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Un détenu de trop à Beau-Bassin !

17 mars 2006, 00:00

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Le comptage des prisonniers est désormais pris très au sérieux à la prison de Beau-Bassin. Ce, depuis qu?un détenu qui n?était pas porté manquant a été retrouvé mort, jeudi de la semaine dernière. Mais le dernier counting entrepris mercredi soir à la prison centrale démontre qu?il y a? un détenu de trop!

En effet, mercredi vers 17 heures, lors du lock-up, le décompte physique conclut qu?il y a 1286 détenus à la prison. Or, d?après les chiffres officiels, il ne devrait y en avoir que 1285.

C?est la surprise, mais les officiers se disent qu?il est possible qu?ils se soient trompés et recommencent. Ce nouvel exercice donne les mêmes résultats. Il sera répété à quatre reprises, et, à chaque fois, les chiffres montrent qu?il y a un détenu en plus. Soit il s?agit d?une personne qui n?était pas supposée être incarcérée, soit c?est une personne détenue en règle, mais sans que l?administration ne soit au courant de sa présence et donc n?ait aucune information la concernant.

?Peut-être qu?un détenu a déchiré sa carte?, spéculait un officier. Dans ce cas, n?aurait-on pas dû le savoir le jour même? La ?carte? en question est un morceau de papier où sont inscrites toutes les informations relatives à un détenu: son nom, le délit pour lequel il a été condamné ou pour lequel il est suspecté, ses antécédents, sa date de condamnation et sa date de décharge. Cette carte est normalement placée sur la porte de la cellule. Par exemple, s?il y a trois détenus dans une cellule, trois cartes sont affichées sur la porte. Les gardiens vérifient normalement les cartes après le lock-up. A la fin de l?exercice, le nombre de cartes devrait correspondre au chiffre officiel et à celui du counting.

Laxisme effroyable

Il semble que cette mesure n?est plus appliquée. Ce qui expliquerait que les gardiens n?aient pas constaté la disparition du détenu Jean-Pierre Ismaël pendant six jours et que des détenus à l?intérieur des prisons n?ont pas de cartes officielles. Dans ce cas, dorment-ils là où ils veulent ? Si à chaque détenu est attribuée une cellule dès son arrivée à la prison, comment y a-t-il pu avoir erreur ? Autant de questions auxquelles il n?y a pas d?autres réponses qu?un laxisme effroyable.

Finalement, mercredi vers minuit, de guerre lasse, les gardes-chiourme ont baissé les bras et ont procédé au verrouillage de tous les détenus dans les cellules. ?C?est une possible erreur de paperasse administrative et nous comptons sur la coopération des détenus?, affirmait un haut gradé de la prison. ?Il vaut mieux avoir un de plus qu?un en moins!? s?exclame un garde-chiourme.

Perplexe, l?administration pénitentiaire a passé la journée d?hier le nez fourré dans les dossiers pour essayer de comprendre d?où vient le mystérieux détenu. En même temps, les gardiens ont eu la rude tâche de recommencer le recensement des prisonniers à partir de 13 heures. La coopération des détenus a été obtenue. On leur a ainsi demandé de rentrer dans leurs cellules et de ressortir un par un pour que les officiers puissent compter. A 17 heures, hier, ils recommençaient à compter, avant le lock-up, qui s?est fait à 20 heures.

Entre-temps, les autorités ont trouvé une explication plausible au mystère. Elles pensent qu?il s?agit d?un détenu en détention préventive qui a été condamné mais qui a été enregistré comme nouveau prisonnier quand il est revenu en prison purger sa peine. Cela n?explique toutefois pas comment, pendant tout ce temps, le compte n?était pas bon.

Par ailleurs, à la suite du jugement rendu dans l?affaire Jeetun où la Cour suprême a estimé qu?une condamnation à vie voulait dire 20 ans, un autre détenu, Ramdin, condamné dans des circonstances similaires, a été relâché dans la soirée d?hier.

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