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La France, un partenaire fiable dans un monde changeant
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La France, un partenaire fiable dans un monde changeant
Les relations commerciales entre Maurice et la France ont toujours été de nature privilégiée, sans doute en grande partie en raison des liens historiques et linguistiques qui unissent nos deux pays. Néanmoins, on voit s?esquisser lentement des changements dans les relations entre la France et l?ancienne colonie. Cette évolution n?est due en rien à une quelconque détérioration des relations entre Port-Louis et Paris. Elle résulte plutôt de la nouvelle dynamique du commerce et de l?économie mondiaux où l?Asie, et notamment la Chine et l?Inde, joue, et est appelé à jouer, un rôle de plus en plus important.
Ce phénomène s?illustre par le rapide changement qui s?opère au niveau des principaux partenaires commerciaux du pays. La France et l?Afrique du Sud ont été longtemps au coude à coude comme les deux principaux fournisseurs du pays en biens de consommation et équipements en tous genres.
En 2004, la Chine a ravi à la France sa deuxième place derrière l?Afrique du Sud, tandis que l?Inde l?a également dépassée pour prendre la troisième place. La France s?est donc retrouvée en quatrième position. L?année dernière, c?est la Chine qui est passée en tête tandis que la France occupait la troisième place derrière l?Afrique du Sud.
Mais les importations de France n?ont pas diminué, se situant toujours autour de Rs 7 milliards ces cinq dernières années. De même, celles de l?Afrique du Sud se maintiennent autour de Rs 8 milliards.
La hausse des importations de Chine et de l?Inde n?est pas au détriment d?autres pays puisque la valeur globale des importations a augmenté. Mais il y a, parallèlement, un processus de remplacement dans les sources d?approvisionnement. Les équipements électroménagers et audio-visuels de Chine prennent des parts de marchés aux marques européennes.
<B>produits variés</B>
L?évolution à la tête du classement des principaux fournisseurs de Maurice découle du dynamisme des industries chinoise et indienne qui se fait d?ailleurs ressentir partout à travers le monde.
Par ailleurs, il est intéressant de jeter un coup d??il au panier des biens que nous importons. Quand on parle de produits français, plus d?un ont immédiatement à l?esprit le bordeaux et le camembert. Certes, les produits alimentaires représentent un peu plus de 10 % des exportations françaises vers Maurice. Mais les principaux produits français importés sont bien moins appétissants. Il s?agit en effet de véhicules automobiles, d?équipements et de machines industriels, d?équipements de télécommunications, de produits chi-miques, de produits manufacturés en tous genres (notamment des vêtements et accessoires).
Au niveau des exportations de Maurice vers la France, on enregistre une baisse sensible depuis 2002. Elles sont passées de Rs 9,9 milliards à Rs 8,4 en 2005. La cause en est certainement la baisse des exportations de vêtements en général, principaux produits exportés vers le marché français. Mais ce pays reste le deuxième marché d?exportation de Maurice, derrière l?Angleterre et devant les Etats-Unis.
<B>Un investisseur fidèle</B>
La France est non seulement le principal partenaire commercial de Maurice, elle est aussi une des principales sources d?investissement direct étranger (IDE) pour le pays.
Les statistiques de la Banque de Maurice indiquent que les investissements français se sont élevés à Rs 8,6 milliards au cours des dix dernières années, soit depuis 1996. Cette somme comprend les Rs 7,2 milliards investies par France Télécom pour l?achat de 40 % du capital de Mauritius Telecom. Il s?agit du plus gros investissement étranger réalisé à Maurice. Sans cette transaction exceptionnelle, l?investissement français s?élève donc à Rs 1,4 milliard pour la dernière décennie.
A titre de comparaison, pour la même période, les Britanniques ont investi Rs 1,5 milliard et les Indiens Rs 1,1 milliard. L?année dernière, l?Inde a effectué les plus gros investissements (Rs 670 millions) contre Rs 569 millions pour l?Angleterre et Rs 405 millions pour la France.
Les opérateurs et investisseurs français à Maurice ne se sentent nullement gênés par la montée en puissance de l?Inde qui a investi à Maurice dans le pétrole (Indian Oil), les télécommunications (Mahanagar Telephone Mauritius Ltd) et la brasserie (Universal Breweries).
