maintiennent-ils.

?Nous ne sommes pas contre le paiement d?une compensation aux employés mais nous disons qu?il n?est plus possible de se baser sur l?inflation. Les grands indicateurs économiques démontrent que l?économie est malade. Dans une telle situation, la priorité ne saurait être la compensation salariale mais l?encourage- ment à l?investissement pour créer des emplois?, affirme Mookeshwarsing Gopal, président de la MEF.

?Un instrument de justice sociale?

Dans un mémoire soumis au gouvernement dans le cadre des consultations tripartites, la fédération patronale fait un diagnostic critique de la performance de l?économie. Avec un taux d?investissement en déclin, les perspectives de reprise de la croissance et de l?emploi dans le court terme ne sont pas très brillantes.

Les chiffres des dernières années n?ont pas été lumineux non plus. La croissance annuelle en moyenne ces dernières années tourne autour de 4,9 %, soit une progression encore trop fragile pour réabsorber le chômage qui reste à un niveau inquiétant, soit au taux de 9,5 %.

Ces résultats sont largement attribuables aux difficultés dans le sucre et dans le textile-habillement. La récession dans la zone franche s?est accentuée l?année dernière avec une chute de 13 % dans les recettes d?exportation. Le textile a licencié plus de 25 000 salariés entre 2000 et 2005. Et la restructuration dans le sucre a détruit plus de 8 000 jobs.

Le faible taux de productivité dans l?économie et toute hausse des coûts de production ne feront qu?aggraver les problèmes des secteurs vulnérables. La compensation salariale coûtera environ Rs 3 milliards aux entreprises et à l?Etat si l?on maintient le taux compensatoire de l?année dernière (un ajustement de 6,2 %), estime la MEF. ?Nous ne pouvons injecter une telle somme dans la masse salariale sans qu?il y ait un retour en termes de gain en productivité et en efficience?, déclare Mookeshwarsing Gopal.

Les syndicalistes ne l?entendent pas de cette oreille. ?La compensation salariale et la révision salariale sont deux choses distinctes qu?on ne doit pas lier. La compensation a pour but de rétablir la perte du pouvoir d?achat des salariés. C?est un instrument de justice sociale. Il n?est pas question de faire le rapport avec la productivité?, insiste Tulsiraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil.

Les centrales syndicales s?opposent aussi à toute forme de négociations sectorielles. ?Il faut maintenir les tripartites et il n?est pas question de lier la compensation à la productivité?, insiste Cassam Kureeman, président du Mauritius Labour Congress.

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