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Bérenger : ?J?ai honte d?avoir compté Mervyn parmi mes amis?

24 mars 2006, 00:00

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Chose promise, chose due. Paul Bérenger ne peut laisser sans réponse la volée de bois vert que lui assène Mervyn North-Coombes, directeur d??Island Clothing?, président de la MEF et de la CNT. Reprenons connaissance de la réplique mauve, promettant une virulence supérieure à cette première bordée. Le secrétaire général du MMM et négociateur attitré, à l?époque, de l?UBIW, souligne que la CNT est déjà un employeur comme les autres, qu?elle bafoue les droits syndicaux et que Mervyn est un ?patron comme les autres? (N.B. ce qui est pour le moins? diffamatoire !)

Glissons sur une affaire de guillemets utilisés à tort, au dire de Bérenger, pour entrer tout de suite dans le vif du sujet. Il reproche fondamentalement à Mervyn et à la CNT de bafouer un principe de base : le droit fondamental des travailleurs de se faire représenter par le syndicat de leur choix. Il décrète que la CNT est un employeur depuis mars 1980 et que l?acquisition incomplète et inachevée des avoirs de la VTC en liquidation ne change rien à l?affaire. L?UBIW se montre raisonnable. Ce syndicat attend juin 1980 pour réclamer sa reconnaissance légale, que lui avait accordée sa victime, feu la VTC. La CNT s?abrite derrière ces avoirs non acquis à ce jour pour bafouer allègrement ce principe syndical fondamental. L?UBIW pousse la condescendance jusqu?à proposer un vote référendaire à bulletins secrets si la CNT nourrit des doutes quant à sa représentativité syndicale.

Mais celle-ci va plus loin dans l?arbitraire syndical, au dire de Bérenger. Depuis septembre 1980, l?UBIW lui demande de permettre à son Provident Fund d?opérer en son sein, en faveur de ses employés syndiqués, comme il fonctionne dans ce qui reste des autres compagnies d?autobus. Il s?agit de déduire mensuellement une somme des salaires des employés qui en font la demande. La somme ainsi collectée s?en va grossir régulièrement ce fonds de secours mutuel. Les membres, partant à la retraite, récupèrent les fonds versés par eux et les intérêts accumulés. En cas de décès prématuré, leurs ayants droit reçoivent la mise ainsi bonifiée. Selon Bérenger, la CNT se cache derrière le même prétexte ?bancal? pour dire : ?Niet!? Inconcevable, estime Bérenger qui pousse en avant les autobus neufs, de la marque Isuzu achetés par l?employeur à plein temps CNT. Seule explication possible : un agenda caché visant à diviser les travailleurs et à favoriser l?émergence d?un syndicat pro-gouvernemental, avec l?aide de quelques anciens militants passés dans le bloc adverse. En cela, Mervyn prouve qu?il demeure ?un patron d?un autre âge?, à l?instar de ceux de la MSPA, pensant pouvoir refuser encore à leurs employés le droit d?adhérer au syndicat de leur choix. C?est ce que le MMM pardonne le moins au secteur privé mauricien.

L?UBIW reproche à la CNT de ne pas reconnaître le temps de service des anciens employés de la VTC. Les moins jeunes de ceux que la CNT n?a pas embauchés et ceux atteints par l?âge de la retraite (60 ans), attendent toujours leur ?severance allowance?. Bérenger conteste M. North-Coombes quand il dit que la CNT ne s?est jamais engagée à tenir compte du temps de service des anciens employés de la défunte VTC. Il se prévaut de la section 16 de l?accord du 19 septembre 1980, mettant fin à une grève de la faim. Elle prévoit la priorité à accorder aux anciens employés de la VTC et que ?government will recommend that due consideration be given for their past services in the industry?. Mais que vaut une promesse gouvernementale et travailliste d?accorder ?due consideration? à une quelconque requête syndicale ? La lutte continue, promet Bérenger, jusqu?à ce que le MMM-PSM remplace le PTr et ses acolytes à l?hôtel du gouvernement. Ce qui n?est pas demain la veille.

Mervyn N. Coombes déplore les attaques soudaines et non provoquées de Bérenger à son égard. Ce dernier évoque sur ce point une correspondance remontant à juin et septembre 1980, rappelant ces griefs. Ceux-ci reprennent les accords conclus le 23 août 1979. Le 20 novembre 1980, North-Coombes dit qu?il faut ?revoir? toute la question. Le 26 janvier 1981, Bérenger le prévient que le ?clash? public devient inévitable.

Le président de la CNT se plaint d?attaques personnelles. Cela tient au fait qu?une majorité des membres de ce conseil d?administration sont des fonctionnaires, prenant position en fonction des consignes ministérielles et politiques reçues. Harry Saminaden, directeur de la CNT, s?en plaint, le 7 octobre 1980, au Centre social Marie-Reine de la Paix. D?où l?importance du président, surtout s?il a en poche le code de conduite de la MEF.

Bérenger s?explique. Il a qualifié Mervyn de ?patron du progrès? en raison de ses prises de position antérieures en faveur de la participation, de ses critiques contre les erreurs de gestion de M. Sookdeo Issur, ancien directeur exécutif de la VTC, de ses ?allures libérales sinon progressistes?. En 1981, le voilà qui accuse l?UBIW d?avoir causé la pagaille au sein de la VTC. Il parle des grèves illégales de 1979 alors que, selon l?IRA, toutes les grèves sont illégales. Il accuse l?UBIW d?être responsable du licenciement des employés de feu la VTC. Il conclut : ?J?ai honte de l?avoir compté parmi mes amis.?

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