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Le gouvernement de Prodi déjà en difficulté en Italie

1 mai 2006, 00:00

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Romano Prodi, certes prévenu de la difficulté de gouverner avec une faible majorité, l'a constaté avant même de nommer ses ministres : après sa courte victoire aux législatives des 9 et 10 avril, la gauche italienne s'est montrée incapable, vendredi 28 avril jusque tard dans la nuit, de faire élire ses candidats à la présidence des deux chambres du Parlement, aux premiers tours de scrutin.

C'est au Sénat que la bataille a surtout eu lieu. La gauche n'y détient qu'une courte majorité ? 158 élus contre 156 à droite et un élu indépendant ?, et doit compter sur les votes des sept sénateurs à vie. Mais, à en croire les intentions de vote déclarées, son candidat, le sénateur Franco Marini, 73 ans, devait l'emporter. Or, cinq voix lui ont manqué pour obtenir la majorité absolue lors du premier vote, vendredi matin. Le résultat du second scrutin, qui donnait la victoire, a lui été annulé du fait de l'invalidation de bulletins marqués "Francesco" Marini, au lieu de Franco. Et le nouveau "second tour", peu avant minuit, a échoué d'une voix - un bulletin rédigé au nom de "Marini Francesco" ayant été annulé. L'élection devait finalement avoir lieu samedi matin, la majorité simple suffisant désormais.

Ces erreurs orthographiques ont été interprétées comme "un message", une mise en garde à Romano Prodi, chef d'une coalition hétéroclite qui va des centristes catholiques aux communistes. Si lui s'est refusé à tout commentaire, des membres de sa coalition s'avouaient consternés de ce "double jeu", tandis que la droite criait victoire."Ils ont démontré qu'ils étaient divisés et sans une majorité structurelle pour pouvoir gouverner", a affirmé le président des sénateurs de l'Alliance Nationale (droite), Domenico Nania. D'autres responsables du centre-droit ont jugé impossible d'accorder l'investiture à Prodi, car il ne pourrait garantir la stabilité politique du pays.

L'élection des présidents des deux chambres du nouveau Parlement est "un vote de confiance" avant l'heure pour Romano Prodi, avait souligné vendredi le quotidien économique Il Sole 24 Ore. Or même à la Chambre des députés, où la gauche a une confortable majorité de 348 élus sur 630, son candidat, Fausto Bertinotti, 65 ans, chef du Parti de la Refondation communiste, n'a pas non plus été élu à l'issue des trois tours organisés vendredi.

© Le Monde 2006. Distribué par The New York Times Syndicate

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