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?Notre force c?est notre famille?
Ce vendredi, l?express a honoré les boxeurs Bruno Julie et Giovanni Frontin, aussi bien que l?athlète Stéphan Buckland, comme ses sportifs du mois de mars. Vous devez être fiers d?eux ?
Bien sûr que je le suis. Je leur dis : chapeau pour vos médailles d?argent aux Jeux du Commonwealth. Je dis aussi bravo à Richarno Colin, qui s?est arrêté en 8es de finale à Melbourne. Il n?a que 18 ans et il a un bel avenir. En tant que président de l?AMBA, je tiens à dédier ces deux médailles à toute l?île Maurice.
Soyez franc. Ces résultats ne vous ont-ils pas surpris ?
En toute franchise, je croyais dur comme fer que nous allions revenir de Melbourne avec une médaille au moins. Je l?avais d?ailleurs dit avant notre départ. Notre simplicité, notre préservérance, notre sens de la discipline sont les élements qui nous ont fait gagner en confiance. A l?AMBA, tout le monde a cru dans la capacité de nos boxeurs et nos entraîneurs et cela a porté ses fruits. Ils ne sont pas les seuls, car nous avons également bénéficié du support du ministre durant son cours passage, de son Secrétaire permanent, du Desk Officer du ministère, des membres du CNOM et de la délégation mauricienne en Australie. A tout ce monde je dis merci.
Le facteur déterminant pour les résultats a été, semble-t-il ? et Giovanni Frontin l?a souligné ? la longue période de préparation en Afrique du Sud et au Botswana ?
Oui, il faut le souligner. Ces 21 jours de stage et les compétitions en compagnie des amis de la zone 6 nous a fait du bien. De même nous avons été de la première délégation qui a mis le cap pour Melbourne, ce qui nous a permis de nous acclimater. Et une fois là-bas, nous avons remis les gants en compagnie de nos amis de la zone 6. Ce sérieux dans la préparation a définitivement payé. Tous les pays qui ont fait ces stages en commun ont obtenu des médailles, soient l?Afrique du Sud (1 or, 1 bronze), la Namibie (1 or), Maurice (2 argent), le Lesotho (1 argent) et le Botswana (1 bronze). Au classement final pour la boxe, Maurice termine 7e sur 46 pays. En Afrique, nous nous classons troisième sur 10 pays, juste derrière l?Afrique du Sud et la Namibie. C?est un exploit pour un petit pays comme nous. Tout ça, comme vous dites, c?est grâce à ces stages et j?en profite pour remercier, une fois encore, le ministère qui a cru et investi en nous. Ils ont récolté les dividends.
Vous parlez d?exploit pour un petit pays comme nous. Puis-je vous rappeler que nous avons, assez souvent dans le passé, ramené des bons résultats en boxe ?
Lorsque Bruno Julie et Giovanni Frontin sont parvenus en demi-finales de leurs catégories respectives et qu?ils étaient alors assurés du bronze au minimum, c?était déjà un exploit. Je m?explique. C?est la première fois aux Jeux du Commonwealth que la compétition débute en 16es de finale. Aux Jeux précédents, on a débuté en 8es. Il y avait 25 entrées dans la catégorie de Julie, le 54 kilos, et 28 dans celle de Frontin, le 60 kilos. Ils ont donc fait mieux en enchaînant tous les deux un quatrième succès dans la compétition pour se hisser en finale. C?est un parcours difficile et pour moi ces médailles d?argent valent leur pesant d?or. La compétition était d?un niveau très elevé, qui se situe, à mon avis, juste après les Jeux olympiques. D?où l?exploit.
Il faut également reconnaître, il est vrai, que cela faisait longtemps que nous n?avions pas recueilli un tel résultat sur le plan international. J?en suis au début de mon mandat et j?ai prôné un travail de continuité. Nous avons tous mis la tête ensemble pour bosser. C?est, sur un plan personnel, un grand accomplissement.
