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Ces maux qui troublent le Bureau des statistiques

17 mars 2006, 00:00

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?Inacceptable !? Le Bureau central des statistiques (Central Statistical Office ? CSO) souffre de multiples carences chez son personnel et dans les services qu?il offre. La radioscopie a été effectuée hier, au cours d?un atelier de travail sur la stratégie nationale pour le développement des statistiques. Consultant de renom dans ce secteur, le professeur Ben Kiregyera a proposé des réajustements pour que le CSO réponde aux exigences.

Les statistiques sont vitales pour un pays en voie de développement. Dans son discours à l?ouverture de l?atelier, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, situe leur importance dans la vie économique du pays. ?Notre politique doit se baser sur des preuves solides?, dit-il. D?une part, le gouvernement utilise ces données pour formuler les politiques appropriées, gérer le processus de développement économique et social et les améliorations des conditions de vie. De l?autre, les organisations en dehors du gouvernement les consultent pour leur planification et prises de décisions. ?En bref, sans de bonnes statistiques, le développement économique ne peut être qu?un projet chimérique?, explique-t-il.

Disponibilité des compétences

La première carence diagnostiquée est le personnel. En comparant la composition du CSO avec celles de l?Afrique du Sud et de l?Ouganda, Ben Kiregyera a fait ressortir que le pourcentage de cadres qualifiés sur le plan local est inférieur. Alors que 44 % de l?orga-nisme sud-africain sont des professionnels dans ce domaine, le niveau mauricien n?est qu?à 16 %, contre 33 % chez les Ougandais.

Le manque de ressources, explique le professeur, est accentué à la tête de l?organisme : trois postes d?adjoint au directeur sont vacants, cinq pour le statisticien principal. ?C?est incroyable que pendant les six dernières années, ces postes n?ont pas été remplis. C?est inacceptable. Un bureau des statistiques est un centre de connaissance?, soutient Ben Kiregyera.

Dans l?élaboration d?une stratégie nationale pour le développement des statistiques, le Bureau central est certes l?un des principaux acteurs, mais pas le seul. Il y a les utilisateurs des données, tels le gouvernement, le secteur privé, les organisations non gouvernementales, la presse et, le public ; les fournisseurs de chiffres bruts, comme les ménages, les entreprises et les institutions ; et l?aspect formation, assuré par les organismes du tertiaire.

Dans ce système, le CSO ne devrait pas se contenter de son rôle de compilateur de données. Il y a urgence d?obtenir les compétences pour les analyser en écrit et les transformer en information. ?Valeur du jour, il n?y a pas de talents analytiques au Bureau, pour ajouter de la valeur aux chiffres reçus?, ajoute le professeur, une sommité sur la question en Afrique.

Un participant à l?atelier de travail a d?ailleurs soulevé la question de la disponibilité de ces compétences qui pourraient venir de l?université de Maurice. Le directeur du CSO, Harish Bundhoo, a répondu : ?Le recrutement revient à la Public Service Commission.? Tel est en effet le cas.

Autre carence relevée, la sous utilisation de la technologie informatique. À ce jour, juge le consultant, le CSO en est toujours au niveau basique alors que l?informatisation complète catalyserait ses résultats. Mais, rappelle Ben Kiregyera, informatiser ne veut pas dire s?arrêter à installer trois imprimantes dans une salle?

Mais le tableau n?est pas totalement noir au CSO. L?organisme fonctionne déjà dans une loi-cadre moderne. Le gouvernement, ajoute le consultant, s?est fixé comme objectif de lui redonner son lustre. L?adhésion au General Data Dissemination System du Fonds monétaire international a largement contribué à améliorer la qualité des données dans le pays.

Et, qu?en fin de compte, l?intégrité et la crédibilité des statistiques soient indépendantes, et perçues comme telles, libres de l?influence politique?

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