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Rex Omar : Viva Africa
Des chansons incantatoires, des chansons implorations. Du mélange à l?état pur. Oui, cela existe. Du hip-hop mâtiné de jazz. De l?afro-cubain avec un air de zouk. De la salsa avec des percussions africaines. C?était mercredi soir, au concert de Rex Omar, au théâtre de Port-Louis, à l?initiative du Centre culturel Charles Baudelaire.
Un tour de chant ponctué par de percutantes introductions. ?Je ne veux pas être du Nigeria, je ne veux pas être de la Côte-d?Ivoire, je ne veux pas être de Maurice. Je ne veux pas de tout cela. Je veux être Africain. Tu as la mentalité des races, des langues, des tribus. Moi, je veux être Africain.? Un discours politique, engagé. Construit avec des mots simples. Qui ne s?embarrasse pas des tabous liés à l?argent, des considérations bassement matérielles et leurs dérives.
Un style qui aborde avec franchise les questions linguistiques. ?Je viens d?un pays anglophone, mon amour d?un pays francophone. Je parle anglais, je ne comprends pas français. Mon amour ne comprend pas l?anglais. Comment allons-nous faire pour causer ??
Des titres qui parlent sans fausse pudeur du corps, des désirs qui le tiraillent, de ses besoins, de ses pulsions. ?69 is my number, give it to me?, lance Rex Omar. Qui nous gratifiera, en duo avec sa choriste-danseuse d?une sorte d?équivalent du Je t?aime? moi non plus de Gainsbourg-Birkin.
Et si la maigreur de Rex Omar est à faire peur, elle est vite oubliée. Nos yeux se concentrent sur son costume de scène, à mi-chemin entre le danseur de hip-hop et le croque-mort? sauf qu?il est tout en blanc, avec des petits carreaux gris parsemés dessus d?une manière asymétrique. Et si sa langue n?est pas la nôtre, la barrière s?abolit d?elle-même. Ne reste plus que le rythme universel, le langage des percussions et du synthé.
Les signes du corps eux non plus, ne trompent pas. Que dire de la vigoureuse démonstration de la choriste et danseuse qui accompagne l?artiste tout le long de son tour de chant ? Sinon qu?elle nous aura tenus en haleine tout le long du concert. Toute la vitalité, la sensualité et l?expressivité du continent sont dans ses déhanchements qui font appel à tous les muscles de son corps, jusqu?au bout de ses longs ongles au vernis rouge éclatant.
Tous ceux qui font de la ?danse africaine? à Maurice ont des leçons à apprendre de cette choriste qui ne perd pas son souffle, malgré les paquets de sueur qu?elle enlève, de temps à autre de son front, pour les jeter à terre. Et si son léger costume a montré des signes de vouloir rejoindre les gouttes de sueur à terre, cela n?a fait qu?accentuer l?intensité de sa performance. Le chanteur lui s?est déhanché, s?est dépensé, a joué d?une guitare imaginaire. Avant de se faire chef d?orchestre robotisé. Maître d?un énergique divertissement.
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