«Je pense que cela ne découle pas d?une politique délibérée, même si historiquement et culturellement, Maurice et l?Inde sont très proches. Cela n?est que le reflet du dynamisme de la Chine et de l?Inde. Cela se ressent dans tous les pays du monde et même en Europe. Voyez ce qui se passe avec l?Indien Mittal qui veut racheter l?européen Arcelor», commente François Venin, directeur des hôtels Le Canonnier et Le Mauricia. Il est persuadé qu?un investisseur français, ou tout autre, recevra le même traitement des autorités mauriciennes, si son projet est valable.
Même son de cloche chez Michel Rigot, directeur d?Outremer Telecom. «Dans une entreprise comme mon centre d?appels où je fais travailler des Mauriciens pour des clients étrangers, il n?y a absolument aucun problème. Mais dans mon deuxième business de téléphonie, où je m?attaque au marché local, les choses sont un peu plus difficiles. Mais c?est un scénario qui est valable dans le monde entier. Les opérateurs locaux résistent toujours à l?arrivée d?un étranger», déclare Michel Rigot.
La France est très présente dans le secteur des technologies de l?information et des communications (Tic) même si ses sociétés ne sont pas très visibles car de petite taille. La France et les entreprises françaises sont présentes dans un large éventail d?activités, allant du commerce de détail (les enseignes Jumbo, Super U et Monoprix) à la réparation de bateaux (le chantier naval Piriou) en passant par la cimenterie Lafarge, le pétrolier Total et les hôteliers Accor (Sofitel) et Club Med. Les marques françaises comme Yoplait, Citroën et Renault sont également bien implantées.
Pour François Venin, l?investissement français dans l?hôtellerie devrait repartir avec la construction d?un deuxième hôtel Club Med à Albion et d?un deuxième hôtel du groupe Accor à Bel-Ombre. L?arrivée du deuxième transporteur français Corsair devrait également inciter les opérateurs français du tourisme à songer à des investissements à Maurice, estime François Venin. Est-il utile de rappeler que la France est le plus important marché touristique du pays avec plus de 200 000 visiteurs par an ?
<B>Le couple Télécom se lance dans la région </B>
L?entrée de France Télécom dans le capital de Mauritius Telecom ne s?est pas fait sans heurts. Après des tiraillements internes, les deux partenaires envisagent des projets de développement régional au cours du deuxième trimestre. Cette absence d?initiative sur le plan régional est d?ailleurs le principal reproche que font ceux qui sont déçus des fruits du mariage entre les deux opérateurs.
L?Alliance sociale le dit ouvertement en annonçant dans son programme électoral publié avant les élections de juillet 2005 et estime que c?est une raison pour revoir le partenariat entre Mauritius Telecom et France Télécom.
Pour Dominique Saint-Jean, deputy chief executive de Mauritius Telecom, les tiraillements entre les deux partenaires sont chose du passé et sont à mettre au compte des hauts et des bas qui secouent n?importe quel couple. Il reconnaît néanmoins que le développement régional de Mauritius Telecom «n?a pas été à la hauteur des attentes», dit-il. Il explique que cela est dû au fait que, dans chacun des cas étudiés depuis 2000, il y a toujours eu un élément du dossier qui n?était pas satisfaisant.
Un développement à l?étranger dépend de la capacité financière, du niveau de risque physique, financier, légal ou de régulation. Or, dans les dossiers étudiés, un de ces éléments a toujours fait défaut. Mais avec la concurrence engendrée par l?ouverture des télécommunications à Maurice, le développement externe devient important pour Mauritius Telecom.
«Quand la concurrence s?ouvre dans un pays où il y a une forte croissance potentielle, tout le monde en profite. Mais dans un pays où la croissance est limitée et où le marché est déjà un peu saturé, il est bon d?anticiper et d?ajouter au portefeuille des développements externes», explique Dominique Sain-Jean. Il annonce ainsi que certains projets potentiels de développement régional devraient se concrétiser au cours du deuxième trimestre de cette année.
Les relations ont rarement été au beau fixe entre les nouveaux mariés. Mauritius Telecom entendait rester maître chez lui tandis que France Télécom voulait participer plus activement aux prises de décision et imprimer quand même sa marque dans l?administration de l?entreprise. A un certain moment, certains hauts cadres de France Télécom au MT Tower disent à qui veulent l?entendre que la seule option est de se retirer. Les choses se rafistolent tant bien que mal avec notamment des changements à la direction de Mauritius Telecom, tant du côté mauricien que français. Comment évolueront les choses avec encore une nouvelle direction et un nouveau gouvernement ?
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