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Rama Sithanen déclare la guerre à la dette

25 avril 2006, 00:00

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?Casser le cercle vicieux du déficit et de la dette.? Telle est la priorité du ministre des Finances, Rama Sithanen, à quelques semaines de la présentation de son premier budget. ?Le coût de n?entreprendre aucune réforme est beaucoup plus élevé que les inconvénients causés par la réforme. Des décisions courageuses et difficiles s?imposent. Plus nous prendrons ces décisions rapidement plus les bénéfices se matérialiseront rapidement. Vers 2008, soit dans deux ans, nous commencerons à voir les résultats de ces réformes.?

Le niveau du déficit budgétaire équivaut à plus de 5 % du produit intérieur brut (PIB). Si on y ajoute les pertes des organismes parapublics tels que la State Trading Corporation, le Central Electricity Board et la Wastewater Management Authority, le niveau du déficit approche de 7%, explique Rame Sithanen.

La dette publique s?élève à environ Rs 115 milliards, soit près de 70% du PIB. Le remboursement de la dette absorbe 25 % des dépenses courantes du gouvernement. Ce qui laisse moins de ressources pour l?éducation, la santé, la formation et l?assistance sociale.

La pression de la dette devrait augmenter encore l?année prochaine avec les dettes à court terme qui avaient été transformées en dette à moyen terme par l?ancien gouvernement, sans aucune provision pour le paiement des intérêts. ?La consolidation fiscale est une priorité. Une part trop importante de l?argent public va dans le remboursement. Si nous ne faisons rien, le déficit grimpera à 9 % et le service de la dette représentera 30 à 35% de nos dépenses courantes. Ce serait une situation insoutenable.?

Quand le service de la dette absorbe trop de ressources, le gouvernement est contraint d?emprunter pour financer d?autres dépenses. Quand le déficit augmente, le gouvernement emprunte davantage et a encore plus à rembourser. Le ministre des Finances compte jouer sur plusieurs tableaux pour casser ce cercle vicieux du déficit et de la dette.

Améliorer la collecte

D?abord en contenant les dépenses courantes. ?Le budget des ministères et départements n?augmentera pas plus que le taux d?inflation. Il n?y aura donc aucune augmentation réelle du budget?, indique Rama Sithanen.

Il souhaite ensuite arriver à une situation où l?Etat n?empruntera que pour financer le budget de développement et non pas pour financer le budget courant. ?L?investissement dans le budget de développement doit continuer. Il aurait été trop facile de réduire uniquement les dépenses au budget de développement?, poursuit le ministre des Finances.

Sur le plan des revenus, Rama Sithanen estime qu?il y a de la marge pour accroître les rentrées dans les caisses de l?Etat à travers l?amélioration de la collecte. La Mauritius Revenue Authority devrait y aider.

Un autre moyen d?accroître les revenus de l?Etat passe à travers une croissance plus soutenue. Pour stimuler la croissance, Rama Sithanen compte sur l?investissement privé, l?investissement étranger et l?ouverture de l?économie. ?L?économie du pays est déjà tournée vers l?extérieur à travers l?exportation et le tourisme. Avec la mondialisation, l?ouverture de l?économie n?est plus un choix mais une nécessité.?

Outre les contraintes liées au déficit public et à la dette, la baisse du prix du sucre, les difficultés du textile et la hausse du prix du pétrole, qui est autour de $ 75, sont les autres éléments de la difficile équation de Rama Sithanen.

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