Publicité
Une compensation salariale de Rs 718 souhaitée par les syndicats
Par
Partager cet article
Une compensation salariale de Rs 718 souhaitée par les syndicats
par Jean-Denis PERMAL
La plate-forme regroupant les principales fédérations syndicales du pays a adressé, hier, un mémoire au ministère des Finances dans lequel il réclame une compensation salariale de Rs 718. Cette plate-forme qui regroupe 13 fédérations et confédérations syndicales du pays a pris quatre facteurs en considération pour calculer le quantum.
Il y a d?abord le dernier Household survey du Bureau central des statistiques qui indique que les dépenses moyennes d?une famille se chiffrent à Rs 15 835. Les syndicats estiment que c?est dessus que la compensation salariale doit être calculée et non sur le salaire de base. Le paiement des dettes constituant le deuxième poste de dépense d?une famille, cet item doit aussi entrer en ligne de compte.
Les syndicalistes postulent, en outre, que la compensation salariale doit être uniforme pour tous les travailleurs. Quatrièmement, la plate-forme syndicale accepte le taux d?inflation de 5 % à condition qu?il soit utilisé sur les dépenses moyennes d?une famille pour calculer le quantum de la compensation salariale.
Rencontrant la presse, hier, Ashok Subron, porte-parole du front, a déclaré que les syndicalistes ont donné les détails du calcul : «D?après nos chiffres, le quantum devrait tourner autour de Rs 414. Il faut ajouter les pertes du pouvoir d?achat que nous évaluons à Rs 608 depuis le paiement de la dernière compensation. Dans un esprit de fair play nous ne réclamons que la moitié de la somme, soit Rs 304. Au total nous réclamons donc Rs 718», déclare le syndicaliste.
Contrôle des prix réclamé
Yousouf Sooklall, autre porte-parole du front, estime de son côté que la première tripartite de l?Alliance sociale doit refléter ce qu?elle a prôné lorsqu?elle était dans l?opposition : ces tripartites seront l?occasion pour le gouvernement de préciser sa position par rapport au souhait de la Mauritius Employers? Federation (MEF) de lier la compensation salariale à la productivité. «Nous allons demander au patronat de rendre public son mécanisme de contrôle de l?efficience des travailleurs.» Il réclame aussi une considération spéciale pour les travailleurs de la zone franche dont le salaire de base est de Rs 2 200.
Le président du Mauritius Labour Congress, Cassam Kureeman, déclare de son côté que le pouvoir d?achat des travailleurs continue à baisser et qu?il est urgent que le gouvernement vienne de l?avant avec un mécanisme de contrôle de prix. Il réclame aussi une considération spéciale pour les personnes âgées et handicapées.
Le premier round des négociations tripartites est prévu pour le 4 mai.
Six mesures pour réduire les dépenses de l?État
La Fédération des syndicats du service civil (FSSC) a adressé hier un mémoire au ministre des Finances, Rama Sithanen, pour réduire les dépenses de l?Etat. Toolsiraj Benydin, président de la FSSC propose moins d?embauche d?expatriés, d?«advisers», la réduction de leur salaire, l?arrêt de l?utilisation des véhicules de l?Etat par les «advisers», un contrôle accru de l?utilisation du téléphone, une réduction considérable des allocations des ministres et le recours aux compétences des ambassadeurs et fonctionnaires postés dans les représentations des habituelles missions à l?étranger. La FSSC suggère aussi l?introduction d?une taxe sur les publicités et les profits des corps para-étatiques. Pour améliorer le sort des fonctionnaires, le syndicat se prononce pour l?introduction d?un boni de présence, d?une «school allowance», l?exemption à l?impôt du remboursement des congés de maladie, du paiement des intérêts sur les emprunts pour la construction d?une maison ou l?achat d?un terrain, l?abolition de la «Road Tax», des frais d?enregistrement à l?achat d?une voiture de fonction et la publication du rapport du Pay Research Bureau chaque trois ans au lieu de cinq. «Nous souhaitons que le ministre des Finances accorde une attention particulière aux groupes les plus vulnérables et à l?endettement», dit-il. «Il ne faut pas non plus que la population soit appelée à serrer la ceinture alors qu?on continue à faire du gaspillage avec le recrutement des ?advisers?.»
Publicité
Publicité
Les plus récents