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?Nu Traverse? dans la souffrance des femmes
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?Nu Traverse? dans la souffrance des femmes
Pour que la violence domestique ne soit plus qu?un fait divers. Mais, qu?à l?image d?une traversée, blessures physiques et morales nous emportent la société sur la voie de la réconciliation.
Prise de conscience salutaire. C?est ce que prône la campagne d?Amnesty Maurice, Stop violence against women. Pour dire assez, Amnesty emprunte les mots et la mise en scène et la pièce Nu Traverse d?Henri Favory, créée en 1998. Des témoignages inspirés des paroles recueillies auprès de victimes ayant trouvé refuge dans un abri pour femmes battues. La pièce a été présentée en avant-première, hier soir, chez l?auteur.
Autour de Marie-France Favory, une demi-douzaine de comédiennes armées d?un van, objet domestique mais aussi symbole de soumission, instrument de musique, réconfortant et familier dans un monde qui vole en éclats sous la violence des coups. Ceux du mari qui crie et tape pour tant de raisons...
Henri Favory aligne les mots de la honte. Celle de souffrances tues à cause du qu?en-dira-t-on et du rang social. Les souvenirs s?égrènent. Ceux de la mère de famille qui a tenu 25 ans auprès d?un mari violent. Qui choisira de retourner dans son foyer sur de nouvelles bases. ?Pli zoli souvenir mo lavi maryaz se avan mo maryaz.? Ironie pas si éloignée de la vérité, à en juger par les rires déclenchés dans l?assistance. La rose tombe. Berceuse au goût de miel pour ponctuer des vécus où les coups s?effacent avec une gomme élastique. En clair : les réconciliations dans le lit conjugal. Et ses dérives : le viol domestique.
Henri Favory explore les facettes des rapports de force entre homme et femme pour mieux dire le fossé qui les sépare en communication. Pour que le message touche largement, Nu Traverse sera jouée durant toute l?année dans les centres communautaires, les clubs sportifs, les associations de quartier. Linley Couronne, porte-parole d?Amnesty Maurice, a mis l?accent sur la plateforme Men to Men de cette organisation non gouvernementale. Pour que les hommes abordent le sujet avec d?autres hommes.
Si un cordon séparait hier soir les spectateurs des spectatrices, c?était pour mieux alimenter le débat. ?Pou fer resortir diferans ant zom ek fam?, comme l?a dit Henri Favory.
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