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Bérenger subodore la MCB derrière ?Progrès et Liberté?

11 avril 2006, 00:00

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A la mi-avril 1981, un groupe de citoyens, ayant plus ou moins milité précédemment dans les rangs d?Action civique, décide la création d?un mouvement, intitulé Progrès et Liberté dont l?objectif principal est de revaloriser la politique à Maurice et de lui redonner ses lettres de noblesse. Nous sommes encore mieux placés, en 2006, pour savoir combien un tel mouvement a toujours sa place au sein de notre marmite politique et combien salutaire pourrait être sa présence parmi nous, aujourd?hui encore.

Parmi ses fondateurs et promoteurs, figurent Germain Comarmond, Pierre Dinan, Philippe A. Forget, Mervyn North-Coombes mais surtout Philippe Blackburn, le P.R.O. de l?établissement sucrier de Bel Ombre, que dirige alors Christian Couacaud. Il est surtout connu pour présider aux destinées de l?Association des contribuables de Maurice et pour avoir été une des chevilles ouvrières de la journée de résistance citoyenne de juin 1979, ayant obligé Veerasamy Ringadoo à présenter, à trois reprises, cette année, son avant-dernier budget national.

?Progrès et Liberté? ne vient pas les mains vides devant l?opinion publique mais lui présente une analyse critique et surtout chiffrée du programme gouvernemental MMM/PSM.

Il se présente comme un groupe de pensée et d?action politiques, voulant agir sur les partis existants, tout en incitant l?opinion publique à réfléchir sur les options qui lui sont présentées. Il se défend d?être une 3e force politique, à laquelle il ne croit pas. Il n?exclut pas que certains de ses membres s?engagent dans la politique électoraliste de l?un ou l?autre bloc politique en présence. Le PMSD est même intéressé à pouvoir compter sur l?apport dynamique de l?ami Philo. Progrès et Liberté veut s?attaquer prioritairement à ce qu?il appelle le ?mal mauricien? dont le chômage et l?énorme dette extérieure du pays. Il veut empêcher les citoyens à demeurer passifs devant le ?vampirisme politique, partisan et démagogique?.

Le MMM est le premier parti politique à s?attaquer, avec sa virulence habituelle, au nouveau venu dans l?arène politique. Il n?hésite pas à le surnommer Coombes et Compagnie. Plus grave encore, il subodore la présence de la Mauritius Commercial Bank derrière le mouvement Progrès et Liberté, allégation que démentira aussitôt cette banque. Celle-ci fait alors la une de l?actualité parce qu?elle installe le premier escalier roulant (escalator) de Maurice, au rez-de-chaussée de son nouveau siège social de la rue Royale, Port Louis. On ne compte plus le tout venant comme les bureaucrates des secteurs ; tant privé que public, venant essayer le nouvel escalator, sous prétexte de démarches bancaires.

Les choses ne s?améliorent pas au sein du MMM de Paul Bérenger qu?irritent profondément deux remarques du député encore mauve Jean Claude Bibi. Celui-ci s?en prend au dictateur malgache, Didier Ratsiraka, à qui il reproche vertement d?abandonner ses options socialistes pour se rapprocher de la France de Valéry Giscard d?Estaing. Le camarade Lolo Bibi regrette aussi que s?améliore l?état de santé du président états-unien, Ronald Reagan, qui vient d?être victime d?un attentat à l?arme à feu. Les remarques de Bibi sont jugées ?intolérables? par Paul Bérenger qui promet que ?les choses ne s?arrêteront pas là?. Et quand l?ami Paul promet?

L?actualité politique d?avril 1981 est marquée par la rentrée parlementaire et par l?incontournable discours du trône annuel, indiquant de façon très évasive les priorités gouvernementales pour l?année en cours. Anerood Jugnauth, successeur de Seewoosagur Ramgoolam au poste de Premier ministre, tord le cou à cette tradition parlementaire séculaire. En butte, depuis octobre 1982, à un conflit larvé Bérenger versus Kader Bhayat, attisé par Harish Boodhoo et qui divise son gouvernement nouvellement étrenné, il ne prend pas le risque d?un débat sur un discours du trône pour l?année 1983, pouvant ne pas rallier une majorité parlementaire, malgré le 60-0 du 11 juin 1982, le premier de l?Histoire mais malheureusement pas le dernier. La suppression, en mars 1983 de la tradition du discours du trône annuel passe d?autant plus comme une lettre à la poste que ce long et laborieux exercice au parlement n?a guère d?importance, compte tenu du fossé séparant la réalité des promesses gouvernementales. La présentation du budget annuel, en revanche, a tendance à devenir plus significatif, du moins pour les hommes d?affaires.

Notons, pour la petite histoire, que le discours du trône 1981 propose un rajustement structurel économique (pour ce que cela veut dire). L?agriculture revient au centre des préoccupations économiques après une longue période d?industrialisation. De nouveaux certificats de développement sont censés encourager l?investissement dans des projets agricoles. Le gouverneur général Dayendranath Burrenchobay promet un effort particulier en faveur des logements sociaux. Notons aussi que la mise en pratique du projet d?irrigation des plaines du Nord commence dans la région de Triolet.

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