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Séquence cinéma
Le Festival du Film Australien cette semaine a offert l?occasion de découvrir ce qu?un pays peut faire quand la volonté politique est présente. Si l?Australie ne mise pas sur la production en premier lieu, il a réussi à devenir un lieu de tournage très prisé à travers le monde. Hollywood et Bollywood, les deux plus gros producteurs de films au monde, y vont régulièrement.
Les avantages y sont nombreux. D?abord, la main-d??uvre qualifiée est présente. Cela évite aux équipes de tournages de se déplacer en trop grand nombre. De trouver sur place, un éclairagiste, des techniciens, des preneurs de son qualifiés? c?est un soulagement technique et financier plus qu?intéressant. Ce pays s?est aussi donné les moyens de produire un peu. Et nous avons pu voir à quel point les ?uvres sont des réussites.
Shirley Barrett, scénariste et réalisatrice australienne, l?invitée d?honneur de ce festival, a, par exemple, remporté pour son film Love serenade, la Caméra d?Or au Festival de Cannes en 1996. L?Australie produit peu mais bien. Il aide financièrement les projets à hauteur de 60%. Rien que cet aspect, ôte un poids énorme des épaules des réalisateurs et producteurs.
Maurice ambitionne aussi de faire du cinéma, l?une de ses sources de revenus. Pourtant, pas grand-chose n?est fait. Certes, il y a des initiatives louables de personnes indépendantes. Des personnes qui vont prospecter à l?étranger pour ramener des tournages à Maurice. C?est d?ailleurs le cas de Sly Bhunjun. Avec les différents tournages étrangers que son entreprise, Island Filmworks Ltd coproduira, la compagnie d?aviation nationale Air Mauritius vendra environ cinq cents billets d?avions dans les prochains mois rien que pour ces projets. On ne parle là, même pas des devises étrangères qui entreront dans le pays.
Le nouveau directeur de la Mauritius Film Development Corporation, Gaëtan Nayna aura du pain sur la planche. Une planche cinématographique que nombreux aspirants réalisateurs veulent plus solide. Pas assez de moyens financiers, un manque de formation criant mais une volonté surprenante.
Les deux Fonds d?aide ont montré l?envie des Mauriciens à faire de la réalisation. Certes, ils ne produisent pas encore des chefs-d??uvre. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Mais quand il y a de la volonté, tout est possible. Ces aspirants réalisateurs gagneraient tout de même à faire preuve de plus d?humilité et de se rappeler qu?être réalisateur demande une formation et des aptitudes. Faire un court-métrage ne fait pas de soi un réalisateur. Loin de là. Ce n?est qu?un petit pas vers un long et tortueux chemin.
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