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Do you speak english ?

4 mai 2006, 00:00

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Malgré les mises en garde répétées d?une presse londonienne résolument partisane et conservatrice, la Football Association, visiblement aussi vétuste que dépassée, a vainement tenté de brader ce que l?Angleterre a de plus précieux, son onze national, à Luis Felipe Scolari, un Brésilien moustachu qui ne parle pas l?Anglais et qui n?avait que faire de l?héritage qu?on lui proposait.

A croire que l?Angleterre, pays qui a donné naissance au football contemporain, était dépouillée de compétences. A croire que l?herbe est plus verte ailleurs. A croire qu?au pays de sa majesté la Reine, on n?a plus de fierté, plus de dignité. A croire que les mille et un écarts de Sven-Goran Eriksson, l?actuel sélectionneur, n?auront servi de leçon à personne dans les couloirs d?une FA que désespèrent de dépoussiérer certaines âmes sensibles, d?anciens joueurs pour la plupart, qui rôdent encore dans le giron de la Premier League .

Heureusement pour les Anglais, le bon vieux Scolari a décliné l?offre. La brume londonienne ? Très peu pour moi qu?il a dit.

Par défaut, et prisonniers de l?opinion publique et de la pression des médias, les bureaucrates de la fédération anglaise vont donc très probablement nommer un Anglais à la tête du onze de la Rose. L?annonce officielle est prévue pour aujourd?hui.

Aux dernières nouvelles, le bon sens devrait prévaloir avec la nomination annoncée de Steve McClaren, l?actuel entraîneur de Middlesbrough, un homme qui connaît bien les rouages, et qui aura la charge, le mois prochain, d?épauler Sven-Goran Eriksson en terre allemande. Et si ce n?est pas McClaren, ça devrait être Alan Curbishley, de Charlton, ou Sam Allardyce, de Bolton.

?On a évité le pire?, se félicitait cette semaine le Sun. C?est vrai. L?Angleterre, pays de tradition, mérite un entraîneur anglais ! Le contraire est indécent. Tout bon technicien qu?il est, Eriksson, par exemple, n?aurait jamais dû se retrouver là où il est. Et même si certains joueurs, David Beckham en tête de lice, s?évertuent à vanter les mérites de leur gentil sélectionneur, le Suédois ne sera jamais un fils du Royaume.

Même si le Portugais Jose Mourinho, l?Ecossais Alex Ferguson, l?Espagnol Rafael Benitez, le Français Arsène Wenger, le Néerlandais Martin Jol et le Gallois Mark Hughues occupent les six premières places du classement des entraîneurs les plus performants de la Premier League, il y a suffisamment d?Anglais qui savent faire le métier pour que le onze de la Rose, véritable symbole d?identité, soit exemptée à son tour d?une mondialisation humiliante.

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