Publicité
Les algues, futur ?hub?
L?algue, gluante et verdâtre au regard, vaut en termes commercial, des milliards de dollars. Alors que l?État projette de jeter les bases d?une Land-Based Oceanic Industry (LBOI), les algues représentent un appoint non négligeable. Le Mauritius Research Council (MRC) effectue en ce moment une étude approfondie sur les retombées économiques de l?exploitation de cette plante aquatique.
Lors d?une présentation, Arjoon Suddhoo, directeur exécutif du MRC, a décrit les bienfaits économiques qui découleront en prenant avantage des riches nutriments des eaux de l?océan, pompées jusqu?en surface.
L?industrie des algues est très riche. Sur le plan mondial, sa récolte annuelle de six millions de tonnes rapporte Rs 180 milliards. Quand on y ajoute ses produits et dérivés, son chiffre d?affaires annuel atteint un montant astronomique de Rs 6 000 milliards.
Les États-Unis, premier consommateur, génèrent en moyenne, le quart de ces revenus, suivis du Japon et de la Chine. Sécuriser 0,5 % de ce marché équivaudrait à Rs 30 milliards en termes de revenus bruts, soit l?équivalent des recettes de la zone franche. Mais à Maurice, nous n?en sommes pas encore là !
La transformation : Le créneau à exploiter
Présente en thalassothérapie, en cosmétique et dans l?industrie manufacturière, l?utilisation de l?algue est très répandue. Le plus connu de ses dérivés est l?agar-agar. C?est une substance obtenue à partir d?une algue des mers extrême-orientales, qui gonfle au contact de l?eau. Son utilisation est multiple. Dans la recherche bactériologique, l?agar-agar est utilisé comme milieu de culture. En pharmacie, c?est un laxatif. En cuisine, l?on s?en sert dans la préparation des gelées. Et il peut même être un produit d?encollage.
Pour Maurice, l?avantage par rapport aux autres pays de la région déjà présents dans ce créneau, sera de transformer l?algue en ses multiples extraits, dérivés, produits et sous-produits. En ce faisant, le pays se positionnerait comme un hub.
D?ailleurs, note le directeur exécutif du MRC, l?absence des capacités techniques pour transformer l?algue n?existe pas dans la région. Les pays concernés sont forcés d?écouler leurs algues asséchées au Japon et aux Philippines pour la transformation, perdant dans la foulée, la valeur ajoutée.
?Des pays comme la Tanzanie et Madagascar, et à un degré moindre, les Seychelles, sont des producteurs d?algues mais ne sont pas impliqués dans le traitement technologique. Ce serait un secteur niche à exploiter?, affirme Arjoon Suddhoo.
Tant sur le plan mondial qu?en région africaine, l?importation d?un tel sous-produit ne cesse de croître. Les pays en développement en demandent de plus en plus pour leurs industries d?alimentation et pharmaceutique. De fait, le pays n?a qu?à se positionner en tant que prestataire de ce type de dérivés d?algues.
D?emblée, Arjoon Suddhoo affirme que l?algue à valeur ajoutée est source d?une multitude de produits sélectifs tant pour l?exportation, le marché local et le secteur touristique. ?Sa culture va non seulement générer de l?emploi et des revenus, elle contribuera à augmenter la superficie productive du pays car elle se déroulera principalement dans les lagons?, souligne Arjoon Suddhoo.
De prime abord, c?est la communauté des pêcheurs et celle des petits planteurs qui seront les premiers bénéficiaires. Selon le MRC, l?industrie des algues est aussi un excellent moyen dans le processus de démocratisation de l?économie, car elle implique principalement des petites entreprises et les coopératives.
L?étape initiale de l?étude consistera à identifier les types d?algues susceptibles d?être cultivées dans des lagons non usités. Ensuite, ce sera l?épineux aspect de jauger la compétitivité sur le marché de même que les contraintes inhérentes. Et en dernier lieu, la question de créer d?autres cultures en parallèle, telles que des crustacées, sera abordée.
Publicité
Publicité
Les plus récents