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Taxidermiste, un métier qui se meurt
Autrefois, tout le monde suspendait une tête de cerf empaillée au mur de sa véranda. Aujourd?hui, les choses ont changé. Toutefois, cet art de conserver l?apparence de la vie, continue à fasciner des gens, mais sans pour autant les pousser à investir dans des animaux empaillés.
Mais le véritable coup de massue à la profession a été l?interdiction de l?importation d?animaux empaillés, imposée par les services de douane d?autres pays. Du coup, les touristes, qui représentaient le gros du marché, n?achètent plus ces produits.
Aujourd?hui, la taxidermie agonise, mais il y a encore des gens qui continuent à exercer ce métier. Mohammad Ali Dina Bhugeloo, dit Baboo, est de ceux-là. Son atelier est perché au premier étage de sa maison à Bois-Chéri, Moka.
<B>Boucher pendant la saison de chasse </B>
?Depuis trois à quatre ans, les ventes ont chuté de 100%. Auparavant des touristes réunionnais, japonais et taiwanais montraient un grand intérêt pour les animaux empaillés. Mais ils n?en achètent plus. Aujourd?hui, je dois me fier uniquement au marché local?, explique Baboo.
Pour assurer sa survie, le taxidermiste se transforme aussi en boucher pendant la saison de la chasse aux cerfs, de juin à septembre. Durant ces quatre mois, il fait aussi d?une pierre deux coups : il peut se procurer facilement de têtes de cervidés à être empaillées.
Baboo empaille aussi des oiseaux, des poissons, des requins, des queues de marlin, entre autres. Il garde précieusement dans son atelier un jeune léopard empaillé. ?Ce léopard est mort à Casela. Je l?ai eu grâce à mes bonnes relations?, confie-t-il.
<B>Même un chien</B>
Il y a aussi dans son atelier suspendues deux têtes de cervidés rares, un daim et un oryx. ?C?est des fois un métier très exigeant, à déconseiller aux âmes trop sensibles. Un client peut venir avec un chien mort et me demande, de l?empailler. Je dois vider les entrailles de l?animal et l?empailler en l?espace de 24 heures après l?heure du décès. Au cas contraire, la carcasse se décomposera et il sera trop tard?.
Agé de 55 ans, Baboo a démarré dans le métier très jeune. Il a emboîté le pas à son père, Adam. Malgré l?avenir incertain des taxidermistes, il initié son fils, Mamoon, un étudiant de 16 ans à ce métier. ?Ce travail représente toute ma vie. Je ne peux l?abandonner et je peux même dire que je veux que mon fils devienne aussi taxidermiste, même s?il doit exercer parallèlement un autre job?.
Baboo se souvient encore du jour où son père a empaillé un empereur de 1 400 livres. Il a été exposé au Canada.
Le taxidermiste utilise des produits importés de France. L?animal empaillé doit être préservé de l?ardeur du soleil et de l?eau pour éviter toute détérioration.
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