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Lyon, Maurice te regarde !
C’est une vieille habitude mauricienne de sous-estimer les équipes qu’on connaît mal, surtout quand ces dernières sont… françaises. On ne se refait pas, la culture de la FA Premier League est trop présente chez nous pour convaincre la majorité des mordus de foot de l’île.
Et puis il y a ces sempiternels “commentateurs français vantards” qui exaspèrent bon nombre d’amateurs de la Ligue des champions. Du coup, on se permet de dire tout et n’importe quoi.
Comme de faire le dangereux amalgame entre certains commentaires entendus à la télé, il est vrai pas toujours éclairés, et le niveau des grands sportifs français, quitte à dénigrer ces derniers. Ce qui est totalement injuste. Comme si la qualité des sportifs français de haut niveau dépendait de leurs médias !
De toute façon, avoir l’esprit de clocher n’a jamais fait de mal à personne, car c’est aussi ça l’essence du football ! Il vaut parfois mieux entendre les cocoricos enflammés de certains consultants zélés (fêlés ?) que des “Yes… It’s a goal…”, informatifs certes, mais tellement placides et insipides…
Bref, le foot français et son folklore, on aime ou on n’aime pas mais, de grâce, il serait grand temps de faire preuve de discernement et de respecter les vrais champions quand on les voit.
Les plus vieux se rappelleront du Saint Etienne de Rocheteau de la fin des années 70, du Marseille de Chris Waddle des années 90 ou, plus récemment, du PSG de George Weah ou du Monaco de Fernando Morientes. Voici venue l’heure de l’Olympique Lyonnais, en passe d’égaler les exploits de tous les anciens en un temps record si sa bonne étoile l’aide un peu.
Lyon qui, soit dit au passage, est l’une des plus belles villes de France, et qui a eu la particularité d’avoir vu éclore en ses rangs un certain Vikash Dhorasoo (et qui nous avait rendu visite en mai 1998).
Lyon, qui dispute ce soir un quart de finale de Ligue des champions très attendu face au Milan AC, l’une des plus belles machines à gagner de l’histoire des Coupes d’Europe (avec le Real Madrid et Liverpool).
Lyon, qui a gagné le respect en C1 en devenant l’un des plus réguliers à ce niveau depuis quatre ans, et qui emmagasine sans cesse de l’expérience. Lyon, qui ne bouleverse jamais son effectif mais qui l’affine à dose homéopathique à chaque fin de saison. Lyon qui écrase tout sur son passage en Ligue 1.
Il n’est désormais plus permis d’en douter, l’OL a beaucoup grandi et a aujourd’hui les moyens de rivaliser avec les plus grosses cylindrées européennes. Si ses deux confrontations face au Real Madrid ont séduit (3-0 à Gerland, 1-1 à Bernabeu), son carton face au solide PSV Eindhoven de Guus Hiddink (1-0 à Eindhoven, 4-0 à Gerland) a confirmé sa puissance et son potentiel réel.
Contre Milan ce soir (ou dans 15 jours au Giuseppe Meazza), les Lyonnais peuvent écrire l’une des plus belles pages de leur histoire ou nourrir des regrets éternels – s’ils ne passent pas au terme des deux matches.
Ce sera du 50-50 car il faudra du talent, de la gnac, mais aussi de la chance pour passer, comme dans tous les sommets de la Coupe d’Europe. Mais gare à ceux qui écarteraient l’OL trop vite, sous prétexte que c’est un club français !
Car, au pire, Lyon fonce à toute vitesse sur la route d’un cinquième titre de champion de France en Ligue 1 et deviendra ainsi le seul club de l’Hexagone à avoir jamais accompli un tel exploit. Au fond, la Ligue des champions c’est du bonus pour les Lyonnais.
Une belle occasion pour Grégory Coupet et Gérard Houllier de faire taire pour de bon les mauvaises langues (figurez-vous que Lyon n’a même pas la popularité qu’il mérite en France !).
Tous les ingrédients sont réunis pour une confrontation magnifique ce soir au stade Gerland. Car si le lion rhodanien veut entrer dans l’histoire, les diables rossoneri en font déjà partie…
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