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?Il y a une mauvaise perception des IRS à Maurice?

22 mars 2006, 00:00

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● Pourquoi l?intérêt de CIEL Properties pour l?Integrated Resort Scheme (IRS) ?

Deep-River-Beau-Champ exploitait un espace de quelque 200 hectares à des fins peu rentables. On y faisait un peu d?élevage de cerfs et de bétail qui ne rapportait pas grand-chose. Le concept d?IRS nous permet de trouver de bien meilleures opportunités pour faire fructifier ces terres.

Avec le projet d?Anahita, nous voulons créer une zone de vacances résidentielle de classe mondiale avec un hôtel, des villas et un parcours de golf. Pour cela, il faut des services, des bâtiments et des infrastructures de classe mondiale.

Nous projetons 300 résidences, un hôtel et un parcours de golf sur une superficie de 213 hectares.

Le groupe CIEL dispose de certaines compétences dans ce domaine. Là où nous n?en avons pas, nous allons sous-traiter. Nous avons accordé à la société Four Seasons une spécialiste internationale de l?hôtellerie le contrat de gestion pour l?hôtel.

Nous sommes très conscients que le projet Anahita se trouve dans une région défavorisée. Nous savons aussi que le secteur touristique a un gros potentiel de création d?emplois. Nous voulons que les gens des villages avoisinants profitent des nouvelles opportunités qu?offre le développement.

● Dans quelle mesure la communauté locale profitera-t-elle du projet Anahita ?

Il y a beaucoup de chômage dans la région. Le développement va favoriser la création d?emplois directs et indirects de même que les petites et moyennes entreprises (PME). Nous allons sous-traiter les activités que nous ne maîtrisons pas. Il y aura beaucoup d?opportunités pour l?entrepreneuriat dans la région. Les habitants des villages pourront offrir toute une gamme de prestations aux résidents et aux autres clients d?Anahita.

Le projet prévoit la construction de 300 résidences. Cela nécessitera plusieurs services notamment dans les domaines de l?entretien, du gardiennage, de la réparation et de la rénovation, entre autres.

Nous avons entrepris une étude socio-économique de la région pour identifier et évaluer les besoins des habitants. L?étude est toujours en cours mais nous disposons de certains éléments pour agir. Nous souhaitons former les gens et les PME pour qu?ils puissent offrir des prestations de classe internationale. Il est important que ceux qui aspirent à faire des affaires dans le cadre du projet d?Anahita puissent offrir des services d?un bon niveau que ce soit par rapport à l?hôtel de luxe ou par rapport aux villas. Nous avons mis la barre très haut. Il faut commencer par la formation pour obtenir le niveau de compétence requis.

Il y a aussi des effets secondaires bénéfiques. Les résidents des villas vont devoir faire leurs achats dans les points de vente de la localité. Nous prévoyons beaucoup d?activités au niveau des pêcheurs et des maraîchers locaux notamment. Les gens de la région sont très enthousiastes. Des pêcheurs songent déjà à se hisser aux normes internationales. Notre rôle est de faciliter les échanges entre les clients et résidents et les fournisseurs de biens et de services locaux.

?Il n?est pas vrai de dire que ce type de projet de développement va créeruniquement
des emplois basiques de ?home-keeping?. Il y a plusieurs opportunités indirectes pour les comptables, les ingénieurs, les techniciens, les électriciens...?

● Pourtant des pêcheurs de la région contestent votre projet de développement hôtelier?

Nous avons conçu plusieurs mesures sociales pour les soutenir et pour assurer un développement soutenu à leurs activités. Nous avons proposé la création de jardins de corail dans le lagon. Les pêcheurs ont là une opportunité économique de se recycler dans la protection de l?environnement marin.

Nous avons un plan pour développer les habitats de pieuvres et pour favoriser la reproduction des ressources poissonneuses dans le lagon.

Je ne sais donc pas d?où vient ce problème des pêcheurs. Le groupe de gens qui manifestent contre la construction de l?hôtel n?ont à ce jour rien proposé de concret. Leur revendication n?est pas basée sur des faits. Il m?est toujours difficile de comprendre les motivations de leur démarche.

Le rapport socio-économique que nous attendons va déterminer notre action sociale. C?est à partir de là que nous allons pouvoir déterminer les priorités. Nous allons prendre en compte les aspirations des divers groupes sociaux de la région.

Nous avons déjà fait un geste en faveur des pêcheurs. Nous avons aussi décidé d?augmenter notre fonds social de Rs 2 millions à Rs 3 millions.

Deep-River-Beau-Champ a toujours joué un rôle social dans la région. Nous avons pris le relais. Nous avons tout à gagner si les villages profitent du développement.

● Quelles sont les répercussions possibles de ces actions des pêcheurs sur le projet ?

