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Les éléments qui ont relancé l?enquête du double drame

31 mars 2006, 00:00

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L?enquête sur le double drame de Bassin-Blanc a-t-elle été bâclée et mal orientée à l?époque ? Les cadavres de deux amants, Tagoresingh Sandooram et Anshi Ittoo, y ont été découverts le 14 novembre 2002.

A en croire la Major Crime Investigation Team (MCIT) dirigée par le surintendant Prem Raddhoa, plusieurs ?éléments troublants? n?ont pas été exploités. Au moins trois de ces points, passés au crible pendant plusieurs mois, témoignent depuis quelques jours de ?strong circumstancial evidences? dans cette affaire, a affirmé Prem Raddhoa à l?express hier. Dans cette optique, le frère d?Anshi Ittoo, Bipin, 26 ans, a été inculpé d?assassinat.

Les trois éléments de taille qui n?avaient pas été pris en considération par les enquêteurs à l?époque sont les suivants :

Quand la police avait découvert les cadavres des deux amants à Bassin-Blanc vers 13 heures, les parents des deux familles ont été alertés presque en même temps.

Objet de menaces

Mais seuls les membres de la famille Sandooram se sont rendus sur les lieux rapidement. Ceux de la famille Ittoo n?étaient pas présents. Idem lors des autopsies du Dr Satish Boolell.

A l?époque, les enquêteurs avaient interprété l?absence de la famille Ittoo sur les lieux du drame et à la morgue sur le compte de ?l?émotion et du profond chagrin?. Mais ceux de la MCIT sont d?un autre avis. Ils disent que presque dix fois sur dix les parents des victimes viennent sur les lieux pour prendre des nouvelles et vérifier les corps.

Autre détail : Anshi Ittoo, qui fréquentait le collège Medco à Port-Louis, se rendait à l?école en voiture tous les jours. Son père effectuait le trajet Palma-Port-Louis pour la déposer. Mais le jour du drame, le 11 novembre 2002, ses proches ont prié Anshi de prendre l?autobus par ce que la voiture avait des problèmes techniques. D?ailleurs, un des alibis fournis par Nitin Dawoojee (arrêté mardi puis relâché) et son cousin Bipin Ittoo c?est que ce jour-là ils s?étaient rendus dans un magasin pour acheter des pièces de rechange pour leur véhicule. Ils sont rentrés chez eux vers 15 heures. Mais selon la MCIT leurs alibis ne sont pas solides. Il y a ?beaucoup de contradictions dans leur emploi du temps?.

Le troisième élément qui donne une nouvelle tournure à l?enquête c?est qu?un proche de Tagoresingh Sandooram avait fait certaines révélations. C?était lors de l?enquête préliminaire qu?ont démarrée le Central Criminal Investigation Department (CCID) et une autre équipe de la MCIT en 2002. Il avait allégué qu?à plusieurs reprises Tagoresingh Sandooram avait été l?objet de menaces d?agression physique par un des proches de la famille Ittoo. Ce suspect aurait même poursuivi Tagoresingh Sandooram plusieurs fois dans une voiture en compagnie d?autres personnes. ?Si to pa aret sa move la vi la to pou kone ?, auraient lancé ces présumés agresseurs.

La MCIT a noté que ces détails n?ont jamais figuré dans les rapports de l?enquête préliminaire.

Les hommes de Prem Raddhoa ont également appris que le jour du drame, le 11 novembre 2002, dès le matin, la voiture où se trouvait Tagoresingh Sandooram a été prise en chasse dans la région de Coromandel. Le véhicule poursuivant appartiendrait à un proche de la famille Ittoo. La MCIT n?écarte pas non plus la piste que des proches, partisans d?un mouvement socioculturel, soient complices.

Dans les jours à venir, des développements importants devraient intervenir, notamment avec l?interrogatoire d?autres proches de la famille Ittoo. Et ce témoin clé proche de la famille Sandooram pourrait être questionné d?un moment à l?autre.

Pas suicide mais agression

Quand cette affaire avait éclaté, les enquêteurs du CCID et de la MCIT avaient privilégié la thèse du suicide alors que le médecin légiste le Dr Satish Boolell a écrit dans son rapport final qu?il y avait eu ?foul play?.

Cet élément capital avait relancé les spéculations à tel point que le Directeur des poursuites publiques à réclamé que le CCID approfondisse cette enquête, car il n?était pas satisfait de ses conclusions établissant qu?il y a eu suicide.

Un chirurgien proche de la famille Sandooram avait assisté à l?autopsie. Ses observations lui ont fait conclure qu?il n?y a pas eu suicide mais une agression mortelle. Il a noté des traces d?ecchymoses sur tout le corps et avait fait part de ses observations à la famille Sandooram. Mais ce détail n?avait pas été pris en considération.

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