Publicité
Avinash Persaud expert en régulation bancaire
Par
Partager cet article
Avinash Persaud expert en régulation bancaire
● <B>Pourquoi est-il nécessaire pour les banques centrales de se mettre au diapason de nouvelles règles de supervision ?</B>
La régulation bancaire est devenue vitale au bon fonctionnement de l’économie. De plus en plus, les banques prêtent de l’argent aux petites et moyennes entreprises qui sont le moteur même du développement économique. La supervision bancaire est devenue une affaire internationale. La régulation des banques à Maurice est davantage influencée par les normes de supervision internationale qui sont préparées à Bâle, en Suisse, par les principales économies du monde.
La question qui se pose est dans quelle mesure ce cadre de contrôle est convenable pour Maurice. J’ai développé des méthodologies pour rendre les règles internationales plus adaptables pour des pays en développement. Les économies émergentes n’ont pas un passé en termes de données comme l’exige la régulation internationale. J’ai conçu des méthodes de supervision sophistiquées qui ne nécessitent pas beaucoup de données.
Nous constatons aussi que la supervision internationale n’accorde pas assez d’attention aux considérations systémiques qui recouvrent les réalités économiques. Notre approche est de voir comment on peut contribuer au modèle de supervision pour s’assurer que ce tout le système financier de Maurice est en sécurité et non pas quelques banques seulement.
● <B> Dans quelle mesure les normes de Bâle II diffèrent-elles de celles de la première série de règles ?</B>
Bâle I et Bâle II sont deux séries de régulations complètement différentes. On ne peut pas les comparer. Bâle I était un ensemble de standard plutôt simple dont le but était d’encourager les banques internationales à opérer selon une plate-forme régulatrice commune. Les principes de Bâle II concernent le montant du capital que les banques devront mettre de côté en tant que tampon pour se prévenir contre certains risques.
● <B> La régulation bancaire coûte cher. Pensez-vous que les institutions bancaires des pays en développement sont disposées à soutenir les frais additionnels ?</B>
La conformité aux principes n’est pas le problème. C’est le type d’adhésion aux règles qui est la question pertinente. Bâle II exige un respect des codes de manière exhaustive. Les versions de supervision sur lesquelles j’ai travaillé sont moins coûteuses que le modèle de base. Elles demandent moins de ressources et de temps dans leur mise en application. Nous avons organisé un séminaire avec la Banque de Maurice pour voir dans quelle mesure les modes alternatifs que nous proposons peuvent être utilisés par Maurice et par d’autres pays du continent africain.
● <B>Le marché bancaire à Maurice est dominé par deux banques. Cela pose-t-il un problème sur le plan de la régulation ?</B>
S’il y a un nombre restreint d’opérateurs bancaires qui ont une grande influence dans le système, le régulateur aura tendance à les soumettre à une certaine forme de surrégulation. Cela risque de limiter leur capacité à innover et à réduire les forces de la concurrence sur le marché.
Par ailleurs, il se peut que le régulateur n’ait pas accordé suffisamment d’attention aux risques systémiques qu’une telle situation peut poser. Je ne dis pas que tel est le cas à Maurice. Je pense que le secteur bancaire à Maurice a été très bien géré jusqu’ici. Il faut toutefois s’assurer qu’on est prêt à affronter les défis à venir.
<I>Propos recueillis par</I> Akilesh Roopun</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents