Publicité

Réforme sucrière : le seuil de 15 % serait maintenu

22 mars 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La Commission européenne (CE) reste ferme. Maurice ni aucun autre pays ne bénéficieraient d?une part supérieure à 15 % des mesures d?accompagnement pour la période 2007-2013. Cette décision a été communiquée lors d?une récente réunion avec les ambassadeurs des États d?Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP).

Maurice qui fournit 38 % du quota ACP, avait espéré que ce plafond de 15 % n?allait être applicable que pour 2006 et qu?il allait être révisé à la hausse pour la période 2007 à 2013. Cet espoir s?envole avec la communication de la CE même si les modalités font toujours l?objet de discussions à Bruxelles et que le lobby mauricien demeure actif. Les mesures d?accompagnement en discussion sont liées à une baisse de 36 % du prix du sucre que vendent les ACP sur le marché européen.

L?enveloppe d?aide de 40 millions d?euros pour 2006 est assortie d?un seuil de 15 % par pays, telle que proposée par la CE, et subséquemment approuvée. De ce montant, Maurice, en dépit de sa part de 38 % des exportations, ne se retrouve qu?avec Rs 215 millions (5,82 millions d?euros) sur les Rs 1,5 milliard.

?La Commission a affirmé qu?avec ce barème, elle a voulu atteindre une allocation juste, appropriée et équitable. Elle ne souhaite pas qu?un pays ait une grande part des moyens disponibles. Tout changement en faveur d?un pays serait au détriment des autres?, souligne la diplomatie ACP basée à Bruxelles.

Tout en disant que le décaissement sera sur huit ans, la Commission a néanmoins indiqué que la formule serait ?plus ou moins? basée sur les mêmes principes ayant gouverné le partage des fonds pour 2006. Des recoupements indiquent que des ?réajustements mineurs? pourraient être inclus, afin de répondre à des demandes régionales sur la recherche et la production d?éthanol.

Les partenaires de l?industrie locale, qui comptent beaucoup sur ces moyens pour restructurer ce secteur, suivent la situation de près. Du côté de la Plantation House, on estime qu?il y a ?beaucoup de chances que le barème de 2006 soit reconduit pour la période 2007 à 2013?.

Cependant, cet interlocuteur garde espoir que le lobbying en cours pourrait influer sur la décision finale. D?ailleurs, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen a quitté le pays hier pour une importante mission à Bruxelles. En sus des mesures d?accompagnement, il discutera du 10e fonds européen de développement avec le commissaire Louis Michel.

Par ailleurs, la Commission a réfuté les arguments plaidant pour un traitement similaire à celui accordé aux betteraviers européens. Ces derniers contribuent déjà à un fonds de restructuration, a fait ressortir la CE. ?Elle a fait ressortir que les ACP bénéficieront d?une enveloppe de quelque un milliard d?euros (Rs 36 milliards) à travers les perspectives financières 2007-2013 et que ce n?est pas un montant non négligeable?, rapporte un diplomate ACP.

La finalisation est en cours dans des discussions entre la Commission, le Conseil des ministres et le Parlement européen. Une session de travail était prévue dans la journée d?hier. Elle pourrait s?avérer décisive étant donné sa proximité avec la session plénière d?avril (23 au 27) dudit Parlement. L?Autriche, qui occupe la présidence de l?Europe pour ce premier semestre 2006, a déjà exprimé sa volonté de parvenir à un compromis autour de cette date.

La crainte serait que ces trois instances n?arrivent pas à trouver un accord. Dans cette éventualité, la Commission utilisera le système des ?douzièmes provisoires?, qui est un budget établi par mois sur la base du budget de l?année précédente. Et ce mode de déboursement implique une absence de prédictibilité qui nuirait aux efforts de restructuration de l?industrie qui est un processus de moyen et long terme.

Le ministre de l?Agro- industrie, le Dr Arvin Boolell, a lui indiqué hier à l?Assemblée nationale que le montant n?a pas encore été arrêté par l?UE. Il affirme qu?on ne peut spéculer sur les montants de compensation que Maurice devrait recevoir.

Une délégation dirigée par Glenys Kinnock, représentante britannique au Parlement européen, sera bientôt à Maurice dans le cadre des efforts de lobbying.

Publicité