Les manifestations des pêcheurs perturbent le chantier de construction de l?hôtel. Nous avons prévu d?inaugurer l?hôtel au plus tard au début de décembre 2007. Il faut démarrer les opérations lors de la grande saison touristique sinon il est préférable de reporter l?ouverture.

Le chantier risque de prendre du retard et nous faire rater la période de pointe.

● Que répondez-vous aux critiques selon lesquelles les IRS vont créer des jobs pour les bonnes, les gardiens et les jardiniers uniquement ?

Il y a une mauvaise perception des IRS à Maurice. Il n?est pas vrai de dire que ce type de projet de développement va créer uniquement des emplois basiques de home-keeping. Il y a plusieurs opportunités indirectes pour les comptables, les ingénieurs, les techniciens, les électriciens ou encore des personnes qui sont spécialisées dans l?entretien du turf des parcours de golf.

Le groupe CIEL a une conviction et un penchant humain. Nous souhaitons qu?à l?avenir les Mauriciens disent que nous avons fait ce qu?il fallait faire avec le projet Anahita.

● Où en est-on avec les efforts de promotion d?Anahita ?

Nous voulons mettre Maurice sur la carte d?une destination de résidences secondaires de grand luxe. Il y a beaucoup de pays qui proposent ce type de produits aux high net worth individuals. C?est un marché très compétitif. Il n?y a aucune garantie de succès. Nous avons pris des risques financiers énormes.

Il y a de gros efforts à entreprendre sur le plan du marketing. Nous ciblons des Européens notamment les Anglais, les Français et les Irlandais. Nous accordons une attention particulière à des marchés qui connaissent déjà Maurice en tant que destination touristique. Mais nous avons aussi un ?il sur l?Inde et Dubayy qui sont certes des marchés de taille inférieure.

Nous misons gros sur le marketing car la clientèle visée peut trouver plusieurs opportunités ailleurs pour s?acheter des villas de luxe. Nous avons sous-traité les opérations de marketing à la société Playground, un des plus gros développeurs de lieux de vacances en Amérique du Nord. Nous démarrons bientôt une campagne de promotion en Europe. C?est une nouvelle industrie pour nous. Nous voulons ainsi prendre toutes les mesures pour assurer le succès d?Anahita.

● Dans quelle mesure CIEL Properties partage-t-il les risques financiers avec les autres investisseurs ?

Les investissements du groupe CIEL dans ce IRS dépassent les Rs 15 milliards. Il s?agit d?un gros chantier qui va durer jusqu?à 2011 avec la livraison des villas. CIEL assure un apport majeur en capital.

Il y a plusieurs institutions bancaires qui ont manifesté un grand intérêt pour ce projet. Nous ne sommes pas à la recherche d?autres partenaires financiers, mais rien n?est exclu à l?avenir.

● Les IRS ne risquent-ils pas d?alimenter la spéculation foncière dans le pays ?

Ceux qui sont de cet avis ont une mauvaise compréhension de cette industrie. Spéculation veut dire réaliser un gain rapide et partir. Or, les lois sur les IRS imposent aux promoteurs une obligation d?offrir les services promis au départ. Ils doivent assurer la continuité du développement.

Les IRS sont en passe de devenir une nouvelle activité économique qui va créer de l?emploi et générer des revenus dans le long terme. C?est une activité qui va vivre.

Il y a plusieurs sources de création de richesse autour des projets d?IRS. Les Mauriciens ont acquis une grande expérience dans le tourisme. Nous essayons de transférer une partie de cette connaissance vers Anahita.

Il y a beaucoup de possibilités d?embauche et d?entrepreneuriat pour les habitants de la région. Il y aura beaucoup d?activités autour d?Anahita. Par exemple, l?entretien des piscines est en lui-même une importante opération qui peut justifier la création d?une petite entreprise à cet effet.

Il n?est pas question de créer des ghettos. Nous prévoyons des espaces commerciaux qui vont favoriser les interactions entre les résidents et les habitants. Nous constatons déjà un grand engouement des villageois pour ce projet qui est susceptible de transformer tout le paysage socio-économique de cette partie du pays.

Les travaux de construction de l?hôtel et des résidences vont dans un premier temps créer beaucoup d?emplois dans les localités avoisinantes jusqu?à 2011. Nous exigeons d?ailleurs que les constructeurs emploient en priorité les gens de l?endroit.

● Comment voyez-vous l?avenir de cette nouvelle activité que sont les IRS ?

Il est réconfortant que certains développeurs à l?instar du groupe Médine vont commencer la livraison des premières villas. À CIEL Properties, nous mettons toutes les chances de notre côté pour réussir.

L?économie mauricienne bouge vers les services tels l?offshore, le port franc et les technologies de l?information et des communications. Je pense que les IRS s?inscrivent dans cette logique de l?économie des services. Les IRS représentent à mon avis une forme différente du tourisme.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN

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