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Le secteur sucre pourrait récolter un quota dopé

2 mai 2006, 00:00

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L?industrie sucrière mauricienne aura la possibilité d?augmenter ses exportations vers l?Europe pour l?exercice 2005-2006. Même avant la baisse de 36 % du prix garanti en 2009-2010, St-Kitts annonce son incapacité à satisfaire son quota européen. De fait, le groupe consultatif sucre des ACP se rencontre aujourd?hui pour redistribuer ce quota d?environ 15 500 tonnes.

?Maurice est en mesure d?obtenir quelque 3 200 tonnes?, affirme la diplomatie mauricienne qui sera présente à la réunion du groupe consultatif sucre ce mardi sous la présidence de l?ambassadeur George Bullen, des Etats Caraïbes. Ce volume s?ajoutera au quota de 491 000 tonnes que Maurice exporte déjà vers l?Union européenne.

Dans la foulée, commente un analyste bruxellois, certains de ce groupe de 18 Etats ACP exportateurs de sucre dégraisseraient davantage aux prochaines étapes de la baisse. En effet, la réduction du prix démarre à 5 % en 2006-2007 pour atteindre 36 % en 2009-2010. Logiquement, ce sont les producteurs les plus inefficients qui subiront les contrecoups drastiques.

Dès 2005, St-Kitts donnait des signes d?essoufflement. Ses frais d?usinage ne permettent pas à l?industrie de joindre les deux bouts. Ces coûts de production élevés touchent également les autres Etats producteurs dans cette région du globe. ?Avec une réduction de 36 % des revenus sucriers, des pays comme Trinidad et la Barbade se retrouveront dans la même situation. Ils seront probablement obligés de cesser la production. Déjà, on réfléchit sur la suite à partir de 2009?, commente un membre influent des ACP au sein du groupe.

<B>De puissants interlocuteurs</B>

Face à des producteurs des Caraïbes, Maurice, avec un coût de fabrication dit intermédiaire, dispose d?une marge de man?uvre. Cependant, quand les pays les moins avancés auront libre accès au marché européen, la donne penchera en leur faveur au vu de leurs frais de production inférieurs.

Qui plus est, la concurrence viendra des PMAs qui sont également membres du bloc ACP à l?instar de la Tanzanie, le Malawi, l?Ethiopie, le Zimbabwe et le Swaziland. Ces pays de l?Afrique australe joueront sur le marché avec un avantage de coût de production moindre que l?industrie mauricienne. De fait, l?obligation de réformer notre industrie sucrière pour produire à un coût bas, est plus que jamais pressante.

Toujours dans le contexte de baisse du prix garanti, de nouveaux interlocuteurs, dans le secteur sucrier européen, plus puissants, prennent forme. Ainsi, trois acteurs dans la commercialisation du sucre, Cristal Union (France), Nordzucker (Allemagne) et ED&F Man (Grande-Bretagne) se regroupent, à part égale, au sein d?une filiale commune, Eurosugar. L?opération a été soumise à l?examen des services de la Commission européenne sur la concurrence le 22 avril dernier.

Entité dont le siège social se trouvera à Paris, Eurosugar commercialisera quelque 2,5 millions de tonnes de sucre. Elle sera le deuxième intervenant européen du secteur et prendra une part active dans le marché des sucres en provenance des ACP et des PMAs. Au sein de la diplomatie mauricienne, on ne s?étonne pas outre mesure de ce regroupement. Il est plus que jamais question que toute la chaîne du sucre tombe sous une unique entité, de sa production à la commercialisation.

?Pour les trois partenaires, la création d?Eurosugar représente un pas décisif dans le cadre d?une stratégie d?avenir qui rapproche 21 000 producteurs de betteraves dans les régions de culture les plus compétitives d?Europe, et répond aux grands bouleversements qui s?annoncent avec le nouveau règlement sucre?, commente le président du Conseil de surveillance de Nordzucker, Ulrich Noehle.

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