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La malédiction persiste

27 avril 2006, 00:00

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Quel est ce sortilège malfaisant qui frappe le badminton mauricien ? Les années passent, les dirigeants changent mais la situation reste inchangée. Cette discipline qui, autrefois, faisait vibrer tout un pays est devenue, aujourd’hui, sujet de polémique. Avec l’intervention des émissaires de la Fédération internationale de badminton en août 2004 pour tenter de trouver une solution au mal qui rongeait cette discipline à Maurice et l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante en juin dernier, on pensait que la situation allait s’améliorer. D’autant plus que le président de l’Association mauricienne de badminton (AMB), Ravin Sandrasagren, connaît bien le domaine pour avoir été lui-même joueur de haut niveau. Mais dix mois après, nous avons l’impression que nous nous sommes trompés. Au lieu d’essayer de remettre la discipline sur les rails, la nouvelle équipe a jusqu’ici accumulé les gaffes.

Si l’équipe actuelle a quand même le mérite d’avoir mis un terme aux guerres intestines qui avaient terni l’image du badminton, par contre, elle a été incapable, en tant qu’instance fédérale, d’imposer son autorité vis-à-vis de ses licenciés. En acceptant la démission de son entraîneur national, Annirao Dajee, elle a cédé à la pression des joueurs qui avaient réclamé son départ à la veille d’une compétition importante, soit les préliminaires africains de la Thomas & Uber Cup. Pire, elle a exaucé le voeux des joueurs sans même avoir trouvé un remplaçant au sélectionneur.

Diraj Gooneeadry et Mardeven Yagumbrum, tous deux membres de l’AMB, ont certes accepté de diriger les entraînements en attendant l’embauche d’un directeur technique national (DTN). Mais à quand l’arrivée de l’oiseau rare ?

Cela fait plus de deux ans que nous entendons dire que les démarches sont en cours. La nouvelle équipe, pour ne pas déroger à la règle, a entonné le même refrain.

L’AMB a également fait preuve d’amateurisme dans l’affaire Shama Aboobakar. En tant qu’instance suprême du badminton à Maurice, elle aurait dû avoir trouvé une solution acceptable et à la hauteur de la faute commise par la joueuse. Cette affaire prouve le peu de respect qu’inspire la fédération auprès de ses joueurs.

Comme pour jeter le l’huile sur le feu, le président de l’AMB, Ravin Sandrasagren, a attiré la foudre des représentants de la Fédération internationale de badminton (FIB). Il avait osé convoqué les représentants de la FIB, alors que ces derniers assistaient aux préliminaires de la Thomas & Uber Cup, pour rechercher des explications sur le fonctionnement de la Fédération africaine de badminton (FAB) et sur les activités organisées par celle-ci. Sandrasagren a fait mieux en se rendant personnellement au siège de la FIB à Kuala Lumpur pour critiquer le travail du secrétaire général de la FAB et membre du Conseil de l’instance internationale, Raj Gaya.

L’homme fort de l’AMB et son équipe ont, toutefois, oublié qu’ils ont été élus au sein de l’AMB pour faire progresser la discipline à Maurice et surtout pour l’aider à retrouver ses lettres de noblesse. Depuis leur arrivée en juin dernier, les activités sont pratiquement au point mort.

Depuis sa nomination en juin dernier, l’équipe de Sandrasagren n’a organisé que deux tournois nationaux, le MCB Junior en août 2005 et les Masters en décembre de la même année. Le MCB Junior qui devait se tenir durant les vacances de Pâques et qui figure au calendrier de l’AMB, n’a pas eu lieu. Quant aux seniors, une seule compétition nationale est à l’affiche pour l’année en cours, à savoir le Tara Republic Open. Vous avez dit sport de haut niveau !

Le seul crédit qu’on pourrait accorder à la nouvelle équipe dirigeante est l’organisation sans faille des éliminatoires de la Thomas Uber Cup et les Internationaux de Maurice en février dernier. Mais là encore, les honneurs sont partagés car le ministère de la Jeunesse et des Sports et la Fédération africaine de badminton étaient également des partenaires dans l’organisation de ces deux rendez-vous.

Ravin Sandrasagren et ses hommes n’en sont qu’au début de leur mandat. Espérons qu’ils sauront se ressaisir à temps pour éviter que le badminton ne soit plongé dans un profond coma...

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