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Médaille d’or pour l’ambiance !
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Médaille d’or pour l’ambiance !
On n’a peut-être pas ramené l’or aux Mauriciens mais, aujourd’hui, avec un tel accueil, c’est comme s’ils nous avaient remis cette médaille d’or !” C’est un Bruno Julie tout ému, les traits tirés, mais tout sourire, qui s’exprime après le magnifique accueil des supporters mauriciens.
Il est 17 heures et des poussières en cette chaude fin d’après-midi, à l’aéroport SSR. La délégation sportive mauricienne, qui était engagée aux Jeux du Commonwealth, se disperse lentement et se mêle à la foule.
Même si c’est le trio argenté Julie-Frontin-Buckland qui a les faveurs de la presse, parents, amis et supporters congratulent leurs sportifs. Médaillés ou pas, chacun est heureux de retrouver ses proches. L’émotion est perceptible à des kilomètres à la ronde. Et, dans ces moments-là, il vaut mieux les laisser savourer ce moment de bonheur si simple, mais si important pour eux.
Quoi de plus normal, au fond, quand on est séparés de ses proches et qu’on était focalisés sur la victoire dès le départ comme le boxeur Giovanni Frontin ? “Aster mo bizin ene bon repos… et sirtou manz enn bon coup ! (rires) C’est vre mo finn tro tini presion laba…”, nous explique le médaillé d’argent, battu par un Anglais en finale quelques jours plus tôt.
Comme prévu, les analyses fusent déjà. “Le grand frère” Richard Sunee, qui n’arrête pas de se faire chambrer parce qu’il est le seul sportif mauricien à avoir décroché l’or à ce jour aux Jeux du Commonwealth (1998 à Kuala Lumpur), interroge Frontin sur sa défaite en finale.
“Malin sa… Anglais ta ! Depi mo premier combat li ti pe chek mwa. Mo pa finn trouv li boxer enn sel fwa…”, lâche un Frontin très lucide, alors que ses fils Ivans, 4 ans, et Kewell (en hommage au joueur de Liverpool ?), 1 ans et demi, le couvent du regard.
<B>Hommages du commandant de bord</B>
Les deux petits chérubins n’avaient pas tardé à accoster leur papa, entouré des deux autres médaillés d’argent, Buckland et Julie, ainsi que du ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang, sous les cris de plus d’une centaine de fans, le crépitement des flashes des photographes et la caméra de la MBC.
Les supporters, venus dans un bus spécial de Floréal pour acclamer Stéphan Buckland ou du club de boxe de Rose-Hill, pour la grande majorité, ont assuré une ambiance survoltée près de 45 minutes avant l’arrivée de la délégation mauricienne à grand renfort de séga, ravane et maravane. Il est rare de voir l’aéroport SSR pris d’une telle folie et les pauvres policiers en faction pratiquement débordés de tous côtés. C’est à se demander ce qu’il y aurait eu en cas de médaille d’or…
C’est lors de petits évènements de ce genre qu’on mesure à quel point les Mauriciens adorent le sport et ont soif de voir leurs compatriotes tutoyer les sommets mondiaux. Un domaine où Stéphan Buckland excelle depuis des années justement… Ce qui ne l’a pas empêché d’être très touché, hier, par l’accueil de son fan club personnel !
“C’est super ! C’est incroyable… Cela fait plaisir de voir des gens heureux comme ça. C’est à eux et à tous les Mauriciens que je dédie cette médaille d’argent.” Son épouse Joëlle et la petite Milane, très fières de Stef elles aussi, ne diront pas le contraire !
Le cycliste Colin Mayer, l’air rêveur, semblait lui aussi satisfait de son périple australien. “L’ambiance d’aujourd’hui est vraiment extraordinaire ! Ce qu’on a vécu là-bas était vraiment super. Ce fut une expérience humaine fantastique.”
Il faut savoir que même l’équipage MK 943 a tenu à rendre hommage aux trois médaillés d’argent mauriciens (qui voyageaient en première classe) à travers un message de félicitations du commandant de bord avant le décollage. Ce qui ne manqua pas de susciter les applaudissements de tous les passagers. A noter que les Réunionnais, qui étaient très nombreux sur ce vol, ne réagirent qu’après la lecture de la version française du texte ! Les pilotes, eux, n’avaient pas attendu pour se faire photographier en compagnie du trio de choc mauricien à l’aéroport de Melbourne...
Le mot de la fin sera pour le boxeur Bruno Julie, qui n’a pu contenir ses larmes dès son arrivée en serrant ses deux fils Dylan, 9 ans, et Danielo, 6 ans, dans ses bras. C’est visiblement le plus ému de tous : “lambians serie net ! Nou pa ti attann…” Comme il le dit si bien, les deux autres médaillés et lui ne sont certes pas montés sur la plus haute marche à Melbourne, mais le public leur a quand même attribué la médaille d’or du coeur !
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