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Amnesty stigmatise les États-Unis

4 mai 2006, 00:00

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Les tortures et les traitements inhumains sont “courants” dans les centres de détention sous contrôle américain en Afghanistan, en Irak, à Cuba et ailleurs, même si Washington s’en défend, a estimé hier Amnesty International.

Dans un rapport à la Commission des Nations unies contre la torture, l'organisation de défense des droits de l'homme fait également état de mauvais traitements infligés dans le cadre du système pénal américain, tels le recours excessif à la force par la police et le maintien de détenus dans des conditions d'isolement inhumaines, dans les prisons haute sécurité.

“Des preuves continuent à nous parvenir de tortures et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants couramment infligés à des prisonniers détenus sous contrôle américain”, estime Amnesty dans ce rapport de 47 pages.

L'organisation note que Washington a cherché à imputer les mauvais traitements récemment mis au jour “à des soldats désobéissants et à un manque de surveillance”, mais elle juge quant à elle que ces dérives résultent des procédures et techniques d'interrogatoire validées en haut lieu.

“Non seulement le gouvernement des Etats-Unis ne prend pas de mesures pour éradiquer la torture, mais il crée un climat propice à la torture et aux mauvais traitements”, déplore le directeur général adjoint de la section américaine d'Amnesty International, Curt Goering.

La Commission des Nations unies sur la torture, dont les experts procèdent à un examen périodique des pratiques en vigueur dans les pays signataires de la Convention de l'Onu contre la torture, doit commencer vendredi à examiner le cas des Etats-Unis, pour la première fois depuis 2000.

Elle a fait savoir, en novembre, qu'elle chercherait à obtenir auprès des Etats-Unis des réponses sur les allégations selon lesquelles Washington dirigerait des centres de détention secrets à l'étranger et sur le pouvoir qu'aurait le président George Bush d'accorder une immunité pénale à des personnes accusées de tortures.

La commission veut également savoir si une note juridique émise en décembre 2004 à l'intention du cabinet du ministre de la Justice américain, réservant la torture à des actes de cruauté “extrême”, est compatible avec la convention internationale interdisant toute forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant.

Dans une note à la commission publiée à la fin de l'année dernière, Washington justifiait la détention de plusieurs milliers d'étrangers soupçonnés d'activités terroristes dans des prisons à l'étranger, et notamment sur la base de la baie de Guantanamo, à Cuba, en invoquant la “guerre contre le terrorisme”, toujours d'actualité.

L'image des Etats-Unis en matière de respect des droits de l'homme a été entachée par une série de scandales, parmi lesquels figurent les mauvais traitements infligés à des détenus aux mains des forces américaines en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo.

Amnesty cite par ailleurs une série d'incidents survenus ces dernières années aux Etats-Unis, dont des tortures infligées à des prisonniers aux mains des forces américaines, en soulignant que la condamnation la plus lourde infligée à leurs auteurs n'était que de cinq mois d'emprisonnement, soit la peine sanctionnant normalement, dans ce pays, le vol d'une bicyclette.

<B>© Le Monde 2006.

Distribué par

The New York Times Syndicate</B>

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