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Pour une meilleure représentativité de la population générale

1 mai 2006, 00:00

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La sous-représentativité des membres de la population générale dans plusieurs secteurs du pays a dominé les interventions du premier congrès de l?Union chrétienne (LUC), hier. Au collège St.-Marys, les dirigeants de cette organisation ont déploré ce fait devant un peu plus d?une centaine de personnes. Le président, Benjamin Moutou, a estimé la foule à 2 000 personnes.

D?où le fait que LUC compte désormais être un interlocuteur privilégié du gouvernement. Et pas seulement à ?la veille des élections?, comme d?autres le font. Pour Benjamin Moutou, ?cette communauté est dans la boue et nous serons son porte-parole. Nous n?avons pas d?acquis et nous devons nous battre pour nos droits?.

C?est ce même esprit qui a animé les autres interlocuteurs. Un des dirigeants et membre du comité exécutif, Armand Maudave, relève que la population générale, qui compte 400 000 membres, est la deuxième composante la plus nombreuse de la population.

Selon lui, même si dans l?esprit de la Constitution toutes les communautés doivent être ?adequately represented?, tel n?est pas le cas pour la population générale. A l?Assemblée nationale, au Conseil des ministres ou au sein des organismes para-publics, la population générale est vraiment sous-représentée. ?A travers le système de best loser, nous arrivons seulement à avoir deux ou trois représentants alors que nous pouvons avoir 21. Nous n?avons que quatre ministres alors que nous aurions dû en avoir au moins six.?

L?espoir, d?après lui, repose sur la représentation proportionnelle. Benjamin Moutou abonde dans le même sens. Il estime que le découpage électoral apporte également un ?déséquilibre? : ?A titre d?exemple, à Rivière-Noire, où nous avons un plus grand nombre de chrétiens, le fait que cette région soit couplée à d?autres circonscriptions entraîne qu?il y a moins de candidats chrétiens, diminuant ainsi la possibilité de se faire élire. Il nous faut amender la Constitution pour corriger ce découpage électoral.?

L?autre sous-représentativité se trouve au sein de la fonction publique. Armand Maudave relève que sur 70 000, fonctionnaires, moins de 3 % sont de la population générale. ?Les postulants de la population générale ne sont pas choisis comme il le faudrait. D?où la nécessité d?un tribunal d?appel pour permettre aux chrétiens qui se sentent lésés, bien que qualifiés, d?y avoir recours.?

Cependant, il reconnaît que peu d?enfants de la ?population générale brillent aux examens du School Certificate et Higher School Certificate. C?est une évidence. Il faut que nos enfants apprennent au lieu de faire autre chose?.

Ce Civil Service Appeal Tribunal serait également un soulagement, estime Benjamin Moutou : ?En cas de litige avec la Public Service Commission, le recours reste la cour. Et cela peut revenir très cher à la personne qui se sent lésée. Cela peut coûter quelque

Rs 250 000 à Rs 300 000.? Il dit connaître un chrétien, détenant un doctorat, qui a postulé dans la fonction publique mais dont la candidature a été rejetée.

La réforme du système éducatif proposée n?est pas non plus au goût de LUC. Benjamin Moutou annonce sa décision d?envoyer au gouvernement un mémoire sur l?éducation. LUC avait d?ailleurs fait sa première sortie officielle en février pour prendre position sur la nouvelle formule d?admission dans les collèges. Cette organisation s?était élevée contre le principe des collèges nationaux et le système de A + proposé.

Benjamin Moutou a soutenu que ce système favorise ?seulement les aisés. C?est trop injuste. Nous avons un think tank. Pour nous, il est essentiel, qu?il y ait une réforme complète et non partielle?.

Apolitique

Il ajoute que : ?Il faut encore que les parents puissent payer des leçons particulières. L?enfant qui vient d?une famille modeste est exclu au départ. Et comme l?éducation offre un puissant moyen de promotion sociale, nous ne pouvons passer sous silence cette réforme.?

L?éducation a fait partie d?une des dix résolutions votées par acclamation, hier. Une des autres résolutions portait sur le changement de l?article de la Constitution relatif au découpage électoral.

Armand Maudave trouve aussi que ?malgré le fait qu?un bon nombre de ces 400 000 paient les impôts et produisent des biens et services pour le pays, cette communauté a le sentiment d?être rejetée?.

LUC ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. Elle entend mobiliser ses troupes par un congrès et des réunions pour mieux défendre la cause des chrétiens. Elle veut surtout être apolitique. D?où le fait que malgré la présence du ministre Etienne Sinatambou, celui-ci n?a pas été invité sur la plate-forme?

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