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Enjeux budgétaires
<B>Par Stéphane Saminaden</B>
À quelques semaines de la présentation du budget, le ministre des Finances, fidèle à son habitude, fait un diagnostic on ne peut plus juste des principales contraintes budgétaires et de leurs implications sur la croissance, le développement et la prospérité future du pays.
Son analyse est réconfortante à plus d’un titre même si elle dépeint un contexte extrêmement difficile. D’abord parce que jamais comme auparavant, le ministre des Finances place le problème du déficit budgétaire et de la dette publique comme le cœur de cible de son prochain exercice.
Ces dernières années, la réduction du déficit avait été présentée davantage comme une nécessité contraignante par rapport à d’autres objectifs, un bagage encombrant. La maîtrise du déficit et de la dette était présentée comme un objectif parmi d’autres. Cette fois, Sithanen en fait sa principale préoccupation. Tant mieux.
De plus, la stratégie qu’il balise pour atteindre son objectif paraît également faire l’équilibre entre la détermination et le bon sens. Même lorsqu’il évoque des décisions courageuses et difficiles, on croit pouvoir déceler dans le discours du ministre une volonté de ne pas aller jusqu’à prendre le risque de compromettre la croissance déjà faible.
L’option d’une augmentation de la pression fiscale semble ne pas être à l’ordre du jour dans la conjoncture. Une hausse de l’impôt direct ne rapporterait pas grand-chose tout en étant impopulaire et économiquement improductif.
Une augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) semble également peu probable. Lors des deux dernières augmentations du taux de TVA, l’expérience a montré que les revenus générés ont été inférieurs à ceux escomptés, car la TVA a tendance à ralentir la consommation. La TVA a également une incidence sur le coût de production des entreprises. Un élargissement de l’assiette à d’autres biens et services est toutefois une possibilité comme le suggère le Fonds monétaire international.
En fait, Rama Sithanen compte surtout sur le retour à des taux de croissance plus soutenue pour l’aider à combler le déficit et réduire le niveau d’endettement. Pour cela, il faudra encourager l’investissement privé et étranger. Mais des incitations fiscales seules ne suffiront pas. Le plus important est de fluidifier le processus d’approbation des projets et de revoir les lois du travail pour plus de flexibilité.
Ce sont des chantiers qui ne dépendent pas du budget et qu’on aurait dû avoir déjà commencé à entreprendre. Si la croissance ne repart pas, l’austérité risque à moyen terme de ne plus être un choix mais une nécessité.
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