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Dansez maintenant !

30 avril 2006, 00:00

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«Poésie visuelle, poésie vivante » Les mots choisis par le danseur et chorégraphe Sandhip Bhimjee pour décrire la danse, sont éloquents. Cet art fait appel aux sensations, aux émotions. Il s?exprime dans le geste, tantôt lent et sensuel, tantôt rapide et trépidant. Il est le langage du corps intemporel qui a traversé les âges, qui reste présent depuis la nuit des temps. La danse nous accompagne à chaque pas que nous faisons, elle change, se transforme, mute et s?inscrit dans le monde que nous créons et recréons.

Faire plaisir aux sens devient la raison principale de son existence, de sa pratique. La danse possède de multiples facettes et se décline en plusieurs formes. Graciles ballerines ou danseurs effrénés de hip hop, ils sont tous porteurs de messages. La différence réside dans la technique. Les émotions transpercent les mouvements car la danse est libératrice. Elle « crée un décor invisible et prend possession de l?espace », explique Sandhip Bhimjee.

La danse entraîne dans son sillage des bienfaits psychologiques et physiques. Elle peut être un sport, un moyen de détente pour se libérer l?esprit? Bref elle aide à « se sentir mieux dans sa peau » pour reprendre les mots de Mala Sumputh, directrice de l?Empire Gym où sont dispensés des cours de danse du ventre et d?aérobic.

Tout le monde est danseur

Les jeunes en ont pris conscience et en profitent. Il n?y a qu?à voir les boîtes de nuit qui sont pleines à craquer et où ils se laissent aller au rythme de la musique assourdissante, la techno, la house, le RnB. Pas de règles à suivre, pas de chorégraphie à retenir. Pour Sandhip Bhimjee tout le monde est danseur. « Dès que quelqu?un est en mouvement, il devient danseur. Un peu de grâce et de rythme et cela devient un mouvement de danse. »

Mais ce n?est pas tout rose pour autant. « La danse professionnelle à Maurice est l?enfant pauvre qui devient de plus en plus pauvre ». Cri du c?ur de Jean-Renat Anamah, qui trouve que cette discipline, en comparaison avec d?autres expressions artistiques, souffre d?un manque d?encadrement. « Elle semble être reléguée au second plan et pourtant, la danse a été le langage premier, le premier art universel », indique ce dernier qui pense, par ailleurs, que la danse tel qu?elle est pratiquée aujourd?hui, surtout dans les hôtels, sert plus comme « entertainment et conserve un côté exotique pour la clientèle mais manque parfois de professionnalisme ». Du côté de Sandhip Bhimjee, c?est le regret que les jeunes se laissent trop influencer par Bollywood. « Il y a finalement très peu de chorégraphes, les jeunes s?enlisent dans le plagiat, ils n?ont pas de patience ni de rigueur. »

N?empêche, Maurice semble s?ouvrir à d?autres horizons et donner la chance à d?autres styles. La danse du ventre, le hip hop, les rythmes brésiliens font, petit à petit, leur entrée. Cindy de l?école Mo Mam Twa confie que la popularité que connaît la salsa à Maurice s?est faite grâce aux influences venues de l?extérieur « Et les Mauriciens ont déjà le rythme dans la peau. Il fallait seulement connaître quelques pas. »

Ceux qui sont dans le milieu hôtelier, qui animent les soirées dans nos cinq-étoiles rappellent que la danse est aussi un moyen de vivre, de se frayer un chemin dans la vie. Pour Noah Françoise, directrice de l?école Mo Mam Twa spécialisée dans la formation des danseurs travaillant dans les hôtels, c?est une profession à part entière. « Elle garde un côté artistique, mais reste avant tout un métier qui permet de gagner sa vie. Beaucoup de nos danseurs dépendent de l?argent qu?ils gagnent grâce à ce métier. Cela ne veut pas dire qu?elle n?est qu?un outil, car ces danseurs ont une passion pour cette discipline. »

Même si les points de vue diffèrent, la danse continue son bonhomme de chemin, et utilise le même langage du corps.

S. A.

Le centre Ming Tek ou la petite note chinoise

Elle séduit par la profusion de couleurs, les accessoires qui sont utilisés comme les rubans et les éventails. Elle laisse sur son sillage une impression aérienne, le tout au rythme d?une musique pénétrante au son aiguë. La danse chinoise fait partie intégrante de nombreux spectacles culturels. C?est le centre Ming Tek, à Port-Louis, qui depuis 1980 fait la part belle à cet art. Les cours sont dispensés par Annie Wong, originaire de Chine.

En venant s?installer à Maurice, cette dernière a apporté avec elle tout son savoir de la tradition chinoise. La danse est chez elle, une histoire de famille.

Elle enseigne aujourd?hui des danses folkloriques aussi bien que les danses modernes. Ce qui est intéressant surtout, c?est que, derrière cette discipline, toute une culture se perpétue.

Si vous appréciez la danse chinoise et aimeriez en savoir plus, contactez le centre sur le 212.62.50. Les nouveaux adhérents doivent néanmoins avoir au minimum huit ans.

« Art Academy » : entre Orient et Occident

Chez Art Academy, l?ambiance est à la fusion. On peut dire que Sandhip Bhimjee et Anna Patten ont apporté un nouveau souffle à la danse avec leur style depuis qu?ils ont ouvert leur école. Danse traditionnelle indienne et danse contemporaine s?y côtoient et dans les deux cas, la base est le katak, danse classique du nord de l?Inde. Une fois que cette discipline est maîtrisée, l?étudiant peut intégrer ce que le professeur appelle « l?unité de production » qui est en quelque sorte, le laboratoire où l?on travaille sur des chorégraphies plus élaborées, sur des créations. Le truc en plus de cette école située à Quatre-Bornes, c?est que débutants et chevronnés y trouvent leur compte. Pas nécessaire de posséder quelque atout particulier pour apprendre à danser, si l?on en croit les professeurs. « Ce qui compte c?est aimer la danse et vouloir progresser », assurent-ils. Les danseurs d?Art Academy sont souvent sollicités dans les spectacles. On les a vus dans Ti Mambo, par exemple et leur réputation n?est plus à faire. Si vous voulez lâcher la bride de votre fantaisie et entrer dans la danse, n?hésitez plus. Art Academy, 107, avenue Sodnac, Quatre-Bornes, Tél. : 454.20.04.

« Belly Dancing », la sensualité à fleur de peau

Discipline assez nouvelle à Maurice, la danse du ventre est de plus en plus populaire. Elle trouve ses origines au Moyen-Orient et dans les pays arabes et est considérée comme l?une des plus vieilles danses du monde. Elle est avant tout une danse qui célèbre la féminité et la sensualité. Peu importe votre âge ou votre condition physique, vous pouvez vous y mettre. Les cours sont dispensés le samedi à l?Empire Gym, Quatre-Bornes, Tél. : 454.22.90.

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