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?Nous sommes là où il faut?

31 mars 2006, 00:00

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Propos recueillis par Jean-Hugues OLIVIER

● Les deux médailles d?argent obtenues ont dû dépasser vos espérances, n?est-ce pas ?

? Disons plutôt que notre objectif a été atteint. Nous voulions aller le plus loin possible dans la compétition. Nous l?avons fait et je suis évidemment très heureux. Nous sommes partis avec trois boxeurs. Richarno Colin a atteint les 8es, Bruno Julie et Giovanni Frontin la finale. Pour moi, c?est un deuxième exploit après 1998. Si nous sommes arrivés jusque-là, c?est également parce que nous avons eu une bonne préparation qui a commencé en 2005 avec la Coupe de l?océan Indien, les stages en Tunisie, les Jeux de la Francophonie et les Championnats du Commonwealth, entre autres. Les boxeurs ont été réguliers à l?entraînement et leur sérieux a payé.

Sur un plan personnel, je suis satisfait aussi que les stratégies mises en place à Melbourne ont marché jusqu?en finale. Au Botswana lors de notre dernier stage avant Melbourne, j?ai dirigé la plupart des séances d?entraînement et je suis très heureux que tous les pays qui ont participé à ce stage ont obtenu des médailles, dont une en or pour la Namibie.

● En 1998, la boxe avait ramené l?or, l?argent et le bronze. Même si la récolte n?a pas été aussi fructueuse cette fois, on a l?impression que l?importance est d?autant plus grande?

? Le niveau de la boxe a été rehaussé depuis 1998. C?est plus difficile de remporter l?or. Comme vous l?avez constaté, la compétition a débuté avec les 16es. Même le bronze valait de l?or. Ces deux médailles d?argent ont une importance extraordinaire. La boxe a de tout temps apporté des résultats. Nous sommes donc condamnés à bien faire.

● C?était surtout une victoire personnelle pour vous?

? Oh oui ! Mais c?est une victoire que je partage avec le pays et l?Association de boxe amateur. On disait que le niveau de la boxe était en baisse. Nous avons prouvé que nous sommes là où il faut.

● Revenons à ce qui s?est passé à Melbourne. D?où vos boxeurs ont puisé cette force pour faire un si beau parcours ?

? Dès le premier jour d?entraînement à Melbourne, j?ai senti qu?il allait se passer quelque chose. Les boxeurs étaient motivés. C?est la première fois que je n?ai pas le moindre souci de grammes superflus avec des boxeurs. Ils étaient très disciplinés et ils avaient le désir de bien faire.

● Giovanni Frontin et Bruno Julie ont passé si près de l?or. Vous y avez cru ?

? Je savais que le combat allait être difficile pour Bruno Julie, car l?Indien Akhil Kumar est difficile à boxer. De plus, il manquait deux ou trois combats dans les jambes à Julie. Par contre, je croyais à 95 % que Giovanni Frontin allait remporter l?or. Le combat s?est déroulé différemment. Mais l?argent c?est déjà bien.

● Que manquait-il à nos boxeurs, selon vous, pour monter sur la plus haute marche ?

? Pour Julie, j?ai déjà dit qu?il était à court de compétition. Pour le combat de Frontin, quelque chose n?a pas marché au dernier moment. Je pense que c?était une pression personnelle, causée par la défaite de Bruno Julie juste avant. Le fait que Giovanni ait eu à combattre tout de suite après n?a pas arrangé les choses. Giovanni était au summum de sa forme et ce n?est pas pour rien que le commentateur de la télévision australienne l?avait qualifié de ?l?un des meilleurs boxeurs du tournoi?.

● Cette bonne performance remet la boxe mauricienne sous les feux des projecteurs. Le plus dur sera de continuer?

? Oui, nous sommes engagés dans la voie du progrès et nous allons poursuivre notre chemin. Nos boxeurs seront mis à l?épreuve lors des Championnats de la Francophonie en octobre. Nous verrons alors notre jeune garde à l?oeuvre. Ce sera une grande compétition avec 10-15 pays. Je vous ai dit plus tôt que la boxe est condamnée à bien faire.

● Vous êtes un homme heureux, tout s?est bien passé?

? Je n?ai rien à reprocher aux boxeurs. Par contre je suis déçu de la campagne de déstabilisation contre ma personne le jour de notre départ pour Melbourne. On a mis mes compétences en doute. J?ai été profondément blessé. Pour moi, c?était un acte anti-patriotique et anti-sportif. On a voulu saper notre moral, mais nous avons tenu bon. Cela m?a même motivé deux fois plus pour apporter des résultats. J?ai archi dit qu?en boxe c?est un cycle. Nous avons de bons boxeurs qui un jour décident d?aller faire une carrière pro ou de se consacrer à la vie familiale. C?est leur droit et il faut le respecter. Il faut alors qu?il y ait une période de transition et continuer le travail. Encore et encore. On ne peut s?attendre à ce que tout soit rose tout le temps. Je tiens à remercier le ministre Sylvio Tang et son ministère pour tout le soutien apporté à la boxe.

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