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Basdeo Bissoondoyal, une plume hors pair

3 avril 2006, 00:00

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Ce mois d?avril 2006 doit être par excellence celui de la célébration du centième anniversaire de la naissance du professeur Basdeo Bissoondoyal (né à Tyack, Rivière-des-Anguilles, le 15 avril 1906). Cette chronique espère faire ?uvre utile en rappelant à ses lecteurs, les événements principaux de la vie et de l??uvre de cet éminent Mauricien, dont les qualités philosophiques et théologiques sont appréciées jusqu?à nos antipodes, même si rares sont les Mauriciens, y compris nos universitaires, à avoir une idée plus ou moins exacte de l?ampleur de sa bibliographie et du nombre de ses écrits publiés dans les plus doctes revues universitaires à travers le monde.

Pour retracer les principaux événements de la vie et de l??uvre prolifique de Basdeo Bissoondoyal, nous avons abondamment puisé dans le Promise to keep d?Uttama Bissoondoyal, dans la biographie du sage de la rue Vallonville, Port-Louis, rédigée par Moonindra Nath Varma, à l?usage des jeunes de l?île Maurice, ainsi que dans l??uvre de R. Jeetah, Sookdeo Bissoondoyal, Life and Times.

Basdeo Bissoondoyal voit donc le jour à Tyack, le 15 avril 1906. Son arrière-grand-père Viswanath et son épouse Biranjia, la fille de Runjeet, débarquent à Maurice en 1864. Il est un travailleur agricole engagé au service de l?industrie sucrière mauricienne. Il est employé par la famille Wilson qui possède, entre autres, Bénarès S.E. Son grand-père, Goodursingh, voit le jour l?année suivante.

Comme son père, il est employé comme travailleur agricole, avec tout ce que cela comporte de servitudes et de frustrations. Cela ne l?empêche pas de cultiver une passion pour la lecture de ce livre inspiré qu?est le Ramayana. Il lui enseigne, entre autres, les vertus de la tolérance et de la patience. Son épouse, la fille du sirdar Fully de Virginia S.E., partage ses convictions religieuses. Et c?est dans ce foyer de piété et de dévotion qu?en 1887 voit le jour Lutchmun le père de Sookrim, de Basdeo et de Sookdeo Bissoondoyal.

Afin de se libérer des servitudes inhérentes au statut de travailleur agricole d?un établissement sucrier, Goodursingh Bissoondoyal parvient à acquérir un terrain à Tyack sur lequel il construit une maison pour sa famille. Il essaye tant bien que mal de gagner sa vie comme cocher de carriole. Il se met aussi à apprendre la langue hindi. Plusieurs familles hindoues, jouissant d?une certaine aisance financière ou intellectuelle sont déjà installées dans les parages de Rivière des Anguilles. Parmi elles, on compte, par exemple, les Hookoomsingh, les Jesseramsing, les Ramlugun, les Ramjiansingh, les Ameeruddy.

Son épouse lui donne deux autres fils, en sus de Basdeo. Sookdeo, né le 25 décembre 1908, et Sookrim qui meurt prématurément en 1939. Espérant pouvoir gagner plus confortablement sa vie et celle de sa maisonnée, Lutchmun quitte Tyack pour Rose-Hill, permettant ainsi à ses enfants d?être scolarisés. Basdeo révèle très tôt des dons pour l?écriture, la lecture, le dessin ainsi que pour la prière. Il affectionne beaucoup les livres. Mais Rose-Hill n?est pas, à l?époque, assez industrielle et commerciale pour procurer à Lutchmun l?aisance qu?il souhaite pour lui et les siens. Il descend donc à Port-Louis où il s?installe, contraignant ses enfants à changer d?école.

Cela ne permettra pas à Basdeo d?accéder à l?enseignement secondaire mais ses qualités personnelles lui permettent, non seulement de continuer à s?instruire, mais encore de passer les examens lui donnant droit d?enseigner. Le nouvel instituteur enseigne d?abord dans la capitale, puis est muté au village flacquois de Saint-Julien. Il perfectionne aussi ses connaissances en hindi. En sus de ses occupations professionnelles, il se met à enseigner l?hindi sur une base volontaire aux enfants désireux maîtriser cette langue. Basdeo, à présent, maîtrise aussi bien l?hindi que l?anglais et le français. Il connaît la vie et l??uvre du Swami Dayanand et plus particulièrement son ?uvre maîtresse, Satyarth Prakash ou La Lumière de la Vérité.

La vie n?est pas aisée pour la famille Bissoondoyal à Port-Louis. Elle doit changer plusieurs fois de logements, passant successivement de la rue La Paix, à l?angle des rues Pamplemousses et Magon et à la rue Calicut. En 1920, la maison se trouvant dans cette rue doit être vendue à Hajee D.M. Vajid. La famille s?installe alors à la rue Abattoir. En 1924, elle doit se contenter de pouvoir louer deux chambres à la rue Saint-Denis. Dans cette rue, Manilal Doctor fonde l?Arya Samaj de Maurice en 1910. Elle abrite aussi les Hindustani Press qui publient le journal Hindustani. L?année suivante, le pandit Dharmasnala organise la célébration du centenaire de la naissance du swami Dayananda.

Les célébrations ont lieu dans le Dayananda Dharmashada, aujourd?hui connu comme l?Arya Bhavan. Un comité est constitué, dont Sookrim est le secrétaire général et Basdeo le trésorier. L?Arya Patrika, l?organe de l?Arya Samaj commence à publier les premiers articles de Sookrim en anglais, de Basdeo en hindi et de Sookdeo en français.

Basdeo pense de plus en plus à aller parfaire sa formation en Inde dont il connaît, chaque jour davantage, les multiples aspects de ses civilisations millénaires. Il connaît aussi la vie, l??uvre et le combat de Mohandass Karamchand Gandhi que ses compatriotes désignent de plus en plus comme leur mahatma. En 1933, c?est décidé Basdeo quitte Maurice pour découvrir la terre natale de son arrière-grand-père, l?Inde.

(à suivre)

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