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A huit minutes de l’histoire

24 mars 2006, 00:00

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Bruno Julie (-54 kg) comme Giovanni Frontin (-60 kg) sont à huit minutes (quatre rounds de deux minutes) de savourer le bonheur d’une médaille d’or en boxe. Comme le “grand frère” Richard Sunee en 1998 à Kuala Lumpur. Pour cela, il leur faudra repousser le challenge de l’Indien Akhil Kumar (pour Julie) et de l’Anglais Frankie Raymond Gavin (pour Frontin) demain.

Si dans le camp mauricien, on affichait à peine son optimisme avant les demi-finales d’hier, cela s’est très bien passé sur le ring du Melbourne Exhibition Centre.

D’abord Bruno Julie a assuré face au Botswanais Mmoloki Nogeng, s’imposant aux points par 21-10. Contrairement à ses trois combats précédents, Bruno Julie a cette fois privilégié l’attaque, ce qui a eu pour effet de dérouter complètement son adversaire.

Il fallait absolument changer de tactique, car Mmoloki Nogeng connaît Bruno Julie pour avoir croisé les gants avec lui en pas moins de trois occasions au Botswana le mois dernier lors d’un stage, dont une fois en compétition. Les juges avaient alors sanctionné le débat par un score nul.

<B>Frontin impressionne</B>

“Il me fallait attaquer cette fois. Cette tactique a payé. Malgré le score, je ne dirais pas que c’était un combat facile. Je suis resté concentré pendant tout le combat et voilà”, explique le boxeur.

En ce qui concerne la finale, Bruno Julie ne veut pas se laisser emporter. Même s’il ne connaît rien de l’Indien Akhil Kumar, cela ne l’empêchera pas de garder la même concentration et l’esprit qui l’a animé tout au long de la compétition. “Je ne le connais pas, mais ce n’est pas grave. J’aborderai ce combat comme si je n’étais qu’au premier tour. Le compteur est à zéro, il va falloir gagner”, souligne-t-il.

De son côté, Giovanni Frontin a fait forte impression lors de son combat, la télévision australienne le qualifiant même de “one of the best boxers of the tournament”.

Il a facilement disposé du Kenyan Charles James Menya par 19 points à 4. Son adversaire ne l’a touché que deux fois (à deux reprises)lors des premier et quatrième rounds, tellement le Mauricien maîtrisait son sujet.

Celui qui détient un titre de la Francophonie (1997 à Madagascar) et qui avait obtenu le bronze lors des Commonwealth en 1998 à Kuala Lumpur, confie que le travail dur est la seule raison qui explique sa place en finale.

De même, il affrontera l’Anglais Frankie Raymond Gavin avec la détermination qu’il a démontrée depuis les 16es de finale.

<B>“Work as usual”</B>

“On a beaucoup bossé pour arriver là. Tous les combats sont difficiles. Je vais en profiter vendredi pour me reposer et me mettre d’aplomb pour la finale. Je prendrai ce combat comme j’ai pris tous les autres, c’est-à-dire concentré et avec le même sérieux”, laisse-t-il comprendre.

Du côté de l’entraîneur Jean-Claude Nagloo, c’est “work as usual”. Pour lui, il ne fait aucun doute que c’est la préparation d’un mois en Afrique du Sud et au Botswana qui porte aujourd’hui ses fruits. “C’est un travail d’équipe dans la discipline. Mais le plus dur reste à faire pour décrocher l’or. Dites-vous bien que les adversaires aussi sont passés par le même chemin que nous. Ce sont de bons boxeurs. Nous avons déjà deux médailles en poche. Nous ne connaissons pas encore quelle sera la couleur, mais je tiens déjà à les dédier à tous les Mauriciens. La présence de Frontin et Julie en finale est la preuve que la boxe est sur la bonne voie”, fait-il ressortir.

Après quatre combats dans les jambes, dont deux mercredi et jeudi, les boxeurs sont mis au repos aujourd’hui. “Il faut qu’ils récupèrent, car la fatigue commence à accumuler après quatre combats. Ils vont donc se contenter de faire un petit footing et de contrôler leur poids”, explique le coach.

Demain sera un autre jour. Autre jour de gloire pour la boxe mauricienne ? Réponse de Godavarisingh Rajcoomar, président de l’Association mauricienne de boxe amateur (AMBA) : “Chaque combat a sa spécificité. Nous gardons la tête sur les épaules. Si nous sommes en finale, c’est grâce au gros travail abattu, au soutien du ministère, du Comité national olympique, de la firme PADCO que je remercie, aussi bien que mon entreprise Watertech qui m’a libéré. Nous sommes derrière les boxeurs à 100 % et ils sont motivés pour réaliser un exploit.”

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