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Le tournant du 1er mai
Après un mois consacré à la mobilisation de leurs troupes en vue du 1er mai, les partis d?opposition ont certainement réalisé leur faible influence. Ils n?obtiennent pas le soutien qu?ils espèrent même si l?actualité leur fournit des thèmes qui galvanisent normalement les foules.
L?année dernière, l?alliance MMM-MSM attirait un millier de partisans au moins à chacun des meetings en salle à l?approche de la fête du Travail. Cette année, alors que les deux partis labourent le terrain séparément, ils ne rassemblent en moyenne que 200 personnes à leurs réunions d?échauffement. Pourtant, la réforme Gokhool et les allégations contre le ministre Dulull sont des munitions utiles pour eux. L?éducation et la corruption passionnent l?opinion publique. Dans un contexte politique différent, ces deux questions auraient suffi pour drainer des foules importantes.
L?accueil plutôt froid que lui réserve la population confirme donc le malaise dans lequel est plongée l?opposition. Le coup est particulièrement dur pour le MMM parce qu?il tombe de haut. Le MSM, lui, n?avait pas beaucoup à perdre car il avait touché le plancher en juillet 2005. La stratégie de la séparation lui donne, en vérité, un espace pour progresser, du moins pour quelque temps.
L?enjeu aujourd?hui est de préparer un programme d?alternance. A la place, les dirigeants des deux partis d?opposition s?étripent. Leurs différends ne portent pas sur les questions de fond. En vérité, ils partagent la même analyse sur bien des sujets. La nature de leur désaccord tient essentiellement à des enjeux de personne.
Au pouvoir, Paul Bérenger et Pravind Jugnauth pouvaient travailler harmonieusement parce qu?ils avaient une approche similaire sur les réformes à entreprendre. Ils privilégiaient le long terme allant jusqu?à donner l?impression ? notamment sur la question des pensions ? d?être déconnectés de la réalité immédiate. Dans l?opposition, ils se livrent à un combat qui est encore plus loin des préoccupations de leurs partisans. On le constate chaque soir.
Après sa débâcle de juillet, Pravind Jugnauth a estimé que le meilleur moyen d?occuper le terrain en régions rurales était de bâtir une campagne contre Paul Bérenger. Ce positionnement lui a valu un certain succès au départ. Il a mené une campagne qui ressemblait à celle des travaillistes dans l?opposition. La seule différence, c?est que ces derniers avaient mieux emballé leurs arguments en inventant le slogan sur la démocratisation de l?économie. Ainsi, si le PTr avait fini par incarner, aux yeux d?une large frange de l?électorat les valeurs de justice sociale et de progrès social le MSM, lui, a un avenir plus aléatoire.
Ce n?est guère mieux pour le MMM. Ce parti peine à recouvrer sa force de frappe et de mobilisation d?antan. Les 16 orateurs annoncés pour le meeting du 1er mai témoignent de son incapacité à se renouveler. Les groupes de travail qui devaient se mettre en place pour réfléchir sur un projet de société sont peu actifs. Certes, le MMM demeure une force potentielle dans le paysage politique mais il vit actuellement une phase critique.
Le PTr, de son côté, a de bonnes raisons d?espérer une forte affluence à son rassemblement. Il n?a pas organisé de réunions de mobilisation mais on peut supposer que sa cote de popularité n?a pas beaucoup varié depuis son triomphe électoral. De plus, le pouvoir donne au PTr des moyens additionnels d?attirer les foules.
Ensuite, il y aussi le parti d?Ashock Jugnauth. Avec ses ratés au démarrage, on ne peut pas dire qu?il commence sous les meilleurs auspices.
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