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Est-ce bien suffisant ?

26 mars 2006, 00:00

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On nous promet une loi sur l’égalité des chances.

En tous cas une ébauche. Une de plus, j’ai envie de dire. Venant des politiques, ça fait plutôt rigoler. Ils devraient commencer par balayer devant leurs sièges, hein ! Parce qu’en matière de discrimination basée sur le sexe et sur l’appartenance à une communauté (voire plus…), ils s’y connaissent. Si je ne m’abuse, sir Satcam en a fait les frais, en son temps, non ?

Sur le fond, c’est très bien et certainement nécessaire.

On ne va pas faire la fine bouche. Mais concrètement, qu’est-ce que ça va changer ? En France par exemple, malgré la loi, à travail égal, les femmes gagnent toujours moins que les hommes.

Comment empêcher un propriétaire de louer sa maison de préférence à une femme, parce qu’il se dit qu’elle en prendra plus soin qu’un homme ? Comment empêcher un patron d’accorder une promotion à X plutôt qu’à Y, deux chefs de service du même âge, mais au parcours différent ? Imaginez qu’Y soit bardé de diplômes, mais qu’X, qui n’a même pas son CPE, possède une expérience professionnelle plus intéressante pour l’entreprise. Va-t-on le pénaliser pour avoir choisi celui qui lui semblait correspondre le mieux à ses besoins ?

Je ne dis pas que ça ne va pas limiter les dégâts en matière d’abus, mais jusqu’à quel point, ça c’est une autre histoire. Parce que dès qu’il y a choix, il y a discrimination. De fait. Sans compter que bien souvent tout est aussi affaire de « feeling ». Et l’intuition, comment compte-t-on la sanctionner ?

Mais surtout, comment prouver que l’on est victime d’une discrimination ? Allez, dites-moi, quel employeur est assez idiot pour faire comprendre clairement à un candidat qu’il ne l’embauche pas parce qu’il est trop gros, qu’il est homo, qu’il s’habille mal, qu’il a dix enfants ou qu’il appartient à une communauté qui n’est pas la sienne ? Il aura toujours de bonnes raisons à avancer pour expliquer son refus, qui n’auront bien évidemment aucun rapport avec les critères interdits. Allez prouver le contraire, vous ? Dans la pratique, on le sait, très peu de plaintes aboutissent, faute de preuve.

En fait, c’est le problème avec toutes ces lois. Si elles partent d’un bon sentiment, elles révèlent très vite leurs limites. En France, toujours, il y a une loi qui condamne

les propos racistes, y compris ceux qui sont prononcés dans une sphère privée. Résultat : selon un sondage récent réalisé par l’institut CSA (voir p. 35), le racisme ne s’est jamais mieux porté qu’actuellement. C’est à désespérer. Alors les lois, moi j’en veux bien, mais si ça suffisait à changer les mentalités, ça se saurait !

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