?La boxe exige une préparation spécifique avant chaque compétition d?envergure. Tant que nous pourrons aborder les compétitions internationales avec ce sérieux, nous ferons souvent honneur au pays?
Que faut-il faire pour s?assurer que ce genre de résultat soit obtenu un peu plus souvent ?
Il n?y a pas de secret. Il faut beaucoup travailler, beaucoup se sacrifier et surtout, avoir le plus de frottements possible avec les meilleurs au niveau international. Notre drame, c?est que nous sommes isolés géographiquement. C?est un désavantage, sur le plan financier, de devoir tout le temps aller vers les autres, mais c?est le prix à payer. La boxe exige une préparation spécifique avant chaque compétition d?envergure. C?est une nécessité. Tant que nous pourrons aborder les compétitions internationales avec ce sérieux, nous ferons souvent honneur au pays.
Vous êtes désormais condamnés à bien faire. Vous êtes attendus au tournant?
C?est vrai. Mais je le répète, il nous faut nous donner les moyens. Il faut que l?Etat continue à croire en nous et n?hésite pas à investir sur nous. Je suis content que le gouvernement mauricien ait reconnu nos deux boxeurs et l?entraîneur national Jean-Claude Nagloo en leur offrant une récompense en argent.
Parlez-nous des prochaines compétitions.
Nous aurons les Jeux de la SADC pour les -19 ans en juin en Namibie. En 2004, nous avions remporté deux médailles d?or, une d?argent et une de bronze à ces Jeux. Il nous faut continuer sur la lancée et nous espérons pouvoir envoyer six boxeurs, deux entraîneurs et un chef de délégation à cette compétition. C?est important que nos jeunes talents puissent également s?exprimer. En juillet, les Seychelles vont renouer avec la President?s Cup, une compétition qui réunira environ 15 pays. Le plus important, ce que nous aurons les 1ers Championnats de la Francophonie à Maurice en octobre. Là il va falloir avoir une bonne préparation pour faire bonne figure. Nous pensons donc tenir un stage de deux semaines avec des compétitions chez nous en septembre avec l?Inde, le Kenya et le Sri Lanka. Pour l?avenir, nous allons considérer une participation au ARAFURA Games. Ces Jeux se dérouleront à Darwin en Australie du 12 au 19 mai 2007 et réunissent 38 pays autour de 23 disciplines olympiques et non-olympiques. Ce serait bien si Maurice pouvait y participer, car l?Afrique du Sud est pour l?instant le seul pays africain à y prendre part.
Y a-t-il eu des retombées de votre présence à Melbourne ?
Oui. J?ai assisté à plusieurs réunions en compagnie de Jean-Claude Nagloo et de Pierrot Noël. Ce dernier a fait les frais de son déplacement, ainsi que celui de son épouse, et ils ont été avec nous tout au long de l?aventure. C?était formidable. Cela dit en passant, Pierrot Noël a été élu président de la African Commonwealth Boxing Association. C?est la première fois qu?il occupe ce poste. Nous avons profité pour demander à ce que l?Afrique soit dotée d?un centre de haut niveau dans le sud. Le nord est doté du Centre de Tunis, mais ce sont surtout les pays francophones et maghrébins qui en profitent le plus. Ce serait trop beau d?avoir un centre similaire en Afrique du Sud ou à Maurice. Cette proposition mauricienne a été bien accueillie.
Vous allez sans doute me dire que l?avenir de la boxe s?annonce brillant. Dites-nous au moins pour quelles raisons ?
Au sein de la boxe mauricienne, notre force c?est notre famille. Nous ne faisons qu?un. Il y a un gros travail d?équipe. Avec les résultats des Jeux du Commonwealth, nous avons démontré ce dont nous sommes capables. J?ai confiance dans l?équipe technique, j?ai confiance dans les boxeurs, anciens et nouveaux, et j?ai confiance dans l?équipe qui m?entoure au sein de l?AMBA. Pour toutes ces raisons, je crois dans l?avenir de la boxe mauricienne.
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