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Du tonnerre !

22 avril 2006, 00:00

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Une époque peut être révolue, mais pas la mémoire. L?esclavage est sans doute, le crime le plus odieux contre l?humanité. C?est le point de départ de Terre d?Orages. Une adaptation d?une rare efficacité, mise en scène avec virtuosité, où chaque instant, le drame latent, menace d?éclater. Le drame, se joue dans les c?urs, et dans chaque sursaut, à chaque instant, la confrontation gagne en intensité. Le monde et les hommes, sont en perpétuel conflit. L?esclavage va être aboli. La soif de liberté prend le dessus sur tout. C?était hier soir, au Théâtre Serge Constantin, lors de la soirée de gala de Terre d?Orages.

Adapté du roman éponyme de Serge Ng Tat Chung, mise en scène par Tico Soopaya, ce drame ouvre des brèches. Avec des mots âpres et crus, qui cognent comme des pierres, des phrases douloureuses et aïgues, résonnent comme des cris de cauchemar. Dans ce spectacle poignant, Tico Soopaya retrace cette page sombre de notre histoire, et fait résonner, une quête, celle de la dignité. Entourés de comédiens dont l?intensité, ne faillit jamais, il évoque, à coups de gestuels, de phrases simples, ce manque d?humanité qui glace et qui révolte.

Comme dans la tragédie antique, il transforme intégralement le théâtre, en lieu de représentation. Le décor, celui d?une riche propriété, sépare les colons de leurs esclaves. Les habits sompteux des maîtres, contrastent avec les haillons de ceux qui leur sont asservis. Et derrière ces c?urs qui palpitent, qui ont soif de liberté, le narrateur s?interroge sur le sens même de la vie.

Et quand la scène s?agite, que l?orage gronde, des frissons d?angoisse vous parcourent l?échine. La confrontation est au seuil de la porte. L?île devenait une terre d?orages. Et dans se drame qui se joue et se noue sans cesse, point de répit. Si au loin, on entend le doux chant d?un oiseau, cet instant de bonheur est vite oublié, lorsque le «grand missié», son fouet et sa bouteille à la main, arrive pour faire régner sa tyrannie.

Vibrant dans l?obscure clareté de la scène, Fabien de Commarmond, incarne à lui seul, tous les maîtres colons dénués d?humanité. Terre d?Orages frappe les âmes, secoue les esprits et ne faillit à aucun moment. La pièce devient une formidable caisse de résonnance d?une époque que l?on voudrait n?avoir jamais existé. La pièce sera jouée jouée ce soir à 20 heures, et également les 26, 28 et 29 avril. Prix des places : Rs 200. Pour la matinée du 30 avril, prix des places Rs 150. Les matinées scolaires sont prévues à 9 heures et midi, le 27 avril, les 2,4 et 9 mai. Prix des places Rs 75. Billets à retirer sur le Rézo Otayô. Disponibles également avant chacune des représentations.

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