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“L’assurance-vie a un important potentiel de croissance”
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“L’assurance-vie a un important potentiel de croissance”
● <B> La Life Insurance Corporation (LIC) vient de conclure un accord avec l’Indian Ocean International Bank (IOIB) portant sur la distribution des produits d’assurances. Que représente pour vous cette coopération ?</B>
Il n’y a rien de nouveau dans le fait que les banques et les maisons d’assurances s’allient. En Inde, par exemple, la plupart des banques ont soit lancé ou racheté une société d’assurances ces deux dernières années. Lorsqu’une personne se rend à la banque, elle peut y trouver à la fois des produits bancaires et des polices d’assurances.
Notre alliance avec l’IOIB est d’exploiter cette synergie. Lorsqu’une banque accorde un prêt, elle exige une couverture d’assurance. Maintenant, l’IOIB peut proposer une assurance elle-même. Mais cela n’est pas limité à ceux qui cherchent des prêts uniquement. La banque peut aussi vendre ces produits à d’autres clients ou encore à ses employés. Les options sont ouvertes. C’est aussi une nouvelle source de revenue pour la banque.
À la LIC, nous voulons faire quelque chose de spécial pour notre jubilé d’argent. Nous avons lancé deux nouveaux produits l’année dernière, l’une destinée aux enfants (Children’s Money-Back Plan) et une police vie conjointe (Joint Life Policy). Nous comptons mettre trois nouveaux produits sur le marché d’ici le mois de septembre.
● <B>La State Bank of India (SBI) est depuis peu l’actionnaire majoritaire de l’IOIB. Cela a-t-il favorisé le partenariat avec cette banque ?</B>
Au fait, les discussions avec l’IOIB avaient débuté après que la SBI est devenue le principal actionnaire de l’IOIB. Strictement parlant, les derniers développements à l’IOIB n’ont rien à voir avec notre accord. Mais cela a pu aider dans une certaine mesure à favoriser la coopération.
● <B>Qu’est-ce qui a motivé la LIC à sponsoriser les Zee Cine Awards qui est une grande manifestation bollywoodienne ?</B>
L’Economic Times of India fait une étude de marché chaque année dans tous les secteurs d’activité. Le rating de la LIC dans cette enquête a été en hausse durant les trois dernières années. Nous sommes passés de la 36e position à la sixième place en ce lapse de temps dans toutes les catégories de produits et services.
La LIC est associée à des produits dont les Indiens se servent couramment. Mais l’étude révèle aussi que le brand LIC n’est pas très attrayant chez les jeunes professionnels urbains. Nous avions ainsi décidé de concentrer nos efforts vers cet important segment du marché.
La décision de sponsoriser les Zee Cine Awards fait partie de ces initiatives pour toucher une clientèle jeune. Nous avons déboursé 75 millions de roupies indiennes (environ 50 millions de roupies mauriciennes) pour cet événement. Nous estimons que c’est un bon investissement pour développer nos parts de marché.
● <B>Quelles sont les retombées auxquelles vous vous attendez ?</B>
Cette grande manifestation cinématographie a été retransmise en directe par la Zee TV dans 37 pays où se trouve une population indienne. Je comprends qu’il y aura aussi des rediffusions. La brand value de la LIC ne peut que s’améliorer.
Certes, les ventes ne vont pas augmenter significativement du jour au lendemain. Nous pensons que c’est une démarche qui va rapporter dans la durée.
● <B>La LIC a occupé en Inde une position de monopole jusqu’à l’ouverture récente du marché de l’assurance. Subissez-vous maintenant des pressions de la concurrence ?</B>
Effectivement, la LIC était le seul opérateur dans l’assurance-vie en Inde il y a cinq ans. L’ouverture du marché des assurances avait débuté dans le sillage de la libéralisation de l’économie indienne qui fut entamée en 1992. Le gouvernement avait estimé que ce secteur devrait être ouvert à la compétition.
Le premier opérateur privé est venu sur le marché en 2001. Certes, il y a de nouvelles pressions sur la LIC. Auparavant, il n’y avait qu’une seule société. Les gens n’avaient d’autres choix que se tourner vers nous. Mais lorsque les nouveaux prestataires sont venus, nous avons senti la nécessité de faire des changements à la LIC pour maintenir nos parts de marché.
Nous avons beaucoup investi dans la technologie et améliorer la gamme et la qualité des produits. Il y a eu un gros effort au niveau de l’informatisation de nos opérations. Aujourd’hui, toutes nos branches à travers le pays sont reliées.
Mais avec l’arrivée des nouveaux opérateurs, nous avons commencé à développer rapidement. Les gens ont compris la force et le potentiel de la LIC seulement lorsque le secteur privé est entré dans le marché.
Le gouvernement a pris la bonne décision d’ouvrir le marché dans la mesure où toutes les compagnies enregistrent des croissances. Le secteur tout entier progresse.
