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Circus, une décennie d’acrobaties réussies

29 mars 2006, 00:00

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“Mo voisinn so belser la tou zafer li cone sa.” “Sa qui bon sa.” “Dan poul, nou mem expert.” “Sida pas guet figir.” “Ou zete ou paye.” Des slogans publicitaires non-conformistes, qui sont désormais bien ancrés dans les mœurs locales. La source est unique : Circus. Cette agence de publicité et de stratégie, alliée au géant mondial Publicis, fête ses dix ans.

  1. Le jeune créatif qu’est Thierry Montocchio, futur directeur général, travaille dans son salon, avec une graphiste fraîchement débarquée au pays. Sa conception de publicitaire est différente. Il ressent la nécessité d’un nouveau dynamisme dans le secteur.

Bien qu’à l’époque, le contexte économique ne s’y prête pas, il y a de la place pour une agence avec une approche nouvelle. Elle coïncide avec cette volonté des annonceurs de vendre des marques au lieu de produits. “La relation entre le créatif publicitaire et le client s’engage dans le long terme”, explique Olivier Descroizilles, corporate strategic planner. Il fait partie de Circus depuis ses premiers balbutiements. Un lien intrinsèque, car l’accent est de nos jours placé sur le branding, qu’on développe dans le temps. Et la publicité en est une dimension inhérente.

L’agence brasse cette année un chiffre d’affaires de Rs 80 millions. Elle a ouvert une filiale à la Réunion en janvier, après que ses créations ont raflé les principales récompenses à la récente nuit des publicitaires pour la région. La direction s’attend à des revenus additionnels de Rs 20 millions. Deux gros annonceurs sont déjà tombés dans sa besace : les voitures Renault et les pneus Michelin.

Pendant cette courte existence, l’agence a décroché 86 prix, tant à Maurice qu’à l’étranger. Le dernier en date est une reconnaissance lors d’une compétition à Florence, en Italie. Sous forme de prix spécial du jury, Circus a été récompensée pour sa campagne publicitaire à but non-lucratif pour la prévention du sida.

<B>Offrir de la meilleure qualité </B>

Le groupe agro-alimentaire Food & Allied (Fail), avec Thierry Montocchio, en sont les principaux actionnaires. Et pourtant, Fail en tant que client, ne rapporte pas plus de 30 % du chiffre d’affaires annuel. Le directeur général rappelle que les maîtres-mots guidant ce partenariat sont liberté d’action et indépendance dans le choix. “Les directeurs ont eu la possibilité de choisir la société qu’ils voulaient. C’était à nous de prouver que nous étions la meilleure agence pour leurs marques”, souligne-t-il. D’ailleurs, Circus avait perdu, le temps d’une année, le contrat pour Kentucky Fried Chicken.

Au démarrage, à défaut de débaucher des clients, Circus préfère étaler son savoir-faire dans des compétitions où elle était invitée, une opportunité de prouver qu’on pouvait faire de la publicité autrement.

Toujours en 1995. Le premier client qui frappe à la porte est imposant. C’est la Mauritius Commercial Bank qui prépare le lancement de son service TeleBest.

Quand le client débarque, la relation ne s’arrête pas à développer une page publicitaire à étaler sur les billboards et les journaux ou même un clip de 15 secondes. Comme le fait ressortir Isabelle Drouin, strategic planner, le travail en amont est conséquent. Il consiste à mieux comprendre le client et sa marque. À partir de là, un partenariat s’installe entre le créatif et l’entreprise.

L’exemple que Thierry Montocchio met en avant est la réussite du battage médiatique sur les marques Bébédou et Thalia. “Les clients nous ont mis, dès le début, dans le processus de réflexion, avant même d’acheter les machines, de produire et même de concevoir. Ce faisant, le créatif a mille fois plus de chance de comprendre le projet.”

La morosité économique prévalant dans le pays et maintes fois décriée sur la place publique, Circus ne la ressent pas outre mesure. Les clients sont là, toujours aussi exigeants. Question de ne pas gaspiller leur argent.

Des difficultés ont certes jalonné le parcours de l’agence, davantage sur le plan administratif, quand Circus était en pleine expansion. Mais la réussite, comme le souligne Thierry Montocchio, s’est jouée sur de multiples aspects. Notamment la volonté constante d’offrir la meilleure qualité à la clientèle, quitte à refuser un gros contrat pour ne pas bouleverser l’exécution des autres projets en cours.

Comme dans un cirque, les protagonistes sont avant tout des gens de talent, appelés à travailler avec enthousiasme, évoluer aux côtés de personnes tout aussi douées et, surtout, faisant preuve d’une force de travail. Des valeurs simples alliées à un environnement de travail où le créatif n’a qu’à se soucier de l’exécution de ses idées. Car une fois dans l’arène du Cirque, le public n’applaudira que les meilleurs…

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