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La grippe aviaire présente dans le Canal de Mozambique

27 avril 2006, 00:00

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Danger imminent. Madagascar n’est plus à l’abri de l’Influenza aviaire hautement pathogène (Iahp), plus connu sous l’appellation “grippe aviaire”. “Cette maladie aurait actuellement infecté la Mozambique qui se trouve à 400 kilomètres de la Grande île”, déclare le Dr Raymond, directeur de la santé animale et du phytosanitaire auprès du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (Maep).

C’était au cours d’un atelier de formation sur la grippe aviaire, à Fianarantsoa, la semaine dernière. “La maladie est transmissible à l’homme, c’est-à-dire zoonose, et les oiseaux migrateurs constituent un de ses réservoirs naturels”, ajoute-t-il. Or, l’ONG Bird life international indique que “près de 240 espèces migratrices passent par Madagascar”.

Le héron crabier blanc ou “fiandrivoditatatra”, les canards sauvages ou “soafify” s’avèrent être les espèces qui réunissent tous les critères pour devenir des vecteurs potentiels, à savoir la fréquentation des rizières, la circulation entre Madagascar et l’Afrique centrale et orientale.

Cependant, se voulant être rassurants, certains vétérinaires estiment que “les oiseaux migrant à Madagascar ne présentent qu’un risque insignifiant pour la santé humaine. Ainsi, la transmission de cette maladie par l’intermédiaire de ces volatiles, si elle n’est pas nulle, est très faible”. “Les espèces venant d’Afrique étaient déjà arrivées au pays en septembre, soit avant la découverte des cas de grippe aviaire en Afrique de l’Est”, continuent-ils.

En outre, les migrateurs africains présentent très peu de risques pour les oiseaux domestiques malgaches. Certains vétérinaires avancent même que “c’est plutôt l’importation de produits infectés, en provenance d’un pays infecté qui pourrait être à l’origine de la transmission du virus de la grippe aviaire H5N1 vers les oiseaux domestiques. Les cas humains de grippe de ce type pourraient aussi être la conséquence d’une contagion, lors d’un séjour dans un pays touché”.

<B>Des sentinelles sous haute surveillance</B>

Quoi qu’il en soit, la prudence est de mise. Actuellement, douze sentinelles de surveillance sont installées au niveau de certains lacs et deltas du pays qui sont considérés comme d’éventuelles portes d’entrée de la maladie.

Il s’agit de la baie d’Antongil, Sahoka, Alaotra, Tsarasaotra, Tsima-nampetsoka, Mangoky, Tsiribihina, Manambolomaty, Mahavavy, Kinkony, Ambavanankarana et la zone humide de Bongolava.

Au niveau des frontières, toute personne entrant sur le territoire et présentant des signes suspects du syndrome pseudo-grippal, est retenue et, si nécessaire, mise en quarantaine pour des soins intensifs.

Depuis l’apparition de la maladie sur le continent asiatique en 2004, l’importation de viandes et de farines à base de volailles est formellement interdite. De même, les conteneurs, entrant par voie portuaire, font l’objet d’une désinfection systématique.

Depuis quelques mois, tous les animaux à plumes, rapportés par les voyageurs débarquant à Madagascar, sont aussi mis en quarantaine d’office pour contrôle sanitaire. L’objectif est de prévenir d’éventuelles transmissions de la maladie aux voyageurs.

Diverses dispositions destinées à prévenir la grippe aviaire ont été prises par les autorités gouvernementales depuis 2004. C’est dans cette optique qu’a été élaboré le plan de lutte contre la pandémie et mis en place un comité national de pilotage de la lutte contre la grippe aviaire (CNPLGA).

Les recommandations de ce comité indiquent que les citoyens, en particulier les paysans, éleveurs, agriculteurs, chasseurs, sont invités à faire une déclaration auprès des autorités compétentes en cas de découverte d’oiseaux morts ou malades.

<B>Ne pas manger d’oiseaux morts</B>

Pour ce faire, ils auront à consulter les responsables des services vétérinaires publics ou privés, des centres de santé de base (CSB I ou CSB II), les postes de gendarmerie, la police, entre autres...

Le public est aussi appelé à ne manger ni toucher les cadavres d’oiseaux puisque la grippe aviaire est une zoonose, c’est-à-dire transmissible à l’homme. Et le plus important est d’éviter la cohabitation avec les animaux à plumes.

<I>L’express de Madagascar</I>

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