● <B>Est-ce parce qu’il y a plus de concurrence en Inde que la LIC vise essentiellement les marchés d’outre-mer ?</B>
Tel n’est pas le cas. Les opérations internationales font partie de notre stratégie. Le processus de globalisation a vraiment décollé durant la dernière décennie. Ce n’est pas parce qu’il y a plus de compétition en Inde que nous cherchons à développer nos marchés extérieurs.
Nous demeurons le principal prestataire de l’assurance vie en Inde. Nous y occupons près de la moitié du marché. Notre fonds d’assurance-vie s’élève à plus de $110 billions à fin 2005. Mais il est aussi temps de donner une nouvelle impulsion au business en dehors du marché indien.
● <B>Comment voyez-vous l’évolution de votre présence à Maurice ?</B>
Le marché mauricien est extrêmement étroit par rapport à notre business en Inde. La place est très compétitive. L’Inde avec une population de 1,1 milliard de personnes compte 13 sociétés d’assurances. Maurice qui a une population de 1,2 million compte plus d’opérateurs.
Je constate aussi que la majorité du business à Maurice est pris par quelques maisons d’assurance seulement. Les quatre plus grosses boîtes occupent 75 % du marché.
● <B>Il y a beaucoup de business captif à Maurice. Est-ce un handicap à la croissance de l’industrie ?</B>
Je ne le pense pas. La LIC peut se développer dans ces conditions de marché. Les autres le peuvent aussi. La place n’est pas encore saturée. Le pays compte 1,2 million d’habitants, mais le nombre de détenteurs de polices n’est que de 300 000 environ. Il y a beaucoup d’opportunités à exploiter. L’assurance-vie a un important potentiel de croissance.
Nous avons à Maurice 125 agents. Ils vont démarcher les clients chez eux, sur leur lieux de travail ou ailleurs. Le système fonctionne bien.
● Votre clientèle est essentiellement composée de Mauriciens d’origine indienne…</B>
Pas nécessairement. Nous sommes présents dans toutes les couches sociales et ethniques de la population. Évidemment, la majorité de la clientèle est constituée des gens d’origine indienne. Je constate qu’il y a beaucoup de personnes des autres groupes ethniques qui se tournent vers nous.
Je concède néanmoins que le nom de la LIC est associé à l’Inde et que les personnes d’origine indienne sont plus à même de s’identifier à la compagnie.
<I>“La décision du partenariat avec la IOIB est démarche en vue de trouver d’autres segments du marché autrement difficiles à capturer avec le système d’agents.”</I>
La décision du partenariat avec l’IOIB est démarche en vue de trouver d’autres segments du marché autrement difficiles à capturer avec le système d’agents. Nous allons négocier avec deux ou trois banques pour qu’elles puissent distribuer, elles aussi, nos produits.
● <B>Est-il vrai de dire que la vente des produits d’assurance-vie est tirée principalement par les prêts ?</B>
Le business de produits d’assurance-vie n’est pas loan-driven à la LIC. Ailleurs, lorsque vous prenez une assurance, vous êtes éligible à un emprunt. Ici, nous offrons principalement des produits d’assurance. Le niveau de notre activité prêt est plutôt bas. Notre portefeuille de prêt logement est limité à 25 % de notre investissement total.
D’autre part, les gens en général ne viennent pas acheter des polices d’assurance à vos comptoirs. Ce sont surtout les agents qui doivent travailler sur le terrain pour rapporter du business.
● <B>Y a-t-il des créneaux sur lesquels vous comptez vous concentrer pour générer la croissance future ?</B>
Nous pensons qu’il existe un gros potentiel de développement dans le marché des pensions. Nous allons nous concentrer sur les pensions individuelles dans un premier temps. Nous allons considérer les pensions d’entreprise par la suite.
Nous avions auparavant des plans de pension. Nous avions décidé de les retirer du marché. La LIC va réintroduire certains produits.
● <B>Où en êtes-vous avec votre projet d’utiliser Maurice comme plate-forme pour opérer sur la région Afrique ?</B>
Nous avons effectivement incorporé une société offshore pour nos activités en Afrique. Mais le business n’est pas encore opérationnel. Nous sommes toujours au stade de planification et de préparation.
● <B>Êtes-vous à l’aise avec le nouvel encadrement légal de l’industrie ?</B>
Nous évoluons déjà dans un environnement très réglementé en Inde. L’encadrement légal n’a rien de nouveau pour la LIC. Le régulateur indien applique ces normes depuis plusieurs années. Nous adhérons sans aucun problème aux règlements de la Financial Services Commission.
Nous ne sommes pas une société composite. Nous faisons uniquement de l’assurance-vie. Les compagnies qui sont composites sont sous l’obligation de séparer à terme leur business vie de l’assurance générale.
<I>Propos recueillis par</I> <B>Akilesh ROOPUN</B>
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